La Fed prépare sa hausse du taux directeur

Sauf coup d’éclat, la réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale ne devrait pas se terminer mercredi avec une première hausse du taux directeur en neuf ans. Un relèvement plus tard cette année demeure cependant bien en vue sur le radar, la banque centrale voulant éviter de propulser davantage le billet vert.

Il existait une belle unanimité mardi, alors que le comité de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) entamait sa réunion de deux jours. À moins d’un coup de théâtre, l’institution attendra une conjoncture économique plus claire avant de relever son taux directeur pour la première fois depuis 2006, croit-on. Le calendrier d’un retour progressif à la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis pourrait toutefois se préciser, avec la présidente, Janet Yellen, réitérant la nécessité d’un relèvement du taux directeur cette année. Le comité monétaire se réunit encore trois fois cette année, en septembre, octobre et décembre. La plupart des analystes misent sur septembre.

Sur la scène économique, la Fed doit conjuguer avec des statistiques soufflant encore le chaud et le froid, et alors que la chute des cours pétroliers brouille les cartes sur la scène de l’inflation. Une accélération de l’activité au deuxième semestre combinée à une amélioration soutenue du marché de l’emploi demeure toutefois le scénario dominant.

Mardi, le Conference Board soulignait que son indice de confiance des consommateurs avait reculé ce mois-ci à son plus faible niveau depuis septembre. « Les consommateurs s’inquiètent de l’état du marché du travail et sont découragés par les événements en Grèce et en Chine », peut-on lire dans l’article de l’Associated Press. L’indice a reculé à 90,9 points en juillet, par rapport à une lecture révisée à 99,8 points en juin. Le niveau de juillet était le plus faible depuis celui de 89 points atteint en septembre, ajoute l’agence.

Le temps est venu

« Si l’économie évolue comme prévu, la situation devrait justifier à un moment dans l’année d’augmenter les taux fédéraux et de commencer ainsi à normaliser la politique monétaire », avait souligné la présidente dans un discours devant les membres du Congrès américain, le 15 juillet. Les conditions étant réunies, Janet Yellen avait mis en exergue les risques d’un relèvement trop tardif. « Si nous attendons plus longtemps, cela signifiera sans doute que, quand nous déciderons d’augmenter les taux, nous devrons le faire plus rapidement […]. L’avantage de commencer plus tôt est d’avoir des hausses de taux plus progressives. »

Au sortir de la réunion de juin du comité monétaire, la Fed avait maintenu ses taux au plancher, prolongeant le statu quo qui perdure depuis décembre 2008. La banque centrale prenait également acte de la mauvaise performance de l’économie américaine au premier trimestre, et révisait à la baisse ses projections de croissance pour 2015. Mme Yellen reconnaissait du même souffle que le renforcement du dollar américain « exerce un poids sur l’économie qui va probablement continuer à se manifester quelque temps ».

En juin dernier, dans un texte du quotidien Le Monde, les analystes remarquaient la finesse du numéro d’équilibriste auquel s’adonne Mme Yellen, le retour à la normalisation de la politique monétaire ne devant provoquer ni rebond des taux d’intérêt de long terme ni propulsion accrue du billet vert, sous peine de pénaliser la croissance américaine et de peser sur les pays émergents. « Il faut que ce changement de politique monétaire se fasse en douceur, sans choc sur les marchés, d’où son discours particulièrement prudent », disait Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis. D’ailleurs, au cours de sa conférence de presse du 17 juin, Janet Yellen insistait sur le rythme de la remontée des taux. « Celui-ci sera lent et modéré : le cycle de ce resserrement monétaire n’aura rien à voir avec ceux réalisés dans le passé », a-t-on retenu.

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