Le PIB du Québec recule en juillet

Photo: Jacques Grenier Le Devoir

Autre mauvais chiffre pour l’économie québécoise. Le PIB a reculé de 0,3 % en juillet. La contraction touche plus de la moitié des grands secteurs de l’activité économique.

Il y a de la volatilité dans les statistiques. Le repli de 0,3 % du PIB québécois en juillet suit une hausse de 0,6 % en juin et une baisse de 0,2 % en mai. Et fait écho à un deuxième trimestre négatif. À l’opposé, le PIB canadien a augmenté de 0,3 % en juillet après avoir inscrit un recul au cours de chacun des deux premiers trimestres. Pour les sept premiers mois, le PIB du Québec s’inscrit en hausse de 1,3 % par rapport à la période correspondante de 2014, contre une croissance de 1,2 % au Canada, a souligné l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

« La baisse du PIB du mois de juillet est essentiellement due aux pertes observées dans la construction, la fabrication, le commerce de gros, les soins de santé et l’assistance sociale, ainsi que dans les administrations publiques. En outre, 12 des 20 grands secteurs de l’activité économique québécoise voient leur niveau de production diminuer en juillet », a ajouté l’ISQ.

Et ce passage à vide de l’économie québécoise pourrait se poursuivre. « Une augmentation du PIB réel est loin d’être acquise au mois d’août compte tenu des indicateurs publiés jusqu’à maintenant », a écrit Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins.

Chute des exportations

Mercredi, l’ISQ indiquait que le volume des exportations québécoises avait chuté de 8,7 % en août, ramenant la progression cumulée sur huit mois à 6,4 %, contre 4,8 % pour le Canada, par rapport à la période correspondante de 2014. Craignant pour la croissance déjà anémique de l’économie québécoise, Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale, soulignait alors que le fort recul du commerce international en août « rogne la croissance économique de ce trimestre ». Il est revenu sur sa prévision d’une progression de 1,2 % du PIB québécois en 2015 pour souligner qu’elle repose sur une augmentation de 3,5 % du volume des exportations sur l’ensemble de l’année. Pour atteindre cette cible, il faudrait que les exportations reprennent le chemin d’une croissance mensuelle de 2 % au dernier trimestre, a-t-il estimé.

Marc Pinsonneault insistait jeudi. « L’économie québécoise a besoin d’une performance soutenue d’ici la fin de l’année pour que notre prévision d’une croissance économique de 1,2 % en 2015 se réalise. »

Chez Desjardins, on se fait plus pessimiste avec une cible de croissance anticipée de seulement 1,1 % cette année. « Les difficultés de l’économie québécoise ne sont pas encore complètement derrière nous. Espérons que le redressement des investissements des entreprises amorcé au deuxième trimestre maintiendra le cap et que les exportations internationales seront plus vigoureuses au cours des prochains mois. L’économie américaine se porte bien et le Québec a grandement besoin d’être entraîné dans la vague », a souhaité Hélène Bégin.

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