La croissance est nettement plus faible que prévu, dit Leitão

Carlos Leitão : « Ce que nous sommes en train de faire, c’est de nous assurer que les dépenses croissent à un rythme qui est moins élevé que celui des revenus. »
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Carlos Leitão : « Ce que nous sommes en train de faire, c’est de nous assurer que les dépenses croissent à un rythme qui est moins élevé que celui des revenus. »

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a été plus catégorique que jamais : l’économie québécoise ne croîtra pas de 2 % pour l’année financière en cours, comme prévu lors du budget de mars dernier.

Le ministre Leitão avait déjà admis, en juin, que la croissance de l’économie du Québec n’atteindrait vraisemblablement pas les 2 % prévus. Mais jeudi à Montréal, dans une allocution devant l’Institut pour le partenariat public-privé, il a été plus catégorique encore. « C’est évident que la croissance économique au Québec en 2015 ne sera pas de 2 %. C’était notre prévision lors du budget du mois de mars 2015 pour l’année, et aussi pour 2016, mais nous sommes en train de revoir ces prévisions-là », a-t-il admis devant son auditoire.

Plus loin dans son allocution, en vantant la force, la diversification et la résilience de l’économie québécoise, il s’est avancé encore. « Nous avons un taux de croissance qui va être aux alentours de 1,5 %, peut-être un peu plus, même, l’année prochaine », a-t-il lancé. Interrogé à ce sujet après son allocution, le ministre n’a pas voulu élaborer, renvoyant les journalistes présents à la mise à jour économique qu’il doit faire au mois de novembre.

Par ailleurs, des syndiqués du secteur public ont encore une fois perturbé l’allocution d’un ministre du gouvernement Couillard. Quelques-uns d’entre eux, représentants de la CSN, ont réussi à pénétrer incognito dans la salle et se sont levés pour interrompre le ministre lorsqu’il a pris la parole. Ils ont tenté de sensibiliser les participants au forum à leur cause, avant d’être escortés à l’extérieur.

Un autre groupe de manifestants est resté à l’extérieur de la salle, se faisant bruyamment entendre avec des sifflets, cognant aussi à l’occasion sur les portes. Ils ont à l’occasion tenté d’entrer en poussant sur les portes, que du personnel retenait de l’autre côté. On a pu entendre des cris comme « stop Couillard » et « nous, on n’a rien volé ».

Le ministre Leitão a fait contre mauvaise fortune bon coeur. À la fin de son allocution, il a fait allusion à leur présence parfois bruyante. « Je m’excuse d’avoir amené des amis non invités, mais enfin, c’est la vie ! », a-t-il lancé.

Austérité toxique

Il a aussi adressé quelques remarques bien senties à leur endroit et à l’endroit des différents groupes qui protestent contre les compressions imposées par le gouvernement Couillard. « Pour répondre directement à nos amis qui étaient dehors, ce que nous sommes en train de faire, c’est loin, c’est très loin d’être une révolution ; c’est loin d’être une destruction du modèle québécois, c’est loin d’être l’austérité toxique. Ce que nous sommes en train de faire, c’est de nous assurer que les dépenses croissent à un rythme qui est moins élevé que celui des revenus », a souligné le ministre des Finances.

« Tous ceux qui disent que la dette, ce n’est pas grave, que c’est seulement 55 % du PIB, je pense qu’ils regardent extrêmement à court terme. Il faut avoir une vision un peu plus à moyen et à long termes. Le retour à l’équilibre budgétaire, ce n’est pas une sorte d’obsession, ce n’est pas une sorte de maladie ; c’est la première condition nécessaire pour qu’on puisse aller de l’avant avec toutes nos autres politiques publiques », a-t-il expliqué.

12 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 16 octobre 2015 07 h 58

    La "croissance"

    Nous avons voté pour les "vraies affaires", et nous avons la "croissance" libérale : ne sommes-nous pas collectivement heureux?

    • Robert Beauchamp - Abonné 16 octobre 2015 11 h 25

      Est-ce que monsieur a déjà été capable de prédire quelque chose? Une chose et son contraire, oui!

  • Paul St-Pierre - Inscrit 16 octobre 2015 08 h 51

    Pas étonnant que la croissance économique soit moins élevée que prévu, les gens de la classe moyenne n'ont plus les moyens de dépenser. Augmentez sensiblement le pouvoir d'achat de 400 000 employés du secteur public et vous allez voir que ce sont tous les paliers de l'économie vont se remettre à rouler.

  • Alain Lavallée - Inscrit 16 octobre 2015 09 h 28

    Croissance faible.... l'austérité du gouvernement produit ses effets

    Le gouvernement Couillard en instaurant un programme d'austérité, sévère, comprenant des coupures dans des services publics, des hausses de tarifs et de taxes ne peut que récolter ce qu'il a semé, à savoir une croissance plus faible.

    Cette croissance faible est obtenue dans un contexte mondial où la baisse majeure des prix du pétrole a permis à nombre de pays d'échapper à la récession.

    Je n'ose imaginer ce que serait les perspectives économiques du Québec n'eût été de cette baisse, nous serions carrément en pleine récession provoquée par l'austérité du gouvernement Couillard. Le ministre des finances ne devrait pas s'étonner de parvenir à un résultat que son gouvernement à viser à atteindre.

  • Jean-François Trottier - Abonné 16 octobre 2015 09 h 59

    Quelle lumière!!!

    "...nous assurer que les dépenses croissent à un rythme qui est moins élevé que celui des revenus ".

    Le discours de ce gouvernement nous a été poussé de force dans la gorge. il était question d'investissement, puis on a parlé de "services", et maintenant on parle de "dépenses".

    Mais augmenter les revenus plutôt que de couper ces dites "dépenses" ? Ben non! C'est seulement des dépenses!!

    La maladie, puisque maladie il y a, c'est la démission de Leitao de son rôle réel. On ne peut même pas lui demander de partir, il n'a jamais occupé son poste!

    Le budget en éducation n'est pas un service, ni une dépense, c'est un investissement. Le budget en santé peut et doit se financer en partie par une ponction directe surt les revenus des médecins non-affiliés, quitte à encourager ceux-ci à recevoir plus de patients à l'internationale.
    Une autre tranche doit venir d'Ottawa, quitte à casser le Canada pour lui forcer la main: nous nous faisons voler tout rond depuis 30 ans! Mais cest pas Leitao qui voudra agir, il a a été élu en faisant peur aux gens au sujet des séparatissssssses... Quelle niaiserie!
    Et le reste, par le retour du capital des paradis fiscaux. Tout de suite, here and now, immédiatement.
    Quelle pression fait-il pour faire disparaitre les lois avantageant les paradis fiscaux ? Quand en parle-t-il ? Quand suggère-t-il que les corporations devraient se serrer a ceinture ?
    De ça pas un iota dans son discours. C'est absolument honteux moralement mais, hors de la morale, c'est catastrophique économiquement.

    Ce gars est un clown, je ne vois pas d'autre mot.

  • Christian Montmarquette - Abonné 16 octobre 2015 11 h 11

    On s'en fout de c'que tu pense Leitão

    Tout c'qu'on veut, c'est d'te débarquer!

    • Gilles Théberge - Abonné 16 octobre 2015 16 h 57

      En attendant de prendre une débarque lundi?