Le déficit a fondu plus vite que prévu

Le ministre des Finances Carlos Leitão a présenté son budget en mars dernier.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le ministre des Finances Carlos Leitão a présenté son budget en mars dernier.

Le déficit de 2014-2015 s’est révélé bien inférieur aux attentes, a annoncé le ministre québécois des Finances vendredi en profitant de l’occasion pour balayer du revers de la main le spectre d’une récession pancanadienne évoqué par deux établissements financiers.

Attendu à 2,35 milliards, le déficit s’est chiffré à 1,81 milliard au 31 mars 2015, selon le plus récent Rapport mensuel des opérations financières à la suite duquel le ministre Carlos Leitão a tenu une conférence téléphonique pour préciser que cela s’expliquait toutefois par des facteurs non récurrents.

M. Leitão a mentionné, entre autres, les résultats d’Hydro-Québec plus forts que prévu et des coûts de programmes inférieurs aux attentes, notamment dans la santé, où des réformes ont été entreprises. Au final, les dépenses totales de programmes ont crû de 1,8 % pour l’année, alors que le gouvernement Couillard avait prévu 2,1 %. En 2013-2014, elles avaient augmenté de 3,3 %.

« Les efforts entrepris pour atteindre l’équilibre budgétaire doivent nécessairement être maintenus », a dit M. Leitão aux journalistes.Les résultats sont encourageants, a-t-il dit, « mais ne nous permettent pas de relaxer ».

Le gouvernement Couillard vise l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Le mois de mars 2015 a montré un déficit de 832 millions, comparativement à un déficit de 1,25 milliard en mars 2014.

« L’année 2015 commence du bon pied au Québec. Je veux m’assurer que tout le monde comprend ça. On parle beaucoup de récession [pour le Canada dans son ensemble], mais au Québec, on commence du bon pied. Le PIB a crû de 0,4 % au premier trimestre, contrairement au Canada et aux États-Unis, où il y a eu une contraction de l’activité économique », a dit M. Leitão.

Le ministre faisait ainsi référence à deux économistes, un de la CIBC et l’autre de la Bank of America, qui se sont demandé cette semaine si les premiers mois négatifs de l’économie canadienne n’annonçaient pas une récession. Une telle contraction désigne généralement six mois de recul de l’activité économique.

« Les prévisions de ces deux institutions sont un peu trop négatives, un peu trop pessimistes. Des querelles d’économistes, on pourrait passer des heures là-dessus. On ne fera pas ça ici, a dit M. Leitão. Au Québec, il n’est pas question de récession. L’économie va mieux que l’an dernier. Il y a une accélération de la croissance et le premier trimestre était positif. Le deuxième aussi va l’être. »

Dans son budget au mois de mars, le gouvernement Couillard a prévu que l’année 2015 se soldera par une croissance de 2 %. Tous les économistes ne partagent pas cette vision. Le Mouvement Desjardins, par exemple, prévoit 1,5 %, alors que les économistes surveillés par l’agence de notation DBRS attendent 1,8 %.

Québec tient toutefois à ses prévisions publiées dans le budget, a dit M. Leitão.

Devant l’insistance des journalistes, le ministre a reconnu que le contrôle des dépenses serré de Québec pouvait avoir un « fiscal drag [frein fiscal] » sur la croissance économique.

« La prévision de 2 % de croissance économique pour 2015 et 2016 comprend déjà ça, a dit M. Leitão. C’est difficile d’être précis, car il y a des facteurs qui s’ajoutent, comme le pétrole, le dollar canadien, les mesures fiscales à Ottawa, etc. Séparer ces éléments, c’est un peu hasardeux. »

 

Variations des dépenses

L’évolution des dépenses varie beaucoup d’une mission à l’autre, indique le rapport publié vendredi. Alors que celles pour la santé et les services sociaux ont augmenté de 4 %, celles du soutien aux personnes et aux familles ont crû de 1 %. L’économie et l’environnement ont été soumis à une compression de 3,6 %.

Quant aux revenus autonomes, leur croissance a été de 2,3 %, un peu plus que la prévision de 2,1 %.

Le ministre a insisté sur le fait que ces résultats sont « préliminaires » et que les données finales seront connues à l’automne 2015.

En 2013-2014, les dépenses de programmes avaient augmenté de 3,3 %, a rappelé M. Leitão, en précisant que ce rythme était supérieur à celui des revenus autonomes (2,7 %). « Nous avons réussi non seulement à ralentir la croissance des dépenses de façon importante, mais aussi à nous assurer que les revenus sont au rendez-vous, surtout car l’économie québécoise a mieux fait en 2014 qu’en 2013. »


 
6 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 4 juillet 2015 08 h 47

    Bravo les champions

    C'est juste plate que vous ne serez plus là pour réparer les nombreux pots cassés qui resteront longtemps après votre passage au pouvoir. Car ce n'est pas maintenant qu'on peut le voir le désastre de vos mesures mais dans un avenir proche les gens réaliseront toute la portée de l'austérité que vous leur faites subir.

    Un gros merci de la part des Québécois pour votre beau projet de société Libéral.

