Les changements climatiques et les migrants au coeur des préoccupations à Davos

La timidité de la réponse aux changements climatiques et les migrations de masse sont les enjeux les plus susceptibles d’affecter l’état du monde au cours de la prochaine décennie, prévoit le plus récent rapport du Forum économique mondial (FEM) dévoilé jeudi.

Le 11e rapport sur les risques mondiaux publié à la veille du Forum économique de Davos met en lumière les menaces les plus tangibles ou les plus imminentes. Ses auteurs ont demandé à près de 750 experts provenant du milieu des affaires, du monde universitaire, du secteur public ou d’organisations non gouvernementales de classer 29 risques en fonction de leur impact potentiel et de la probabilité qu’ils deviennent réalité.

L’enquête révèle que l’échec des efforts d’atténuation des changements climatiques est le risque dont l’impact est jugé le plus grand, devant les armes de destruction massive et les crises de l’eau. En comparaison, les risques entourant l’accès à l’eau et les épidémies occupaient les deux premières places l’an dernier.

Pour ce qui est des risques qui sont les plus susceptibles de se matérialiser, les répondants ont cette année soumis les vagues massives d’immigration, suivies des événements météorologiques extrêmes et de l’échec de l’adaptation aux changements climatiques. L’enjeu migratoire est celui qui a connu la plus importante progression dans le classement par rapport à l’an dernier.

« Nous constatons que les risques sont plus interconnectés et plus imminents », a souligné le directeur des affaires géopolitiques du FEM, Espen Barth Eide, lors de la présentation du rapport.

Les réactions en chaîne sont effectivement nombreuses : les changements climatiques causent des crises liées à l’eau, lesquelles peuvent alimenter des conflits et entraîner un regain de migrations forcées.

« Le changement climatique conduit à l’amplification d’un nombre de risques plus importants que jamais », a soutenu Cecilia Reyes, la responsable des risques au Zurich Insurance Group, un partenaire du FEM.

D’une manière semblable, la crise des réfugiés en Europe provoque des tensions entre les pays aux visions opposées, ce qui peut affecter les relations commerciales, nuire à l’activité économique, faire croître le chômage et ultimement, entraîner de l’instabilité sociale.

Risque sous-évalué

Une portion du rapport du FEM analyse par ailleurs les risques associés à la conduite des affaires, autant à l’échelle nationale qu’internationale. Cette année, le chômage et le sous-emploi, ainsi que le choc des prix de l’énergie ont été établis comme les principaux risques dans la moitié des 140 pays sondés.

Au Canada, la menace numéro un est le prix de l’énergie, sans doute en raison de la chute des prix du pétrole qui porte un coup dur à l’économie du pays. De leur côté, les Américains sont surtout préoccupés par les risques liés à la cybersécurité.

Fait à noter, les répondants américains sont pratiquement les seuls à avoir classé les cyberattaques parmi les principaux risques. « Les crises technologiques n’ont pas encore eu d’incidence sur l’économie et la sécurité de manière systémique, mais le risque reste élevé — un état de fait dont les experts n’ont peut-être pas pris toute la mesure », fait remarquer le communiqué du FEM.

Selon le Center for Strategic and International Studies, la cybercriminalité coûte près de 445 milliards $US par année à l’économie mondiale.