Cinq millions d’emplois en moins

Klaus Schwab, président et fondateur du Forum économique mondial
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Klaus Schwab, président et fondateur du Forum économique mondial

Paris — La quatrième révolution industrielle, qui se traduit par la numérisation ou l’impression 3D, entraînera la perte de cinq millions d’emplois en cinq ans dans les principales économies mondiales, prévient un rapport diffusé lundi par le Forum économique mondial, organisateur du forum de Davos.

La quatrième révolution industrielle « entraînera de larges perturbations non seulement sur le modèle des affaires, mais aussi sur le marché du travail pendant les cinq prochaines années », indique le rapport diffusé avant le Forum de Davos qui débute mercredi.

Après la première révolution (avènement de la machine à vapeur), la deuxième (électricité, chaîne de montage), la troisième (électronique, robotique), arrive la quatrième qui combinera plusieurs facteurs à l’oeuvre comme l’Internet des objets ou le big data pour transformer l’économie. Ces transformations entraîneront une perte nette de plus de cinq millions d’emplois dans une quinzaine d’importants pays développés et émergents, affirme l’organisation qui a analysé la situation dans des économies comme celles des États-Unis, de l’Allemagne, la France, la Chine ou encore le Brésil.

« Sans une action urgente et ciblée dès aujourd’hui pour gérer cette transition à moyen terme et créer une main d’oeuvre avec des compétences pour l’avenir, les gouvernements devront faire face à un chômage en hausse constante et à des inégalités », alerte le président et fondateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, cité dans un communiqué.

Selon une autre étude du Forum de Davos, cette quatrième révolution industrielle aura également des conséquences pour les femmes qui vont se retrouver « sur la ligne de tir ». « Le poids de la perte d’emplois, comme conséquence de l’automatisation et la désintermédiation de la quatrième révolution industrielle aura un impact relativement équitable entre les hommes et les femmes, 52 % des 5,1 millions d’emplois perdus d’ici cinq ans concernant les hommes et 48 % les femmes, souligne le rapport. Mais comme les femmes constituent une part moins importante aujourd’hui que les hommes sur le marché du travail, cela signifie que le fossé entre hommes et femmes pourrait devenir plus important », a ajouté le document.

8 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 18 janvier 2016 11 h 18

    Révolution numérique

    Je crois qu'il faut plutôt parler de révolution numérique et de ses répercussions sur l'industrie.
    Nous en sommes témoins depuis longtemps; l'automatisation augmente la productivité, chassent les travailleurs, maximise les profits et multiplie les pauvres.Les grosses têtes de Davos vont nous demander une meilleure préparation de la main d'oeuvre, pour moins de travailleurs, plus de profits et plus de pauvres.
    Au train où vont les choses, nos sociétés vont devenir dangereuses.
    Le temps me semble venu de repenser nos systèmes économiques,financiers et monétaires...

    • Roxane Bertrand - Abonnée 18 janvier 2016 12 h 32

      Il n'y a pas si longtemps 95% de la population travaillait sur la ferme.

      Je crois que l'invention de l'imprimante 3D ainsi que toute la révolution numérique est une avancé extraordinaire comme l'invention de l'imprimerie...normale.

      Transition pénible...assurément. L'humain bouge que lorsqu'il est inconfortable!

    • Sylvain Dionne - Inscrit 18 janvier 2016 13 h 38

      À Mme Bertrand,

      Mais bouger où puisqu'il y aura des millions de pertes d'emploi? Au cimetière? Il y a des recherches qui montrent que les nouvelles technologies n'ont pas suffisamment créé, et de loin, de nouveaux emplois pour compenser la perte des autres.

