La volatilité revient

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Les caisses de retraite sont soumises à une volatilité accrue depuis le début de l’année. Les aléas des taux d’intérêt mêlent les cartes.

Dans le récent survol de son « univers de performance », le cabinet Morneau Shepell mesure que les gestionnaires de caisses de retraite ont enregistré un rendement médian (avant frais de gestion) négatif au deuxième trimestre. Ainsi, la solide performance du premier, avec un rendement médian de 6 %, a fait long feu, les données du deuxième trimestre faisant ressortir un rendement de -1,2 % pour un fonds d’investissement diversifié. Au cumul après six mois, le rendement médian n’est plus que de 4,5 %.

L’environnement des marchés financiers a radicalement changé entre les deux périodes. Les marchés boursiers et obligataires avaient connu une forte progression au premier trimestre, accompagnée d’une poursuite de la glissade des taux d’intérêt obligataires. L’inverse s’est produit au deuxième trimestre. Les gestionnaires de fonds diversifiés peuvent toutefois se consoler à l’idée qu’ils ont mieux fait que le portefeuille de référence, qui a offert un rendement négatif de 2,1 % au deuxième trimestre.

Autre consolation, pour les régimes à prestations déterminées cette fois : la situation financière des caisses de retraite s’est cependant améliorée au trimestre en raison de la hausse des taux obligataires utilisés pour déterminer le passif de solvabilité. Jean Bergeron, associé chez Morneau, a souligné que « la hausse de ces taux a fait en sorte que le passif de solvabilité moyen a diminué de façon plus importante que la baisse des actifs des caisses durant le trimestre. En conséquence, la situation financière d’une caisse de retraite moyenne selon l’approche de solvabilité se situe à peu près au niveau où elle était en début d’année ».

Recul généralisé

Au premier trimestre, la baisse des taux avait plutôt provoqué une hausse de 8,6 % du passif de solvabilité, entraînant une détérioration de l’état de santé de ces caisses.

Témoignant de la volatilité accrue, le rendement médian obtenu par les gestionnaires sur les obligations canadiennes au deuxième trimestre a évolué entre +2,7 % et -4,6 % selon l’échéance et les particularités de l’obligation. Ailleurs, les actions canadiennes ont généré un rendement de -1,6 % selon l’indice de référence, alors que l’indice baromètre des actions étrangères a évolué entre -0,6 % et -1,1 % (en dollars canadiens).

Dans un texte de l’Agence France-Presse, il est souligné que « le deuxième trimestre a été très chahuté », avec deux nettes périodes de remontée de taux sur le marché obligataire. Et les tractations autour de la dette de la Grèce n’y sont pour rien, le mouvement baissier ayant débuté avant que le scénario d’un « Grexit » ait été évoqué. « Il y a eu plusieurs éléments déclencheurs : des statistiques économiques meilleures qu’attendu, des déclarations de certains poids lourds du marché affirmant que le niveau des taux était trop bas et appelant à vendre, a précisé Patrick Jacq, un spécialiste du marché de la dette de BNP Paribas. Le marché s’est alors emballé. »

« L’été devrait être plus tranquille, ajoute Jean-François Robin, chez Natixis. Mais à la rentrée, entre la perspective d’une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine et les négociations sur la restructuration de la dette grecque, la volatilité pourrait faire un retour. »