L’inflation est restée stable à 1,3%

Les aliments achetés en magasin ont augmenté de 4 % en août en dépit du recul du prix du bœuf.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Les aliments achetés en magasin ont augmenté de 4 % en août en dépit du recul du prix du bœuf.

Ottawa — De plus faibles prix à la pompe n’ont pas réussi à contrebalancer une large hausse des prix à la consommation au mois d’août, notamment celle des prix des repas dans les restaurants, révèle le plus récent rapport sur l’inflation de Statistique Canada.

L’inflation annuelle du Canada s’est établie à 1,3 % en août, un niveau inchangé par rapport à celui du mois de juillet, a précisé l’agence fédérale. Les prix des aliments sont ceux qui ont le plus nourri l’inflation le mois dernier, avec leur hausse de 3,6 %, suivis par ceux des boissons alcoolisées et des produits du tabac, ainsi que par ceux des dépenses courantes des ménages.

Par rapport à l’an dernier, les prix des aliments achetés au restaurant ont gagné 2,8 %, tandis que ceux des aliments achetés en magasin ont avancé de 4 %. Le prix du boeuf a cependant reculé pour un deuxième mois de suite.

Sept des huit composantes principales de l’indice des prix à la consommation de l’agence ont affiché des gains. Seul le groupe des transports a retraité de 2,6 %, les prix de l’essence ayant diminué de 12,6 % par rapport au mois d’août 2014. Les prix des véhicules automobiles neufs ont aussi moins augmenté en août qu’en juillet.

L’inflation est surveillée de près par les économistes, à l’affût de tout signe de ralentissement des dépenses des consommateurs depuis que le produit intérieur brut s’est contracté pendant la première moitié de l’année, ce qui a plongé le pays dans une récession technique.

Selon l’économiste Nathan Janzen, de la Banque Royale, la récession du premier semestre n’a pas eu de conséquences sur le marché de l’emploi, ce qui fait en sorte que les ménages ont tenu bon malgré le ralentissement. La bonne performance du marché de l’emploi, jumelée avec le recul des prix de l’essence, fait en sorte que le pouvoir d’achat du Canadien moyen s’est en fait accru, a-t-il ajouté.

« Il n’est pas étonnant de voir que les ménages dépensent toujours et, conséquemment, nous observons une assez bonne demande à la consommation. Cela empêche l’apparition d’une pression à la baisse sur l’inflation à l’extérieur du secteur de l’énergie », a-t-il fait valoir.

L’inflation de base de la Banque du Canada, dont le calcul exclut les produits dont les prix sont plus volatils, s’est établie à 2,1 % en août par rapport à l’an dernier. Le rapport de Statistique Canada était conforme aux attentes des analystes.

L’économiste Arlene Kish, de la firme IHS Global Insight Canada, a estimé dans une note de recherche que les chiffres sur l’inflation semblaient près des prévisions mises de l’avant en juillet par la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire. Selon elle, cela indique que la banque centrale va rester sur les lignes de côté et laisser le marché trouver lui-même sa voie, après avoir abaissé son taux d’intérêt directeur à deux reprises plus tôt cette année.

« Il n’y a pas grand-chose que la banque puisse faire maintenant, à part attendre et voir comment l’économie continue à s’ajuster à la volatilité des prix des matières premières et à la faiblesse de la croissance mondiale », a-t-elle écrit.

À voir en vidéo