  • Denis Paquette - Abonné 18 janvier 2016 13 h 05

    l'humain ne bouge que lorsqu'il est inconfortable

    Mon feeling est que cette révolution va peut etre etre la derniere , en ce sens que ce sont les machines qui auront gagnées , il n'y aura plus d'humains pour y adhérer, la légende d'Icare ne dit elle pas qu'il s'est brulé les ailes en voulant s'approcher trop du soleil . Roxane j'aime bien votre dernière phrase lorsque vous dites que les humains ne bougent que lorsqu'ils sont inconfortables, que cette phrase est importante, je la porte en moi depuis longtemps mais je ne l'avais pas encore formulée, merci

  • Sylvain Mélançon - Inscrit 18 janvier 2016 13 h 42

    Changement de paradigme nécessaire

    La liste des partisans du revenu de base universel s'allonge continuellement, et parmi eux des économistes de renom, autant de gauche que de droite:

    - Milton Friedman dans Capitalisme et liberté (1962)
    - En 1968, Robert Lampman, Harold Watts, James Tobin, John Kenneth Galbraith, Paul Samuelson et plus de 1 200 économistes de bords politiques différents ont envoyé au Congrès américain une pétition en faveur d'un programme de revenu garanti. Une loi faillit passer sous Nixon.
    - Puisque le chômage technologique augmente de façon inéluctable, il faut mettre en place un revenu de base garanti pour tous, explique l'économiste britannique Robert Skidelsky.
    - Le prix Nobel d’économie Paul Krugman milite pour le RBU dans le but exprès de mitiger les effets de l’automatisation et de préserver ce qu’il reste de la classe moyenne. Selon lui, il serait temps d’augmenter le fardeau fiscal des entreprises, qui engrangent une part de plus en plus élevée des revenus à l’échelle nationale.

    Pour ce faire, il faut dissocier travail et revenu de base (de subsistance), et faire du revenu de base un revenu de citoyenneté ou patrimonial. C'est un changement de paradigme. Chaque citoyen a droit à une rente sur ce patrimoine collectif.

    Et augmenter les impôts des entreprises équivaut à faire payer de l'impôt aux robots qui remplacent les humains.

    De toutes façons, les entreprises se servent de moins en moins de leurs profits pour faire des investissements productifs et améliorer le sort de leurs travaileurs. Ils s'en servent de plus en plus et esssentiellement pour racheter leurs propres actions sur le marché libre, verser des dividendes aux actionnaires, distribuer des options d'achat à leurs principaux dirigeants, acquérir des concurrents et engranger des liquidités dans les paradis fiscaux, toutes actions qui ne créent pas de nouvelles richesses.

    • Clermont Domingue - Abonné 18 janvier 2016 14 h 09

      Excellent m Melançon. J'espère que beaucoup de lecteurs vous appuieront

  • Sylvain Mélançon - Inscrit 18 janvier 2016 14 h 17

    Pas de panique

    SVP pas de panique avec le chiffre de 5 millions d'emplois en cinq ans, un million par an.

    Il y a 570 000 emplois dans les pays de l'OCDE seulement (population 1 milliard).
    Ça exclut la Chine, l'Inde et le Brésil, l'Indonése mais inclut la Russie, le Japon, la Corée du sud et le Mexique. 5 millions d'emplois, c'est moins d'un pourcent, en cinq ans !

    Les États-Unis à eux seuls ont "créé" 2,7 millions d'emplois en 2015 seulement, 130 000 au Canada malgré la perte de 100 000 emplos en Alberta autour du pétrole.

    On peut toutefois s'attendre à une accélération de l'automatisation des emplois. On le voit déjà dans les aéroports, les caisses au supermarché, les stations-service, les postes de péage, toutes les réponses automatisées sur le web etc.

    Pourrait-on se dire qu'on a cinq ans pour faire de la vulgarisation, des référendums et adopter le revenu de base universel ?

  • Gilles Théberge - Abonné 18 janvier 2016 16 h 11

    Voila pourquoi

    Il faut se préparer. Et pour se faire adéquatement il faut songer au revenu de base universel : http://revenudebase.info/comprendre-le-revenu-de-b

    Et les sceptiques vont continuer à attaquer cette idée. Qui demeure le seule option quoi qu'on en pense.