Un autre cas de fraude dans l’univers du bitcoin

Pour la deuxième fois, l’univers du bitcoin est secoué par un cas que les autorités américaines décrivent clairement comme un système de Ponzi, celui éventé mardi se chiffrant à environ 20 millions.

Le stratagème allégué par la Securities and Exchange Commission (SEC) repose sur une méthode connue : vendre un produit en promettant des rendements, empocher l’argent, puis s’affairer à trouver de nouvelles victimes pour rembourser celles du début. Environ 10 000 personnes auraient été ainsi déplumées, la SEC n’indiquant pas si ce nombre inclut des Canadiens.

Selon les accusations déposées par la SEC en Cour fédérale du Connecticut, Homero Joshua Garza se serait servi de ses deux sociétés, GAW Miners et ZenMiner, pour vendre aux victimes l’idée d’investir dans un système d’infonuagique — un Hashlet — capable de récolter des bitcoins. L’annonce occupait une place très importante mardi dans les sites d’actualité spécialisés, d’autant plus que GAW Miners alimente depuis longtemps les débats sur ces mêmes sites et dans les forums de discussion.

Le bitcoin est une devise virtuelle qui a vu le jour en 2009, mais qui, de fil en aiguille, a attiré l’attention des autorités, de même que de grands investisseurs institutionnels qui lui accordent un potentiel sans équivoque. Ces jours-ci, son cours est de 363 $ américains, ou 485 dollars canadiens.

Le monde financier s’y intéresse de plus en plus, non seulement en raison de l’attractivité des plateformes crédibles (Coinbase, pour ne nommer que celle-là), mais aussi pour la technologie qui sous-tend le bitcoin : le « blockchain », grand registre des transactions. Au mois de mai 2015, la Bourse de New York a décidé d’afficher le cours du bitcoin, car « les valeurs du bitcoin sont en train de devenir de l’information suivie par nos clients au moment où ils songent à transiger, négocier ou investir dans cette catégorie d’actifs ».

Ordinateurs puissants

La collecte de bitcoins, communément appelée « minage », nécessite des ordinateurs puissants capables de résoudre des équations complexes pour obtenir ces bitcoins, ce qui n’était pas le cas ici, selon la SEC. Celle-ci a indiqué que les Hashlets étaient présentés comme n’ayant aucun risque d’obsolescence et générant des profits de façon permanente.

« En réalité, GAW Miners et ZenMiner n’avaient pas la puissance informatique pour effectuer le minage promis, alors la plupart des investisseurs ont payé pour une puissance informatique qui n’a jamais existé, a affirmé la SEC. Les rendements versés à certains investisseurs provenaient du produit de la vente effectuée auprès d’autres investisseurs. »

La SEC a dit que la période couverte par les accusations va d’août 2014 à décembre 2014. « Puisque M. Garza et ses sociétés faisaient miroiter une capacité informatique nettement supérieure à celle qu’ils détenaient, ils devaient aux investisseurs un rendement quotidien supérieur au rendement généré par leurs propres activités de minage, lesquelles étaient limitées », a ajouté la SEC.

En 2013, la SEC avait accusé un Texan, Trendo Shavers, d’avoir frauduleusement amassé 4,5 millions auprès de ses investisseurs en leur promettant un rendement de 7 % par semaine. À travers sa société, Bitcoin Savings and Trust (BTCST), M. Shavers prétendait faire de l’arbitrage sur le marché du bitcoin en vendant des unités à des acheteurs désirant agir « sous le radar », selon le communiqué du 23 juillet 2013.

« En réalité, BTCST était une pure fiction et un système de Ponzi dans lequel M. Shavers se servait des bitcoins des nouveaux investisseurs pour faire ses soi-disant paiements d’intérêts et couvrir les retraits d’investisseurs », avait écrit la SEC. Il avait également détourné des fonds pour son usage personnel, selon la SEC.

L’an dernier, M. Shavers a déposé une reconnaissance de culpabilité.