Les forestières craignent un autre conflit avec les États-Unis

Chrystia Freeland
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Chrystia Freeland

La ministre fédérale du commerce international, Chrystia Freeland, était à Montréal lundi. Compagnies forestières et personnes opposées au Partenariat Transpacifique se proposaient de lui manifester leurs inquiétudes.

Dans un reportage d’Ici Radio-Canada, le chargé de cours à l'Université Laval, Carl Grenier, soutient que « les États-Unis ont été inflexibles ». Au cours des rencontres des dernières semaines entre Ottawa et Washington, « les Américains n’ont présenté que la position de leur industrie et ça ne changera pas ».

Chez les Forestières québécoises, « il y a un sentiment d’urgence », résume le p.-d.g. de Tembec, James Lopez. Toujours selon les propos recueillis par Radio-Canada, « l’élection présidentielle américaine pourrait mettre un frein aux négociations pendant encore six mois, le temps d’assermenter le nouveau président et de nommer le nouveau secrétaire au Commerce ».

Il est rappelé que la dernière dispute commerciale sur le bois d’oeuvre, de 2002 à 2006, avait entraîné des milliers de licenciements et des fermetures de dizaines d’usines. L’accord de 2006 entre le Canada et les États-Unis sur le bois d’oeuvre s’était conclu après cinq ans de batailles devant les tribunaux. En dépit de son échéance, les autorités américaines ne peuvent imposer de tarifs douaniers sur les produits canadiens du bois jusqu’en octobre prochain. À l’approche du scrutin présidentiel aux États-Unis, certains analystes du secteur estiment qu’il pourrait être difficile d’en arriver à une nouvelle entente avant la fin de cette période de grâce.

À l’instar de l’industrie forestière, le gouvernement Couillard refuse qu’un nouvel accord sur le bois d’oeuvre avec les États-Unis comporte des quotas visant à encadrer les exportations canadiennes. Le gouvernement ontarien a appuyé cette position. « Il faut mettre fin aux quotas et aux droits d’exportation, a dénoncé le ministre des Richesses naturelles de l’Ontario, Bill Mauro. Nous croyons que le libre-échange devrait s’appliquer au bois d’oeuvre. »

Chrystia Freeland était d’ailleurs à Montréal lundi pour rencontrer les représentants de l’industrie forestière québécoise et pour poursuivre, en soirée, ses discussions informelles autour du Partenariat transpacifique, le PTP étant présentement engagé dans un processus de consultations publiques.

Sur ce dernier point, les membres du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), qui abrite des personnes et organisations opposées au PTP, se sont donné rendez-vous lundi devant le Centre de commerce mondial au square Victoria. Ils se proposaient également de déplacer leur « mobilisation citoyenne » vers l’Université Concordia en début de soirée, là où la ministre Freeland doit poursuivre sa consultation. Leur message : « Stop PTP, pour en finir avec le pouvoir des transnationales sur nos vies ! »

« Le PTP est un mauvais accord sur le plan économique et politique, au niveau social, agricole, culturel et environnemental. Il est grand temps de se sortir du modèle économique du libre-échange, qui a brisé ses promesses au cours des trente dernières années, et de bâtir un nouveau paradigme qui remette l’économie au service de l’intérêt public et permette de relever le défi du changement climatique », a résumé Pierre-Yves Serinet, coordonnateur du RQIC, dans un communiqué.

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