Retraite: les astres sont alignés

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Pour les actuaires, les astres sont alignés pour entreprendre un réalignement holistique du système de retraite canadien. Et l’on rappelle que le nouveau ministre des Finances est un expert en la matière.

« Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux se voient accorder une occasion qui ne se présente qu’une seule fois dans une génération visant à assurer que le système de retraite du Canada répond aux besoins des retraités actuels et futurs », a lancé Rob Stapleford, président de l’Institut canadien des actuaires (ICA). Cette invitation accompagne le dépôt d’un rapport coiffé du titre « Prendre des mesures opportunes pour répondre aux besoins des retraités canadiens futurs ».

« Les étoiles de la retraite se sont alignées pour le premier ministre, Justin Trudeau. Son capital politique est élevé, la volonté provinciale est rigoureuse et un leadership fédéral est nécessaire », souligne-t-il. Sans oublier que le ministre des Finances, Bill Morneau, était auparavant président exécutif de Morneau Shepell, une firme-conseil en ressources humaines et en régimes de retraite.

Cet alignement astral surplombe un système de retraite canadien soumis à une « convergence de forces ». On énumère « une longévité accrue, une persistance des faibles taux d’intérêt, la volatilité des marchés boursiers, l’émergence de nouveaux types de régimes de retraite comme les régimes à risques partagés-parrainés conjointement, les régimes à prestations cibles, et le passage de nombreux régimes privés à prestations déterminées à un modèle à cotisations déterminées ».

Le régime public au coeur

Mercredi dernier, l’ancien actuaire en chef du Régime de pensions du Canada, Bernard Dussault, suggérait de placer les régimes publics au coeur de la réforme du système de retraite. « Le RPC et le Régime des rentes du Québec sont tellement bien conçus, pourquoi en sortir ? » s’est-il demandé lors d’un colloque organisé par l’Observatoire de la retraite. Du même souffle, il suggérait d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure, de faire passer le taux de couverture publique du revenu de carrière assurable à 50 %, et d’interdire aux employeurs offrant un régime de prendre des congés de cotisation.

Et l’on se réjouissait, lors du colloque, des promesses électorales des libéraux de prêter main-forte à l’Ontario dans la création et l’harmonisation de son nouveau régime public.

Dans son rapport, l’ICA revient sur les trois piliers du système pour reconnaître également le rôle stratégique du volet public. Le programme de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément du revenu garanti n’exigent aucune modification. Pour leur part, le RPC et les régimes provinciaux pourraient être élargis de façon modeste, l’ICA abordant la rente de longévité étudiée au Québec, le RRPO proposé en Ontario, une hausse obligatoire des cotisations et des prestations, ou encore un supplément volontaire de cotisations. Par contre, « les régimes de retraite privés et l’épargne-retraite doivent être modifiés de façon à ce qu’ils aident plus efficacement les participants à générer un revenu de retraite suffisant », est-il noté.