Un nouveau joueur «à bas prix» prend son envol au Canada

Jim Young, le président-directeur général du transporteur aérien NewLeaf
Photo: John Woods La Presse canadienne Jim Young, le président-directeur général du transporteur aérien NewLeaf

Les premiers vols signés NewLeaf se sont envolés lundi dans le ciel canadien. Après plusieurs mois de retard, l’entreprise qui promet des vols « à très bas prix » (« ultra-low-cost ») relie maintenant de petits aéroports du pays, surtout dans les provinces de l’Ouest, mais aussi à Hamilton, Moncton et Halifax. Inspirée par le succès du modèle d’affaires des transporteurs à bas prix européens, l’entreprise de Winnipeg ne prévoit toutefois aucun atterrissage au Québec pour le moment.

« Le Québec est un marché où les coûts d’exploitation sont très élevés », justifie le directeur commercial de NewLeaf, Dean Dacko, joint par le Devoir peu après le vol inaugural. Il ajoute que la compagnie pourrait s’étendre aux villes de taille moyenne, comme Trois-Rivières. « On s’attend à connaître une expansion rapide dans les 6 à 10 prochains mois. »

Les prétentions de l’entreprise, qui se targue d’être « à très bas prix », sont toutefois à nuancer : le trajet Hamilton-Winnipeg est affiché à 317 $, contre environ 405 $ pour le vol Toronto-Winnipeg chez Air Canada. « Nous visons des prix entre 25 % et 40 % moins chers que ce qu’on trouve ailleurs », explique Dean Dacko. L’économie, explique-t-on sur le site Web de l’entreprise, est basée sur la proposition de ne payer aucun extra : collations, repas et bagages ne sont pas inclus dans le prix du billet. L’entreprise n’accepte gratuitement qu’un seul bagage « personnel » de petite taille et imposera des frais pour les bagages de cabine (entre 31 et 92 $, selon les circonstances) et aux bagages de soute (entre 26 et 143 $).

Revendeur plutôt que transporteur

NewLeaf, qui utilise les appareils de la britanno-colombienne Flair Aviation, avait prévu se lancer en affaires dès janvier, mais un problème de permis auprès de l’Office des transports du Canada (OTC) a retardé les premiers vols. L’Office a mené des consultations pour savoir si une compagnie qui n’opère pas d’aéronefs, comme NewLeaf, a besoin d’une licence pour offrir des services aériens. Dans son mémoire déposé lors des consultations, NewLeaf ne se qualifie pas de transporteur, mais plutôt de « vendeur de siège d’avions de ligne entretenant une relation contractuelle avec un transporteur licencié ».

Le 29 mars, l’OTC a déterminé que NewLeaf est un « revendeur », une nouvelle classification qui lui retire le fardeau de détenir une licence de transport aérien, « à condition qu’elle ne se présente pas au public en tant que transporteur aérien qui exploite un service aérien ».

Cette exemption est toutefois contestée devant la Cour d’appel fédérale. À l’origine de la contestation, Gabor Lukacs, militant défenseur des droits des passagers, a indiqué au Devoir qu’à son avis la loi canadienne force ce genre de compagnie à détenir une licence de transporteur aérien.

En temps normal, les compagnies aériennes doivent fournir un important engagement financier au moment de demander une licence. Sur cette base, Lukacs a réussi à obtenir une injonction forçant NewLeaf à fournir un dépôt de sécurité de 3,7 millions de dollars, en attendant que la cause soit entendue sur le fond. « Notre modèle d’affaires est solide, éprouvé depuis près de 25 ans au pays [par de plus petits joueurs de l’industrie], et a eu le feu vert de Transports Canada et de l’Office des transports du Canada », répond Dean Dacko.

WestJet, l’un des compétiteurs du nouveau venu dans l’industrie, a justement annoncé lundi l’ajout de dizaines de nouveaux vols nationaux et internationaux pour l’hiver. L’écrasante majorité des nouvelles correspondances sont au départ de Toronto, Vancouver ou Calgary. Montréal verra seulement de nouveaux départs pour Saint-Martin et Vancouver.

À voir en vidéo