La débâcle boursière se poursuit à travers le monde

Paris — Les places boursières de la planète ont lourdement chuté mercredi, prises dans la spirale baissière des cours du pétrole et toujours inquiètes de la santé de l’économie mondiale.

Paris clôturait sur une baisse de 3,5 %, Francfort de 2,8 % et Londres de 3,6 %, après avoir décroché dès l’ouverture de la séance, dans le sillage des marchés asiatiques. Milan dévissait même de plus de 5 % en fin de journée, plombée par les valeurs bancaires, le titre Monte dei Paschi di Siena reculant de plus de 22 %. À Tokyo, l’indice Nikkei a plongé de 3,7 %, tombant au plus bas en 15 mois. La Bourse de Shanghai a abandonné 1 % tandis que Hong Kong a dévissé de 3,8 %, à son plus bas niveau de ces quatre dernières années.

À New York, après un plongeon, Wall Street a fini en baisse, retrouvant néanmoins un peu de sérénité après un mouvement d’affolement qui a accompagné une nouvelle chute du marché pétrolier : le Dow Jones a perdu 1,6 % cédant 249,28 points à 15 766,74 points. L’indice élargi S P 500, jugé le plus représentatif par de nombreux investisseurs, a abandonné 22 points, soit 1,2 %, à 1859,33 points.

La séance a été particulièrement mouvementée, car les principaux indices ont d’abord chuté dans la foulée des autres grandes Bourses, perdant quelque 3,5 % à la mi-séance, avant de se redresser dans les dernières heures d’échanges, le Nasdaq passant même un temps dans le vert. « C’était peut-être le jour de la capitulation », c’est-à-dire le moment où les investisseurs renoncent à récupérer leurs mises sur leurs positions longues, ce qui peut paradoxalement annoncer un rebond, a estimé Peter Cardillo, économiste en chef de First Standard Financial. « Le marché commence à reprendre de l’allant et on peut croire à un plancher à court terme. »

Depuis le début de l’année, Wall Street a baissé de quelque 8 % dans un contexte mondial dominé par la crainte d’un ralentissement en Chine et la chute persistante des cours du pétrole, ces deux facteurs étant d’ailleurs entremêlés.

Toutefois, pour le moment, les prix de l’or noir, à leur plus bas depuis 2003, ont vu leur chute s’accélérer mercredi, plombés par l’accumulation d’informations confirmant la persistance des excédents mondiaux.

Les cours du pétrole ont vu leur chute s’accélérer mercredi à New York, plombés par la dégringolade des Bourses et l’accumulation d’informations confirmant la persistance des excédents mondiaux.

Chute de 6,7 % des cours pétroliers

Le cours du baril de « light sweet crude » pour livraison en février, dont c’était le dernier jour de cotation, a perdu 1,91 $US, soit 6,7 % en une seule séance, pour finir à 26,55 $US sur le New York Mercantile Exchange, au plus bas depuis mai 2003. « Les analystes des deux côtés disent que la faiblesse du brut affaiblit le marché [d’actions] et vice-versa », a noté Oliver Sloup, chez iiTrader.com.

« C’est un début d’année calamiteux, probablement jamais vu, en dehors peut-être du mois de janvier 1988, après le krach de l’année précédente », observe Xavier de Villepion, vendeur d’actions chez HPC. Selon lui, les investisseurs sont focalisés sur le pétrole, alors que les cours de l’or noir ont signé une nouvelle chute, provoquant un plongeon des Bourses asiatiques.

« Il y a deux gros catalyseurs qui font baisser les marchés depuis le début de l’année », à savoir le ralentissement économique de la Chine et des pays émergents et l’érosion du prix du baril de pétrole, a souligné pour sa part Alexandre Baradez, un analyste de IG France. « Du coup, les marchés sont coincés entre ces deux facteurs d’un côté et de l’autre une Réserve fédérale américaine déterminée à relever ses taux directeurs et une Banque centrale européenne [BCE] qui ne donne pas tout ce qu’on attendait d’elle pour l’instant », selon lui. La BCE se réunit jeudi, mais aucune inflexion de sa politique monétaire n’est attendue.

« Tant qu’un de ces paramètres majeurs ne changera pas, les marchés risquent de rester dans ce scénario-là », a estimé M. Baradez.

Depuis le début de l’année, les places financières dégringolent et des milliards de dollars de valorisation sont partis en fumée. « On va continuer d’assister à une guerre entre la nervosité des investisseurs et des indicateurs techniques qui montrent que la chute est allée trop loin », a commenté Chihiro Ohta, analyste chez SMBC Nikko Securities Inc. à Tokyo.