  • Jean-François Trottier - Abonné 4 juillet 2015 11 h 26

    Des prévisions qui changent de 500 milions ?

    En un an ??
    Après un effort de contrôle sans précédent dans l'histoire du Québec ???

    C'est vaiment rire du monde. Le ministre fait très clairement de la fausse représentation, et avec lui tout le parti au pouvoir.

    Jusqu'à maintenant le chef d'orchestre et les chefs de pupitre de cet ensemble parfaitement à l'unisson (????) ont toujours eu la décence de mentir, via promesse, sur le futur. Maintenant le passé les rattrape et ils doivent mentir sur le présent.

    La grosse farce disant que "la situation est plus catastrophique que prévu" alors q'ils venaient tout juste de quitter le pouvoir, devient maintenant "on peut réduire les impôts" pour justifier le futur déficit et la prochaine oeuvre de démolition de l'État.

    Facile à prévoir :
    Le Canada se dirige probablement vers une récession à court terme. Si celle-ci n'advient pas tout de suite, alors la fragilité des marchés des matières premières la provoquera un peu plus tard.

    On ne peut pas prévoir exactement quand arrivera la prochaine crise, mais on peut certainement dire qu'elle arrivera, tout aussi sûr que le jour suit la nuit.
    Ce jour-là. le Québec n'aura aucune réserve, comme ce qui est arrivé en 2009, et empruntera pour sauver les meubles. Et bang! Ensuite on coupera les services pour payer la dette, comme nous le faisons actuellement suite aux errements de Charest.
    Il s'agit d'instaurer l'austérité comme une façon de (di)gérer l'État.

    Ma question : Mais qui a voté pour ces gens qui veulent voir leur poste disparaître ?

    Ils détestent l'État!!

    • Jacques Patenaude - Abonné 4 juillet 2015 21 h 29

      L’évolution des dépenses varie beaucoup ........ celles pour la santé et les services sociaux ont augmenté de 4 %, celles du soutien aux personnes et aux familles ont crû de 1 %. L’économie et l’environnement ont été soumis à une compression de 3,6 %.

      Que dire de plus il me semble que c'est clair non!!!
      On nous prend pour des valises.
      En passant on ne paie pas la dette même actuellement, on place l'argent dans un fond d'épargne qu'on dit intergénérationnel qui n'a aucun objectif clair sinon celui d'occasionner des frais de gestions qui entretiennent nos boursicoteur.

  • Donald Bordeleau - Abonné 5 juillet 2015 00 h 30

    Triste période à traverser.


    J'ai rencontré plusieurs jeunes travailleurs ayant perdus leur emplois dans le secteur social.

    C'est triste de voir cette jeunesse prise au piège par les mesures d'austérité qui aujourd'hui doivent tout recommencer pour se faire une nouvelle carrière.

    Ont-ils votés pour perdre leur emplois?

  • Donald Bordeleau - Abonné 5 juillet 2015 00 h 44

    Mars est le mois des impôts. Mais les autres seront moins prolifiques pour le trésor.

    C'est la situation actuelle qui est probablement un début du renouveau du mouvement souverainiste qui sera augmenté par les erreurs de la gestion des fédéralistes au Québec.

    «Je suis tellement fier de ce que nous sommes» dit Monsieur Coiteux. Je me garderais une petite gêne pour Monsieur Coiteux. Il sait bien que rien n'est facile en voyant tous les problèmes des contrats passés et actuels pour les dépassements des coûts. Il doit augmenter la TVQ d'au moins de 3%, car les revenus ne sont pas au rendez-vous suite au retrait de 4 milliards par année du à l'austérité du gouvernement. Se sont des vases communicants qui seront très négatifs.

    Le pire est avenir car le PIB stagne alors que notre balance commerciale est en baisse depuis 5 ans.

    grosse épine pour le PLQ.

    Il faudra réparer les pots cassés dans quelques années en rachetant les contrats en PPP pour économiser 5 milliards et aussi des actions pour remettre en état les ministères de l'éducation et de la santé. Malgré les séquelles, le PLQ sera probablement réélu minoritaire en avril 2019. La CAQ sera un parti moribond qui sait fait voler ses politiques par le PLQ.

    La bonne nouvelle pour le PLQ dans tout cela est que les dommages à l'état du Québec vont réduire les chances des souverainistes de faire du Québec un pays.

    Mais cela semble un coup de dé car il est fort probable que le désastre laissé par le PLQ tourne autrement. L'idée de la souveraineté sera encore fortement sur les radars dans 10 ans. Mais cela dépendra des acteurs du moment, c'est probablement une période palpitante de la politique Québécoise de cette décennie.

  • Denis Paquette - Abonné 5 juillet 2015 11 h 52

    Des apeureux de corneilles

    N'est- il pas connu que pour ces gens que leur rôle de ministre est plus important que l'état qu'ils ne sont dans les faits que des sortes de porte-voix qui évolus au grés des circonstances, un jour c'est la catastrophe le lendemain c'est le beau fixe, quels girouettes, genre apeureux de corneilles comme disait mes parents