Dure journée pour l’emploi

Dure journée pour l’emploi. Fermeture, réorganisation et rationalisation ont entraîné l’annonce, mardi, de quelque 400 licenciements au Québec ou à sa frontière.

Les compressions les plus importantes ont été annoncées par l’imprimeur et éditeur Transcontinental. L’entreprise ferme ses activités d’impression de produits marketing Transcontinental Québec à Québec pour les transférer vers d’autres usines de son réseau « principalement vers ses installations de Transcontinental Interglobe en Beauce ». Il en résulte une perte de quelque 140 emplois.

« Les conditions du marché de l’impression changent et nous devons sans cesse nous adapter », a soutenu Jacques Grégoire, président de TC Imprimeries Transcontinental, dans un communiqué. « Dans ce contexte, nous devons revoir l’utilisation de nos équipements pour mieux optimiser notre plateforme. » Les employés touchés seront « accompagnés dans leur transition de carrière », a ajouté l’imprimeur.

Autre ponction importante dans les effectifs, la construction du nouveau siège social et des installations d’entreposage du Groupe Jean Coutu, à Varennes, entraînera la perte de 127 des 137 emplois syndiqués à son entrepôt ontarien de Hawkesbury, à la frontière québécoise.

Bien que l’entreprise ait construit l’entrepôt de Hawkesbury il y a à peine dix ans, celui-ci ne peut répondre aux besoins du Groupe Jean Coutu en matière de distribution de cosmétiques. « Quand l’entrepôt de Hawkesbury a été bâti, il était conçu pour remplir des commandes à la caisse. Une caisse de shampoing, une caisse de bouteilles de Tylenol, etc., donc, conçu pour prendre des boîtes et les mettre sur des palettes », a expliqué le représentant du Syndicat des Métallos, Richard Leblanc, en entrevue avec La Presse canadienne. Or, les pharmacies préfèrent maintenir des inventaires réduits de produits cosmétiques et privilégient des commandes plus fréquentes de produits à la pièce plutôt qu’à la caisse.

Les nouvelles installations de Varennes, dont une importante portion est automatisée, sont en mesure de remplir ces commandes mécaniquement, alors qu’elles devaient être faites à la main à Hawkesbury. « Pour répondre à la demande de cette manière, il faut transformer l’entrepôt. De la robotique de cette envergure, ça demande beaucoup d’espace — les entrepôts d’aujourd’hui sont beaucoup plus gros pour cette raison — et Hawkesbury n’était pas capable d’accommoder ça », a précisé M. Leblanc.

L’entrepôt de Hawkesbury doit se spécialiser dans les produits saisonniers et les produits d’importation, nécessitant le maintien d’une dizaine d’employés.

Groupe Colabor

Groupe Colabor est venu compléter cette ronde de compressions mardi avec l’annonce d’un plan de rationalisation devant se traduire par l’abolition de 120 postes, soit 8 % de ses effectifs totaux. Certains postes vacants seront aussi abolis.

L’entreprise de Boucherville a indiqué que ce plan « vise à permettre à Colabor d’améliorer son efficacité opérationnelle et sa rentabilité dans un contexte d’affaires qui demeure difficile pour l’industrie de la distribution des services alimentaires ». Cette rationalisation s’insère dans un processus d’intégration des acquisitions réalisées au cours des dernières années, a ajouté le distributeur et grossiste de produits alimentaires auprès des cafétérias, restaurants, hôtels et chaînes de restauration dans l’est du Canada.

Le plan « s’inscrit dans le cadre de l’analyse de notre rentabilité et de notre endettement », poursuit l’entreprise. Les compressions devraient entraîner une charge non récurrente de 3 millions avant impôts venant plomber les résultats du premier trimestre. Colabor prévoit des gains annuels récurrents de plus de 6 millions avant impôts devant se matérialiser progressivement au cours de 2016, pour avoir plein effet au cours de l’exercice suivant.

Colabor prévoit de terminer l’exercice 2015 avec un bénéfice d’exploitation ajusté d’un peu plus de 26 millions.