Le génie canadien

Justin Trudeau à Davos: «Les Canadiens savent toutefois que la croissance et la prospérité ne tiennent pas seulement à ce qui se trouve sous nos pieds, mais surtout à ce que nous avons entre les oreilles. »
Photo: Andrew Vaughan Agence France-Presse Justin Trudeau à Davos: «Les Canadiens savent toutefois que la croissance et la prospérité ne tiennent pas seulement à ce qui se trouve sous nos pieds, mais surtout à ce que nous avons entre les oreilles. »

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de sa première allocution au Forum économique de Davos, en Suisse, pour tenter de changer l’image du Canada et décocher quelques flèches à son prédécesseur.

Devant une salle bien garnie mercredi à l’occasion de cet événement international rassemblant de nombreux dirigeants d’entreprise, chefs d’État et décideurs politiques, le premier ministre s’est notamment distancé du secteur des ressources naturelles tout en vantant la diversité canadienne.

Quelques heures après avoir pris part à un premier atelier, M. Trudeau a tenu un discours résolument différent de ceux de l’ex-premier ministre Stephen Harper, qui, lors de ses présences antérieures au coeur des Alpes suisses, présentait le Canada comme une puissance énergétique. « Nos ressources naturelles sont importantes et elles le resteront toujours, a-t-il expliqué dans son allocution prononcée en français et en anglais. Les Canadiens savent toutefois que la croissance et la prospérité ne tiennent pas seulement à ce qui se trouve sous nos pieds, mais surtout à ce que nous avons entre les oreilles. »

Sur fond de morosité économique et de glissade des marchés boursiers à travers le monde, il a également réitéré que le Canada représente un endroit sûr pour les investisseurs désireux de faire des affaires. « Nous avons une population diversifiée et créative, des systèmes d’éducation et de santé extraordinaires. Nous bénéficions de stabilité financière et politique et d’un gouvernement prêt à investir pour le futur. »

Malgré tout, un coup de main en provenance de l’extérieur ne pourrait pas faire de tort à l’économie canadienne, qui tourne de plus en plus au ralenti depuis l’élection des libéraux fédéraux, en octobre dernier. Après son arrivée au pouvoir, M. Trudeau avait été informé, dans des notes internes préparées par des conseillers, que les tendances économiques et sociales mondiales allaient perturber la situation financière du pays.

Ces tendances sont par ailleurs au coeur des discussions du 46e Forum économique mondial, qui se déroule sous le thème « La quatrième révolution industrielle ». Les nombreux ateliers de l’événement se terminant samedi se penchent sur les impacts des technologies dans les façons de faire des entreprises.

M. Trudeau a repris un de ses messages de la dernière campagne électorale, soit que les gouvernements devaient dépenser plutôt que d’imposer des mesures d’austérité pour générer de la croissance. « La quatrième révolution industrielle ne peut réussir si elle ne crée pas des occasions réelles pour les milliards de personnes qui ne sont pas avec nous ici. Au Canada, nous saisissons cela. »

M. Trudeau, qui est accompagné à Davos par cinq ministres de son cabinet, a également rencontré certains des plus importants dirigeants présents au Forum économique mondial, dont la chef de la direction de Microsoft, Natya Nadella, ainsi que la chef de l’exploitation du réseau social Facebook, Sheryl Sandberg. Au cours de ses entretiens, le premier ministre a souvent répété son message électoral en ce qui a trait à sa volonté d’investir.

Bombardier

Dans la foulée, le gouvernement Couillard a profité du Forum économique de Davos pour continuer à insister auprès d’Ottawa dans le dossier de la demande d’aide financière faite par Bombardier l’automne dernier. Mais même s’il était entouré du premier ministre, Philippe Couillard, et de son ministre de l’Économie, Jacques Daoust, le ministre fédéral de l’Industrie, Navdeep Bains, s’est encore une fois gardé de dévoiler ses cartes, mercredi. « Je comprends très bien l’importance du secteur aéronautique, a-t-il affirmé, en marge d’une conférence de presse. Nous poursuivons nos vérifications afin d’examiner leur modèle d’affaires. Je ne veux pas évoquer d’échéancier. »

Si M. Couillard s’est contenté de dire qu’il était optimiste dans ce dossier, son ministre de l’Économie est toutefois allé un peu plus loin, disant s’attendre à une décision avant le printemps. « C’est ce que je pense, a-t-il dit après la conférence de presse. J’ai été insistant, je lui en ai reparlé [à M. Bains] tantôt. Nous avons de la place dans notre modèle pour un troisième partenaire. »

Le ministre Daoust a également ramené ce dossier sur la table lors du Salon de l’automobile de Detroit, où il avait rencontré le ministre fédéral de l’Industrie.

En dépit de l’analyse fédérale qui s’étire, M. Daoust a souligné que l’attitude de ses partenaires fédéraux était bonne et que ce n’est qu’une question de temps avant qu’Ottawa en arrive à la conclusion d’investir dans Bombardier. « La relation est bonne. Ils écoutent et posent de bonnes questions. Je n’ai pas une levée de boucliers comme j’ai déjà eue avec l’ancien gouvernement. »

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4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 21 janvier 2016 07 h 59

    Rappel à l'ordre

    "Des systèmes de santé et d'éducation extraordinaires", disait monsieur Justin Trudeau, notre premier ministre canadien. Pourtant, la santé et l'éducation sont de juridiction provinciale et au Québec, les deux sont dans un état de déliquescence avancé.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 21 janvier 2016 10 h 17

    Le premier ministre canadien a compris

    que ce qui est important au Canada c est ce qu on a entre les oreilles mais au Quebec on coupe partout en Education.Nos liberaux avec Couillard se bouchent les oreilles et favorisent les analphabetes.Pourquoi ?Parce qu ils votent Liberal. J-P.Grise

  • Donald Bordeleau - Abonné 21 janvier 2016 13 h 50

    J'ai un peu honte.

    Le cerveau entre les deux oreilles et non sous les pieds.

    Un adolescent au pouvoir. au secours.

  • Michel Lebel - Abonné 21 janvier 2016 15 h 39

    On rigole!

    J'ai bien rigolé en voyant cette photo et son sous-titre: le génie canadien! Et il paraît que ce qui importe le plus, c'est ce que nous avons entre les deux oreilles. On a dû rigoler à Davos en entendant cette perle. "More to come"!

    M.L.