La famille avant la patrie et la compagnie

Pierre Karl Péladeau, a annoncé son retrait de la vie politique «pour le bien de ses enfants» au début du mois de mai.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Pierre Karl Péladeau, a annoncé son retrait de la vie politique «pour le bien de ses enfants» au début du mois de mai.

Pierre Karl Péladeau n’était pas à l’assemblée des actionnaires, jeudi matin, au siège social de Québecor, mais certains diront que l’actionnaire de contrôle était l’éléphant dans la pièce. Invité à dire si l’ex-chef du Parti québécois allait revenir dans le processus décisionnel de l’entreprise, le président du conseil, Brian Mulroney, a été clair : pas pour l’instant.

Réunis au 19e étage dans une grande salle de conférence, les actionnaires avaient toutes les raisons de se réjouir. Le premier trimestre a généré une hausse des revenus et du bénéfice, le dividende a été majoré et le cours de l’action est en hausse de près de 30 % depuis septembre 2015.

Dès le début de la période de questions, toutefois, ce sont le débat sur les actions à droits de vote multiples et M. Péladeau qui ont servi de sources d’interrogation. Le conseil a-t-il l’intention de ramener M. Péladeau dans la direction ? a demandé le représentant du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires, Willie Gagnon.

« En ce qui concerne le retour de M. Péladeau, il s’occupe justement d’un problème personnel, comme tout le monde le sait, et c’est sa priorité totale, a dit M. Mulroney. Je l’ai rencontré et il ne m’a pas parlé du tout d’autre chose que ça. On verra en temps opportun. Il est tout de même l’actionnaire de contrôle. Il n’a exprimé aucun intérêt à retourner dans la société, dans un avenir prévisible, dans une position de décideur. »

M. Mulroney a tenu à informer les actionnaires que M. Péladeau offre toute sa confiance au président, Pierre Dion, et à l’équipe de direction de Québecor.

Grâce à l’effet multiplicateur des actions à droits de vote multiples, M. Péladeau détient 74,01 % des droits de vote de toutes les actions en circulation. Celles à droits de vote multiples sont de catégorie A, alors que celles détenues dans le grand public sont de catégorie B. Il a quitté la présidence de Québecor en 2013, mais il a gardé certaines fonctions, notamment au conseil, jusqu’à son retrait complet, lors de son passage en politique en mars 2014.

En conférence de presse tenue après l’assemblée, l’ex-premier ministre a convenu que, une fois que M. Péladeau aura régularisé sa situation personnelle, « j’ai l’impression qu’on va s’asseoir et qu’on trouvera bien quelque chose d’intéressant ». Bref, un éventuel retour n’est pas exclu, mais il n’y a pas d’échéancier.

M. Péladeau, qui a surpris le monde politique il y a deux semaines en annonçant sa démission à titre de chef du Parti québécois, souhaite consacrer du temps à ses enfants. L’homme d’affaires est en processus de médiation avec son ex-conjointe, Julie Snyder.

Résultats

Québecor a dévoilé jeudi matin les résultats de son premier trimestre. L’entreprise a enregistré un bénéfice de 69,9 millions, comparativement à 29,4 millions l’an dernier. Les revenus de l’entreprise ont grimpé de 5 %, à 975,4 millions.

Le sans-fil figure au coeur de la croissance future de l’entreprise, a répété son président, Pierre Dion. Le premier trimestre a aussi bénéficié des revenus d’accès Internet et du service affaires. « Notre stratégie de croissance dans le secteur des médias passe aussi par la diversification de nos revenus, a-t-il dit. Nous sommes extrêmement contents de l’acquisition des studios Mel’s, qui travaillent avec les plus grands studios du monde et participent à de nombreuses productions québécoises. »

Par ailleurs, le dividende est passé de 3,5 cents à 4,5 cents par action. À la Bourse de Toronto, le titre de l’entreprise a progressé de 6 %, à 36,11 $.

4 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 12 mai 2016 11 h 12

    Non,

    à moins que

  • Patrick Daganaud - Abonné 13 mai 2016 01 h 22

    La famille avant la patrie et la compagnie...quand tu roules sur l'or

    PKP va vivre d'amour, d'eau fraîche et de dividendes.

    Un peu de décence et d'humilté dans la nouvelle : il y a du monde, beaucoup de monde, qui souffre et qui travaille quand même!

    Alors Saint-Martyr PKP devra repasser!

    C'est comme la très pauvre Julie qui ne peut plus vivre de nos subventions...

    • Gilles Théberge - Abonné 13 mai 2016 13 h 31

      C'est méchant...

      Inutilement...!

  • Michel Lebel - Abonné 13 mai 2016 09 h 30

    Pas bien sérieux!

    Qu'est-ce que Brian Mulroney fait dans cette galère? Vraiment, le petit gars de Baie-Comeau aime toujours la parade et les dividendes qui vont avec! Comme ancien premier ministre canadien, ça ne fait pas bien sérieux! Comme ses anciennes fréquentations avec un trouble financier autrichien, du nom de Schreiber, je crois.

    M.L.