Shell se retire d’Alaska

La décision de Royal Dutch Shell d’abandonner ses plans d’exploration pétrolière au large de la côte de l’Alaska envoie un message décourageant pour ceux qui aimeraient voir le développement de la mer de Beaufort, au Canada.

Shell a foré un puits dans la mer des Tchouktches, cet été, mais a indiqué lundi que les résultats n’étaient pas assez bons pour justifier de nouvelles activités d’exploration « dans un avenir proche ».

« Shell continue de voir un important potentiel d’exploration dans le bassin et cette région devrait être ultimement avoir une importance stratégique pour l’Alaska et les États-Unis. Cependant, le résultat de l’exploration pour cette partie du bassin est clairement décevante », a expliqué le directeur des activités en amont de la pétrolière dans les Amériques, Marvin Odum.

Le consultant en énergie Doug Matthews a estimé que le programme de Shell en Alaska aurait pu être utile pour les entreprises intéressées par le forage au large des Territoires du Nord-Ouest, un secteur où l’exploitation serait encore plus difficile qu’en Alaska.

« C’est une perte pour le Canada, qui aurait vraiment pu apprendre quelque chose des activités de Shell pour ce qui est de mieux exploiter des activités dans les eaux de l’Arctique », a-t-il affirmé lors d’un entretien depuis Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.

La décision de Royal Dutch Shell d’abandonner ses plans d’exploration pétrolière au large de la côte de l’Alaska envoie un message décourageant pour ceux qui aimeraient voir le développement de la mer de Beaufort, au Canada.

Shell a foré un puits dans la mer des Tchouktches, cet été, mais a indiqué lundi que les résultats n’étaient pas assez bons pour justifier de nouvelles activités d’exploration « dans un avenir proche ».

« Shell continue de voir un important potentiel d’exploration dans le bassin et cette région devrait être ultimement avoir une importance stratégique pour l’Alaska et les États-Unis. Cependant, le résultat de l’exploration pour cette partie du bassin est clairement décevante », a expliqué le directeur des activités en amont de la pétrolière dans les Amériques, Marvin Odum.

La société a expliqué sa décision en évoquant les résultats décevants du puits, ainsi que les coûts élevés et un environnement réglementaire américain « difficile et imprévisible ».

En tout, Shell a dépensé plus de 7 milliards $ US pour son exploration en Arctique.

Perte pour le Canada

Le consultant en énergie Doug Matthews a estimé que le programme de Shell en Alaska aurait pu être utile pour les entreprises intéressées par le forage au large des Territoires du Nord-Ouest, un secteur où l’exploitation serait encore plus difficile qu’en Alaska.

« C’est une perte pour le Canada, qui aurait vraiment pu apprendre quelque chose des activités de Shell pour ce qui est de mieux exploiter des activités dans les eaux de l’Arctique », a-t-il affirmé lors d’un entretien depuis Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.

L’Office national de l’énergie, qui réglemente les forages extracôtiers dans l’Arctique canadien, aurait lui aussi pu apprendre de l’expérience des autorités réglementaires américaines.

« Cela aurait été un très bon laboratoire pour nos affaires, et cela a disparu », a affirmé M. Matthews.

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Les groupes environnementaux se sont réjouis de la décision de Shell. Lorsque le gouvernement américain avait donné son feu vert au projet d’exploration de l’entreprise en mai, les opposants avaient organisé d’importantes manifestations pour tenter d’empêcher l’équipement de forage, qui se trouvait à Seattle, d’être transporté vers le nord.

M. Matthews a estimé que même si les groupes environnementaux ne peuvent pas s’attribuer de mérite pour l’abandon de Shell en Alaska, ils s’en trouveront vraisemblablement enhardis lorsque viendra le temps de s’opposer à d’autres développements énergétiques.

Mais la probabilité de voir les ressources de la mer de Beaufort être exploitées un jour était déjà enveloppée d’incertitude.

La Pétrolière Impériale a remis à plus tard son exploration du lac de Beaufort et a demandé une prolongation de sept ans à sa licence, qui vient à échéance en 2020. Chevron Canada a pour sa part mis sur la glace en décembre ses projets dans la région, jusqu’à nouvel ordre.

Les deux sociétés ont évoqué la demande de l’Office national de l’énergie qui exige que les entreprises soient capables de forer un puits de secours pour maîtriser un puits non contrôlé durant la même saison où le puits initial a été foré — une proposition difficile et coûteuse pour une région qui est recouverte de glace pendant la plus grande partie de l’année.