Air Canada a connu une extension intense

Un avion du transporteur au rabais Air Canada rouge
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Un avion du transporteur au rabais Air Canada rouge

La vague d’attentats terroristes en Europe n’a pas freiné les ambitions de croissance d’Air Canada, qui vient de compléter la période d’expansion la plus intensive de son histoire.

Au cours du deuxième trimestre, l’entreprise et son transporteur à rabais Air Canada rouge ont lancé 10 nouvelles lignes internationales et 11 autres transfrontalières en plus d’accroître la capacité de leur réseau de 11 %. « Comme nous l’avons déjà dit, 90 % de notre croissance se fera sur le marché international », a souligné le président et chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, vendredi, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes visant à discuter de la performance trimestrielle de la société, qui a affiché une baisse marquée de son bénéfice net.

En plus d’accroître sa capacité sur plusieurs marchés, le plus grand transporteur aérien au pays a ajouté à son offre les destinations de Glasgow, Lyon, Budapest, Prague et Brisbane, entre autres.

À destination de l’Europe et du Moyen-Orient, Air Canada a affiché une croissance de 10,9 %, un résultat qui a toutefois été freiné par la crainte des voyageurs dans la foulée des attentats survenus en France, en Belgique et en Turquie — qui vient également d’être le théâtre d’un coup d’État raté. « L’incertitude entourant le vote référendaire du Brexit a également resserré le trafic en provenance du Royaume-Uni », a noté le président responsable des activités de transport de passagers, Ben Smith.

« La croissance du trafic sur nos 5 marchés géographiques a dépassé celle de l’exercice précédent, qui était pourtant solide », a pour sa part ajouté M. Rovinescu.

Par ailleurs, lorsque questionné par un analyste, M. Rovinescu n’a pas complètement exclu la possibilité que la flotte d’Air Canada rouge soit supérieure à 50 appareils après 2017. Le transporteur à rabais exploite actuellement 44 appareils — 19 Boeing 767, 5 Airbus A321 et 20 Airbus A319 — et 5 autres avions — des Boeing 767 — viendront s’ajouter l’an prochain. « Je ne veux pas spéculer, mais je crois que ça serait certainement une décision d’affaires qui tient la route, a dit M. Rovinescu. Nous aurons des discussions avec nos pilotes une fois que nous serons près du seuil des 50 avions. »

Quant à sa performance au deuxième trimestre, Air Canada a en partie répondu aux attentes des analystes malgré un recul de 37 % de son bénéfice net. Le transporteur a ainsi engrangé des profits de 186 millions, ou 66 ¢ par action, par rapport à 296 millions, ou 1 $ par action, lors de la période correspondante de 2015. Abstraction faite des éléments non récurrents, son profit ajusté a été de 203 millions, ou 72 ¢ par action, alors qu’il avait été de 250 millions, ou 85 ¢ par action, il y a un an. Ce résultat a surpassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 57 ¢.

De leur côté, les revenus ont affiché une progression de 1,3 %, à 3,46 milliards, ce qui s’est avéré sous la prévision moyenne de 3,52 milliards des analystes financiers.

M. Rovinescu s’est surtout félicité du bénéfice d’exploitation ajusté record de 605 millions au deuxième trimestre, en progression de 2,4 % par rapport à la même période en 2015. En partie en raison de la faiblesse du dollar canadien par rapport au billet vert, les charges d’exploitation d’Air Canada se sont établies à 3,18 milliards, en hausse de 3 %.

M. Rovinescu a été avare de commentaires concernant la commande ferme de 45 appareils CSeries de Bombardier confirmée le mois dernier, réitérant que les premières livraisons étaient toujours prévues à la fin de 2019 et que l’avion aiderait Air Canada à miser sur l’une des flottes les plus jeunes et productives.