Exporter plus pour enrichir le Québec

Éric Martel a rappelé que les hivers exceptionnellement froids des deux dernières années sont intimement liés aux résultats records enregistrés par Hydro-Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Éric Martel a rappelé que les hivers exceptionnellement froids des deux dernières années sont intimement liés aux résultats records enregistrés par Hydro-Québec.

Les profits d’Hydro-Québec ont une fois de plus franchi la barre des 3 milliards de dollars en 2015, en dépit d’une baisse de 178 millions par rapport aux résultats records de 2014. La société d’État doit notamment cette bonne performance à l’augmentation des revenus provenant des exportations, une avenue qu’elle priorise pour les années à venir.

La société d’État a enregistré un bénéfice net de 3,15 milliards en 2015, comparativement à 3,33 milliards en 2014. Elle a ainsi dépassé les 3 milliards de profits pour la deuxième fois de son histoire.

Les résultats financiers de 2015 permettront à Hydro-Québec de verser 2,36 milliards en dividende au gouvernement du Québec, comparativement à 2,54 milliards en 2014. « Notre objectif cette année était de faire 2,7 milliards [de bénéfice net], alors on a battu nos prévisions, a déclaré jeudi le président-directeur général, Éric Martel, au moment de dévoiler le rapport annuel de la société d’État. Nous sommes très, très contents de ces résultats. »

Hydro-Québec attribue notamment cette bonne performance à l’augmentation des exportations nettes d’électricité, qui sont passées de 25,4 TWh en 2014 à 29,3 TWh en 2015. Cette hausse s’est traduite par des revenus supplémentaires de 118 millions. Les exportations ont représenté 15 % du volume des ventes, mais 29 % du bénéfice net, notamment en raison de la faiblesse du dollar canadien.

En contrepartie, le bénéfice net a reculé en raison de la diminution des approvisionnements pour le marché du Québec et de la mise en service d’immobilisations, comme la centrale de la Romaine-2.

Alliance avec la Caisse?

La bonne tenue des exportations d’électricité renforce l’un des piliers de la croissance future d’Hydro-Québec, déterminés par M. Martel depuis son entrée en fonction en juillet dernier. « Si on veut enrichir le Québec davantage, on va devoir faire plus d’exportations, on va devoir […] être propriétaires d’actifs à l’extérieur du Québec qu’on va opérer, avec lesquels on va faire de l’argent, et on va aussi commercialiser des idées d’innovations qu’on a ici au Québec », a-t-il souligné.

En se tournant ainsi vers l’international, la société d’État rejoint les objectifs du président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, qui disait mercredi vouloir « saisir les occasions » en Australie, en Chine, en Inde ou aux États-Unis.

« Nos équipes sont en train de regarder s’il y a des projets qu’on pourrait travailler d’un commun accord, ensemble, mais évidemment, on ne s’est pas limité à la Caisse », a affirmé M. Martel.

Selon l’analyste du secteur de l’énergie Jean-François Blain, il n’est pas étonnant qu’Hydro-Québec mise sur l’international. « Le potentiel de croissance en termes de revenus et de bénéfices dans les marchés du Nord-Est américain est contrarié par la conjoncture actuelle », explique-t-il en référence à la variation des prix sur les marchés de l’énergie. Il est donc logique que la société d’État cherche à exploiter de nouveaux marchés.

Selon Éric Martel, les hivers exceptionnellement froids des deux dernières années sont intimement liés aux résultats records enregistrés par Hydro-Québec. « Faire trois milliards de bénéfice net, ce n’est pas quelque chose qu’on peut répéter année après année. On va revenir probablement dans des eaux plus normales cette année », a-t-il souligné.

M. Blain croit au contraire qu’Hydro-Québec a tous les outils en main pour continuer à dégager des bénéfices nets supérieurs à 3 milliards au cours des prochaines années.

2 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 26 février 2016 10 h 30

    Il serait très bien d'exporter nos immenses expertises partout dans le monde

    Il serait primordial de remettre Hydro-Québec International en opération
    pour contribuer à produire , transporter et distribuer efficacement l'électricité propre
    partout surtout sur le continent Africain ...
    le projet INGA ( 39,000 MW ) sur le fleuve Congo en est un exemple

  • Jean-Yves Arès - Abonné 26 février 2016 12 h 13

    Y a t'il un comptable dans la salle?

    C'est que les chiffres présentés ici amènent à se poser des questions sur l'éthique de la présentation qui attribue aux ventes à l'exportation 29% des profits nettes.

    Voyons:

    - «La société d’État a enregistré un bénéfice net de 3,15 milliards en 2015»

    - «l’augmentation des exportations nettes d’électricité, qui sont passées de 25,4 TWh en 2014 à 29,3 TWh en 2015.»

    Donc 3.9 TWh de plus (TWh = milliards de kilowatt-heure).

    - «Cette hausse s’est traduite par des revenus supplémentaires de 118 millions»

    Si 118 millions$ est le revenu supplémentaire de ces 3.9 TWh exporté, le revenu des exportations valent donc au totale 886 millions$. (dans son rapport Hydro attribue un revenu de 902 millions$ pour les exportations)

    - «Les exportations ont représenté 15 % du volume des ventes, mais 29 % du bénéfice nete»

    C'est donc dire que le produit de la vente d'électricté a l'exportation, (902 millions$), est ajouté en totalité directement dans la colonne des profits,( 3.15 milliards), sans y soustraire aucun coûts de production...

    Pour qu'il y ai zéro coût de production compatabilisé à cette électricité vendue à l'exportation c'est qu'il faut que ces coûts de production soient refilés à quelqu'un d'autre...

    À qui donc on a bien pu faire supporter ces coûts invisibles de la production vendu à l'exportation ?

    Je me trompe, ou il y a gros os dans le fromage que monsieur Martel nous sert ?