L’endettement québécois augmente, mais demeure sous la moyenne

Le niveau d’endettement des ménages préoccupe de plus en plus les autorités monétaires, la Banque du Canada craignant que les faibles taux d’intérêt aient placé du monde en position vulnérable.
Photo: Joshua Lott / Getty Images / Agence France-Presse Le niveau d’endettement des ménages préoccupe de plus en plus les autorités monétaires, la Banque du Canada craignant que les faibles taux d’intérêt aient placé du monde en position vulnérable.

L’endettement des consommateurs québécois s’élevait à environ 17 800 $ par personne au cours du deuxième trimestre, un niveau dont l’augmentation annuelle de 3,8 % dépasse cependant l’évolution de la moyenne canadienne, selon l’agence de vérification de crédit TransUnion.

Dans une série de données dévoilées mercredi, l’agence précise que cet endettement, qui exclut les emprunts hypothécaires, se situe toujours sous la moyenne canadienne de 21 580 $, laquelle est en hausse de 2,89 % par rapport à la même période de 2015.

« La progression de l’endettement des consommateurs québécois a été plus rapide que la moyenne canadienne, mais à Montréal, la hausse est en ligne avec ce qui se passe à l’échelle nationale », a nuancé le directeur de la recherche et de l’analyse de TransUnion, Jason Wang.

« Je ne dirais pas que c’est une préoccupation, mais il faudra continuer de surveiller la situation », a dit M. Wang lors d’un entretien.

TransUnion a fait remarquer que l’Ontario et la Colombie-Britannique, qui représentent environ la moitié de la population canadienne de quelque 35 millions, ont vu leurs soldes prendre de l’altitude, mais que les taux de défaillance sont stables. « Leur performance est un facteur positif pour l’économie dans son ensemble », a dit M. Wang.

Dans ces deux provinces marquées par ce que plusieurs appellent carrément une bulle immobilière, le crédit non hypothécaire a effectivement continué d’augmenter de 2 % en Colombie-Britannique (23 419 $) et de 3,1 % en Ontario (21 520 $).

La province présentant le niveau d’endettement le plus élevé est l’Alberta, à 27 583 $. « L’Alberta et la Saskatchewan ont connu chaque année une augmentation à deux chiffres de leur taux de défaut de paiement, ce qui ne nous a pas surpris puisque nous avions déjà prévu que cela se produirait l’été dernier », a écrit l’agence, qui fait un lien avec la chute des cours du pétrole et son impact sur la santé économique des travailleurs de ces régions.

Les données de TransUnion montrent toutefois que le taux de défaillance supérieur à 90 jours des Québécois est de 2,1 %, bien en deçà de la moyenne canadienne de 2,7 %.

Endettement total

Le rapport de l’agence survient deux mois et demi après des informations d’un concurrent, Equifax Canada, selon lequel les gens, toutes régions confondues, ont conscience du risque associé à l’endettement, mais que le solde total augmente quand même.

Au cours des trois premiers mois de 2016, selon Equifax, les ménages canadiens traînaient une dette totale (hors hypothèque) de 1618 milliards, en très légère baisse par rapport à la fin de 2015, mais en hausse de 4,8 % par rapport au premier trimestre de 2015. Les principaux vecteurs de cette hausse étaient liés aux prêts à tempérament et aux prêts automobiles.

Cependant, Equifax a fait remarquer que, dans le créneau des cartes de crédit, 57 % des gens avaient réduit leur dette alors que 37 % l’avaient augmentée.

Le niveau d’endettement des ménages préoccupe de plus en plus les autorités monétaires depuis quelques années, la Banque du Canada craignant que les faibles taux d’intérêt aient placé du monde en position vulnérable.

Le Mouvement Desjardins a récemment fait une simulation pour calculer le risque d’un choc. Si le pourcentage des ménages ayant de la difficulté à s’acquitter de leurs dettes passait de 5 % à 5,5 %, le nombre de ménages dits vulnérables grimperait de 25 000 à 125 000 en cinq ans.

1 commentaire
  • Sylvie Lapointe - Abonnée 11 août 2016 23 h 30

    Pas rassurant

    " Si le pourcentage des ménages ayant de la difficulté à s’acquitter de leurs dettes passait de 5 % à 5,5 %, le nombre de ménages dits vulnérables grimperait de 25 000 à 125 000 en cinq ans."

    - Ça regarde mal....