2015, «annus horribilis» pour les minières

Le cabinet PwC a dressé un bilan de 2015 plutôt sombre.
Photo: Ho La Presse canadienne Le cabinet PwC a dressé un bilan de 2015 plutôt sombre.

L’année 2015 s’est caractérisée par une dégringolade générale dans le secteur minier. Les 40 plus grandes sociétés minières du monde ont battu de nouveaux records de pertes et de capitalisation.

Le cabinet PwC a dressé un bilan 2015 plutôt sombre dans son rapport annuel mondial, Mine. Les 40 plus grandes minières ont enregistré collectivement une perte nette (de 27 milliards $US) pour la première fois. Leur capitalisation boursière a chuté de 37 %, effaçant tous les gains réalisés durant le supercycle des matières premières, note le cabinet.

Ajoutant à la noirceur du bilan, la dépréciation d’actifs a atteint 53 milliards en 2015. « Les sociétés minières ont maintenant anéanti collectivement l’équivalent de 32 % de leurs dépenses d’investissement réelles effectuées depuis 2010, un rappel cinglant de la valeur qui a déjà été perdue. Cela représente également une proportion énorme de 77 % des dépenses d’investissement de cette année. »

Autre signe de déprime, « si les 40 plus grandes sociétés minières ont légèrement réduit leur dette totale en 2015, les indicateurs de liquidité commencent à alarmer. L’effet de levier a atteint des proportions historiques, tandis que la trésorerie servant à rembourser la dette a été généralement égale à la trésorerie tirée de l’emprunt. Il n’est donc pas surprenant, dans un tel contexte, que les agences de notation aient abaissé massivement les notes de crédit dans le secteur », ajoute PwC.

Coûts réduits

Mais tout n’est pas que morosité. À l’échelle mondiale, « de réels efforts de réduction des coûts ont permis une diminution de 17 % des coûts d’exploitation, par rapport à l’augmentation des volumes de production et de la baisse du coût des intrants ». Au Canada, « des signes de reprise ont été observés au cours des premiers mois de 2016 », a déclaré Nochane Rousseau, associé, leader du secteur minier pour le Québec chez PwC Canada. « Une meilleure stabilité sur le marché des métaux de base ainsi que la rationalisation des coûts d’exploitation permettent désormais de tempérer quelque peu la volatilité sur le marché mondial, de façon à créer un contexte plus favorable pour la croissance au Canada. »

Son collègue Liam Fitzgerald a ajouté que « les marchés des capitaux semblent se stabiliser — l’or et le lithium sont parmi les secteurs qui démontrent une certaine stabilité et affichent une croissance modeste au Canada. On constate également un recalibrage dans le marché canadien, attribuable à la réduction des coûts et au fait qu’on compte moins sur la demande chinoise comme moteur de la relance. »

Plan Nord

C’est dans ce contexte que la Société du Plan Nord a déposé son bilan de l’an 1 et son plan stratégique 2016-2020. Le p.-d.g., Robert Sauvé, a indiqué que « l’an 1 a permis de concrétiser plusieurs projets, mais surtout de mettre en place les conditions essentielles pour profiter de la remontée prochaine du secteur minier ». Les mesures prises comprennent la mise en place de quatre bureaux régionaux et la composition d’une équipe d’agents.

Plus concrètement, l’une des grandes réalisations a été l’acquisition des installations ferroviaires et portuaires de Pointe-Noire. « Cette transaction permettra d’ouvrir l’accès au port de Sept-Îles et aux infrastructures de Pointe-Noire aux compagnies minières et aux autres usagers », a précisé Robert Sauvé. Une douzaine d’ententes ont également été signées, prévoyant « la réalisation d’ici 2020 de projets en lien avec 34 des 90 priorités d’action du Plan d’action du Plan Nord, ce qui représente des investissements publics de 214 millions sur cinq ans », a-t-il ajouté.