Chute des exportations québécoises en août

Au mois d’août, les exportations vers les États-Unis, représentant à elles seules plus des trois quarts des exportations québécoises, ont diminué de 3,1 %. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Au mois d’août, les exportations vers les États-Unis, représentant à elles seules plus des trois quarts des exportations québécoises, ont diminué de 3,1 %. 

Les exportations québécoises ont chuté au mois d’août, indique l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Au point où celles-ci ont dégringolé près de 30 fois plus vite au Québec qu’ailleurs au Canada. Les analystes de la Financière Banque Nationale estiment que la force du recul est telle que celui-ci influera sur la croissance économique du présent trimestre.

Toutefois au cumul, sur huit mois, le volume des exportations s’est accru plus vigoureusement ici qu’ailleurs au pays, à 6,4 % contre 4,8 %.

Revenant à la statistique d’août, « il est à espérer que la diminution des exportations, surtout pour ce qui est des deux grandes catégories que sont les produits aérospatiaux et l’aluminium, ne soit que passagère », résume Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale. La baisse de 8,7 % n’est, en effet, pas généralisée, car seulement 15 catégories de biens sur 31 ont été touchées, remarque la Banque.

« Parmi les 25 premiers produits exportés par le Québec, huit affichent une hausse en août. Les principaux gains proviennent des minerais et concentrés de fer, du groupe des pièces diverses de machines et de matériel et de celui du porc frais et surgelé. D’autre part, les reculs les plus marqués sont enregistrés par l’aluminium et ses alliages sous forme brute et par les aéronefs », souligne l’ISQ dans sa mise à jour des données mensuelles.

Craignant pour la croissance déjà anémique de l’économie québécoise, Marc Pinsonneault souligne dans son analyse que le fort recul du commerce international en août « rogne la croissance économique de ce trimestre ». Il revient sur sa prévision d’une progression de 1,2 % du PIB québécois en 2015 pour souligner qu’elle repose sur une augmentation de 3,5 % du volume des exportations sur l’ensemble de l’année. Pour atteindre cette cible, il faudrait que les exportations reprennent le chemin d’une croissance mensuelle de 2 % au dernier trimestre, estime-t-il.

Légère baisse américaine

Au mois d’août, les exportations vers les États-Unis, représentant à elles seules plus des trois quarts des exportations québécoises, ont diminué de 3,1 %. Le Québec a aussi vu ses exportations vers l’Europe baisser de 16,6 %. Celles vers l’Asie ont par ailleurs bondi de plus de 23,9 % grâce aux minerais et aux concentrés de fer notamment. Il est toutefois permis d’anticiper une embellie à ce chapitre, car la Banque du Canada a affirmé mercredi que l’économie américaine devrait « croître à un rythme solide », ce qui est une bonne chose pour les exportations canadiennes pouvant bénéficier de cette solide demande intérieure privée.

« La baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base observée depuis l’été a fait reculer davantage les termes de l’échange du pays et modère les investissements des entreprises et les exportations dans le secteur des ressources. Cette situation a amené la Banque à réviser quelque peu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2016 et 2017 », a expliqué la Banque du Canada.

 

Faible hausse des importations

En août, les importations ont augmenté de 0,4 % au Québec, tandis qu’elles ont baissé de 0,2 % au Canada. En ce qui concerne les huit premiers mois de l’année, leur volume a augmenté de 1,8 %, par rapport à leur niveau des mois correspondants en 2014. Dans l’ensemble du Canada, cette hausse est légèrement plus élevée, à 2 %.

De passage au Mexique pour effectuer une mission commerciale en compagnie du premier ministre du Québec Philippe Couillard cette semaine, le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétrault, a manifesté à plusieurs reprises l’importance de soutenir les représentations à l’étranger pour favoriser ce secteur névralgique de l’industrie québécoise.

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