Recul annoncé des investissements en Alberta

Le gouvernement albertain devra conjuguer avec une chute des investissements pétroliers et gaziers pressentie pour être dramatique en 2016. Les producteurs déplorent de devoir subir le double effet du recul des cours et de l’absence de débouchés.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) a publié ses projections jeudi, à une semaine du dépôt d’un budget albertain devant faire ressortir un déficit attendu à plus de 10 milliards. Les dépenses en capital de l’industrie du pétrole et du gaz atteindraient 31 milliards cette année. Cette cible s’inscrit en recul de 50 milliards, ou de 62 %, par rapport au record de 81 milliards comptabilisé en 2014, soit avant le plongeon des cours pétroliers. Il s’agit de la plus importante contraction des investissements sur deux ans depuis que l’Association a commencé à colliger ces données, en 1947, une année de découverte pétrolière d’envergure en Alberta, précise-t-elle. Par rapport à 2015, le repli serait de l’ordre de 20 %.

Le nombre de puits forés devrait atteindre les 3500 cette année, contre 10 400 en 2014, un repli de 66 %.

Le prix de référence est passé de plus de 100 $US le baril au milieu de 2014 pour tomber momentanément sous les 30 $US et se maintenir depuis sous les 40 $US. Et l’ACPP rappelle que le pétrole albertain se négocie au rabais sur le marché. Et l’écart avec le West Texas Intermediate s’est creusé sur un an. Dans l’intervalle, les emplois directs et indirects perdus dans l’industrie se chiffrent à 110 000. Il en coûte entre 60 et 65 $US pour produire un baril de pétrole dans les sables bitumineux.

Du simple au double

Pour le gouvernement albertain, qui doit déposer son budget le 14 avril, le déficit attendu de 5,4 milliards pour l’exercice 2016-2017, basé sur un prix moyen de 61 $US, devrait doubler, retiennent les observateurs.

Le président de l’Association, Tim McMillan, a ajouté que la production canadienne continuait d’augmenter au rythme des projets de sables bitumineux préalablement autorisés entrant en phase de commercialisation. Il est revenu sur le caractère stratégique et critique « de relier nos ressources, par tous les moyens et dans toutes les directions, à plus d’un marché ». Il a rappelé que les États-Unis étaient à la fois le seul client extérieur et le principal concurrent du pétrole albertain. Il a ajouté que l’expansion du réseau canadien de pipelines afin de desservir davantage de marchés au Canada et à l’extérieur, combinée au développement de capacités d’exportation de gaz naturel liquéfié, devrait être une priorité nationale.

Ce qui a fait dire à un porte-parole de Greenpeace que le Canada doit plutôt orienter son action afin de gagner dans un monde d’énergies renouvelables, à faible intensité de carbone, et non stimuler le développement d’énergies fossiles. « Les producteurs pétroliers ont le choix : se transformer en producteurs d’énergie propre ou prendre le chemin qu’ont emprunté les dinosaures », selon les propos recueillis par La Presse canadienne.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 8 avril 2016 10 h 17

    Bonne nouvelle, alors

    Si l'Alberta fait moins d'argent, cela diminuera aussi ses paiements de péréquation vers ces éternels chiâleurs de provinces de l'est, de Gatineau à Halifax en passant par Montréal et Moncton.