L’économie du Québec peine à retrouver son rythme

Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Le Québec connaît une période de faiblesse forçant les conjoncturistes à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2015. Une accélération du PIB est attendue pour 2016, mais sans que la barre des 2 % soit franchie.

Tour à tour, les économistes du Mouvement Desjardins et de la Banque Royale ont dû corriger le tir en réaction à un ralentissement printanier plutôt ressenti. Si on sait que l’économie québécoise évitera la récession technique enregistrée à l’échelle canadienne, « un repli économique d’environ 2 % (en rythme annuel) se dessine pour le deuxième trimestre à la suite de la hausse de 1,6 % au premier », ont écrit les économistes de Desjardins.

À la Royale, Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef, a également évoqué ce ralentissement, qu’il croit être temporaire. Faible consolation, « le Québec a somme toute connu un assez bon début cette année, l’Institut de la statistique du Québec suggérant que le PIB réel avait augmenté au rythme annualisé de 1,6 % au premier trimestre, ce qui représente une augmentation par rapport à la moyenne de 1,3 % enregistrée au cours de la deuxième moitié de 2014. De plus, la croissance au premier trimestre coïncidait avec un recul de 0,8 % du PIB réel du Canada. »

Ce faisant, la RBC a ramené sa prévision de croissance du PIB québécois à 1,3 % pour 2015, alors qu’elle se situait à 1,8 % en juin. L’institution entrevoit une accélération s’étendant à 2016, le PIB devant alors afficher une augmentation de 1,9 % l’an prochain. Chez Desjardins, on se fait plus pessimiste, avec une croissance anticipée de seulement 1,1 % cette année (contre celle de 1,3 % prévue auparavant) et de 1,5 % l’an prochain.

L’économie québécoise subit le ralentissement dans plusieurs secteurs clés, notamment la fabrication, les services publics et la construction non résidentielle. « La construction non résidentielle est susceptible de stagner pendant quelque temps, mais nous prévoyons que la construction résidentielle reprendra sous peu, a ajouté M. Wright. Cette situation, conjuguée à une reprise dans le marché de la revente de maisons, aura un effet positif sur l’économie du Québec. »

Mais l’économiste de la RBC mise surtout sur une amélioration du commerce extérieur, sous l’impulsion des États-Unis et de la chute du dollar canadien. Sur le plan de l’emploi, la croissance est modeste, avec une progression de 1 % en 2015 et de 0,8 % en 2016, « après une immobilisation complète en 2014 ».

Au Mouvement Desjardins, on chiffre la création nette d’emplois à 35 000 travailleurs en moyenne cette année, et à 30 000 l’an prochain, ramenant le taux de chômage de 8 % en août à 7,5 % en 2016. On retient que l’accélération reposera en partie sur une contribution accrue des ménages, sur la fin de la période de recul des investissements des entreprises et sur un rebond des exportations. Il faut cependant retenir que « la faiblesse du dollar canadien s’avère favorable, bien que plusieurs autres devises sur la scène internationale se soient dépréciées par rapport au dollar américain ». Aussi, avec le ralentissement en Asie, « la vitalité du commerce extérieur du Québec continuera donc de reposer en grande partie sur la demande américaine ».

La construction non résidentielle est susceptible de stagner pendant quelque temps, mais nous prévoyons que la construction résidentielle reprendra sous peu

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 23 septembre 2015 07 h 56

    Le rythme

    L'économie québécoise marché au rythme de "l'effet libéral".

  • Donald Bordeleau - Abonné 23 septembre 2015 08 h 48

    PME = 80% des emplois.

    En 1981, le Québec produisait pour 23% du PIB du Canada, en 2006 il produisait pour 20.5% du PIB du Canada et la prévision pour 2030 le Québec ne produira plus que 17.5% du PIB du Canada.

    L'appartenance au Canada est-elle encore souhaitable?

    Comparativement au Canada et les USA le Québec stagne sur plusieurs plans de la productivité et de l'emploi. Mais le Québec ne contrôle que 60% de son économie.

    Un peuple instruit est gage de richesse, l'austérité actuelle coute à chaque ménage 1500$/an avec l'ajout de tarifs et taxes sur les services.

    Le gouvernement doit donné de l'oxygène au PME. L'augmentation de la TVQ va plombé les plans d'affaires des PME. Vraiment pas une bonne
    idée de Coiteux de freiner l'économie de cette façon.

    http://www.iedm.org/files/mai2007_fr.pdf