Les hôtels lavallois se branchent sur les Y

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Nombre d’établissements hôteliers lavallois ont décidé de repenser leur offre en fonction de la nouvelle clientèle. Parmi eux, le Hilton, qui a fait le choix d’investir près de 8 millions dans la rénovation de ses installations.
Photo: Source Tourisme Laval Nombre d’établissements hôteliers lavallois ont décidé de repenser leur offre en fonction de la nouvelle clientèle. Parmi eux, le Hilton, qui a fait le choix d’investir près de 8 millions dans la rénovation de ses installations.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme d'affaires octobre 2015

Particulièrement prisée des congressistes, Laval figure depuis longtemps parmi les destinations québécoises favorites des gens d’affaires. Largement tributaires de cette popularité, les hôteliers de la région ont investi d’importantes sommes au cours des derniers mois pour conserver la faveur de leur clientèle et s’adapter aux nouvelles tendances du marché. Tour d’horizon.

Localisée à seulement une vingtaine de kilomètres du centre-ville de Montréal, d’un point de vue logistique, Laval comporte de nombreux avantages pour les gens d’affaires. En plus d’être située à proximité de l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, la ville est facilement accessible en voiture et est largement desservie par le transport collectif. Également, elle comprend un vaste parc hôtelier permettant d’accueillir simultanément des milliers de visiteurs et offre nombre de possibilités de divertissements en tout genre.

« Tous ces éléments sont des caractéristiques très importantes pour les organisateurs de réunions et de congrès, relève Mme Geneviève Roy, présidente-directrice générale de Tourisme Laval. En nous appuyant sur ces atouts, au fil des ans, nous avons développé une expertise considérable en matière de tourisme d’affaires. »

Signe que les efforts conjugués de Tourisme Laval et des hôteliers de la région ont porté fruit, aujourd’hui, la majorité de la clientèle touristique qui visite la ville est composée de congressistes. L’an dernier, par exemple, cette dernière était constituée à 53 % de gens d’affaires.

« En 2014, plus de 1,13 million de personnes ont visité la ville, indique Mme Roy. Nos recettes touristiques se sont élevées à plus de 197 millions et elles ont été générées majoritairement par le tourisme d’affaires. Il s’agit d’un des moteurs économiques les plus importants à Laval. »

Moderniser pour durer

Mais pour rester concurrentiels et continuer d’obtenir la faveur de la clientèle d’affaires, les hôtels établis sur le territoire lavallois ne peuvent se contenter de s’asseoir sur leurs acquis. « Ils doivent rester à l’affût des tendances et innover », souligne Mme Roy.

C’est pour cette raison que, conformément aux prédictions de l’industrie, soit que la plupart des voyageurs d’affaires seront issus de la génération Y d’ici 2020, nombre d’établissements hôteliers lavallois ont décidé de repenser leur offre en fonction de cette nouvelle clientèle. Parmi eux, le Hilton a fait le choix d’investir près de 8 millions dans la rénovation de ses installations, alors que le Sheraton, le Comfort Inn et le Château Royal ont chacun prévu plus ou moins 2 millions pour la réfection de leur établissement.

Pour la plupart, cela se traduit d’abord par l’actualisation des aménagements et de la décoration. « La tendance actuelle est au style très contemporain », explique M. Yanick Pazzi, directeur général du Sheraton Laval, un établissement détenu par le Groupe hôtelier Grand Château, tout comme le Hilton Laval.

« De notre côté, nos hôtels ont été construits dans les années 1980 et ils avaient besoin d’être décorés au goût du jour, poursuit-il. Au Hilton, par exemple, on a opté pour un look vraiment branché, alors qu’au Sheraton, on a choisi un décor un peu plus classique et feutré. »

Dans le même esprit, certains hôtels lavallois ont aussi fait le choix d’entamer d’importants travaux de réfection dans les chambres de leur établissement, notamment pour tenter de prolonger les séjours des vacanciers. Au Hilton, par exemple, une quarantaine de suites ont été dotées d’une cuisine tout équipée. Certaines d’entre elles ont été aménagées comme de véritables petits appartements, avec chambre fermée et espace de réunion intégré.

« D’après les plus récentes études, les gens qui sont appelés à voyager vont souvent le faire de 30 % à 50 % de leur temps dans une année. Créer ce genre de suites là permet de répondre à un besoin. Les clients veulent se sentir comme à la maison, et c’est ce que nous leur offrons », explique M. Pazzi.

C’est aussi pour cette raison que le Hilton a décidé d’aménager un comptoir d’épicerie fine dans son hall de réception. « On y trouve des produits prêts-à-manger de qualité que les gens peuvent consommer dans un cadre moins formel, précise M. Pazzi. Il y a aussi des essentiels pour la cuisine. Les clients peuvent se faire livrer le tout à leur chambre et cuisiner s’ils n’ont pas envie d’aller au restaurant. Ça leur donne plus de flexibilité. »

Toujours connectés

Mais pour la clientèle d’affaires, bien que des améliorations sur le plan de l’aménagement soient appréciables, la priorité reste souvent la fonctionnalité des espaces de travail.

Or, d’après une étude réalisée en 2013 par J.D. Power and Associates, la connexion à Internet et sa vitesse sont la cause de mécontentement de 31 % des clients nord-américains qui éprouvent un problème durant leur séjour.

« Aujourd’hui, les voyageurs veulent une plus grande connectivité, confirme M. Pazzi. Ça leur prend leur téléphone intelligent à portée de main. Ils ont aussi des tablettes et des ordinateurs. Ils sont beaucoup plus exigeants sur le plan technologique que ne l’étaient les congressistes il y a une dizaine d’années ! Si on veut satisfaire cette nouvelle clientèle d’affaires, il faut être capable de répondre à la demande technologique en tout temps, même si le réseau est hautement sollicité. »

Compte tenu de sa vocation, au cours des derniers mois, l’Hôtel Sheraton a beaucoup investi pour être en mesure d’assurer la transmission d’un flot très élevé de données électroniques. Aussi, l’établissement peut désormais se targuer d’être hautement efficace en la matière.

D’après Mme Roy, c’est le genre d’initiatives qui permettra à Laval de conserver sa place parmi les destinations d’affaires québécoises préférées des voyageurs.

« Pour que notre offre continue à se distinguer, je crois qu’il faut absolument qu’on se branche sur les Y, confie-t-elle. Et pour y parvenir, il faut être à leur écoute et miser sur les technologies. Je suis confiante, puisque c’est précisément ce que nous sommes en train de faire ! »