Les Canadiens ont certaines réticences au sujet du libre-échange avec l’Europe

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Une majorité de Canadiens s’oppose la disposition du traité de libre-échange canado-européen qui reconnaît aux entreprises le droit de poursuivre les gouvernements.

Un peu plus de 60 % des répondants à un sondage EKOS, réalisé pour le Conseil des Canadiens et dévoilé mercredi, se sont dits opposés à une telle disposition, déjà présente dans l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), leur a-t-on rappelé dans la question, dont le tiers « très opposé », contre seulement 20 % d’appui.

Ce rejet par la population serait un peu moins marqué au Québec, avec un peu plus de 50 % d’opposants et 30 % de partisans, bien que le sous-échantillon dans ce cas soit tellement petit (238 répondants) que la marge d’erreur dépasse les 6 points de pourcentage. Les électeurs du Parti libéral du Canada seraient parfaitement dans la moyenne canadienne, avec 60 % d’opposants, comparativement à 68 % chez les néodémocrates, 49 % chez les conservateurs, 53 % chez les bloquistes et 71 % chez les verts.

« Les Canadiens veulent un accord de libre-échange avec l’Europe, mais cela ne signifie pas que nous voulons également que les multinationales nous poursuivent chaque fois que notre gouvernement adopte un nouveau règlement environnemental », a déclaré Sujata Dey, du Conseil des Canadiens.

Le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE) permet aux premiers de poursuivre les seconds devant des tribunaux ad hoc d’experts s’ils se sentent injustement traités. Cette disposition de l’Accord économique et commercial global (AECG) conclue l’an dernier entre le Canada et l’Union européenne rencontre une forte résistance, notamment en Allemagne et en France, qui y réclament des amendements, sans quoi ils refuseraient de ratifier l’entente.

Une plus forte majorité encore (71 % au Canada et 73 % au Québec) appuie l’idée de demander au Directeur parlementaire du budget à Ottawa de procéder à une étude indépendante d’impact économique de tout traité de libre-échange avant qu’il ne soit ratifié par le Parlement, « comme cela se fait déjà dans plusieurs autres pays ». Seulement 13 % des répondants ont rejeté cette proposition, et à peine plus d’électeurs du Parti conservateur (18 %).

Lancée récemment par la sénatrice libérale, Céline Hervieux-Payette, cette idée a aussi été bien reçue par le principal intéressé, Jean-Denis Fréchette, directeur parlementaire du budget. Il s’est dit prêt et désireux de remplir cette nouvelle mission à condition qu’on lui accorde les ressources financières supplémentaires nécessaires, estimées à 240 000 $ par année.

Réalisée en ligne entre le 8 et le 15 septembre auprès de 1092 Canadiens, l’enquête de la firme EKOS présente une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % 19 fois sur 20.

Intéressé, lui aussi, par les questions commerciales, le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) a profité de la tenue, jeudi, du débat des chefs sur l’économie pour leur demander de s’engager à mener des consultations publiques sur l’AECG dès le lendemain des élections.

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 17 septembre 2015 03 h 29

    Ne soyons pas naifs

    Pêut etre faudrait-il sortir de l'angélisme de certains comme si la richesse n'était pas une lutte pour la vie, n'est ce pas plutot une patente qui sert les dominants et les grands cartels, ne dit on pas que les maitres sont toujours plus a meme de voire venir, avez vous envie que je vous parle de la bataille du bois au Canada, une richesse qui pourtant a toujours été la notre pendant longtemps, il y a quelques décennies nos rivieres en étaient pleines de bois et aujourd,hui on a du mal a garder ouvert quelques plans qui nous restent, nous avons la chance d'avoir des offices de mises en marché efficaces qui satisfont tout le monde qu'est ce que que les cartels veulent, ils veulent les dissoudre , et nous allons dire oui a ces gens, si jamais ca ce faisait que nous restera-t-il, vous y croyez aux promesses d'Harper vous pensez qu'il prendra soin de vous, niet , la seul chose qui l'intéresse c'est le pouvoir avec un grand P

  • François Séguin - Abonné 17 septembre 2015 08 h 32

    Des bloquistes pour une souveraineté... limitée!

    Bizarre. Les partisans d'un parti qui a, pour tout et son contraire, que le mot souveraineté à la bouche, sont les plus ouverts (hormis ceux du parti conservateur) à ce que des multinationales puissent attaquer devant des instances ad hoc les décisions d'États souverains!!! Ouch!

    François Séguin
    Knowlton

  • Marc Lacroix - Abonné 17 septembre 2015 08 h 37

    Laissez le gouvernement des pays aux entreprises ? Jamais !

    Les gouvernements ne sont pas à vendre et jamais les entreprises ne devraient avoir la possibilité de poursuivre des gouvernements qui veulent modifier des lois environnementales. Les gouvernements sont là pour gérer les pays à court, à moyen et à long terme, par contre, les entreprises existent pour faire de l'argent, ici et maintenant; ces deux objectifs sont incompatibles. Accepter de transférer la gestion des nations aux entreprises, c'est d'être complètement naïf... ou manipulateur.

    Les hommes d'affaires ne sont pas au service des populations, mais à leur propre service... et nous savons que certains d'entre eux ne sont pas n'hésitent pas à exploiter tout ce qui est exploitable, alors leur permettre de poursuivre les gouvernements tient de la bêtise !