Le marché immobilier reste très actif

Les Canadiens s’attendent à se libérer de leur prêt hypothécaire à l’âge de 59 ans.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les Canadiens s’attendent à se libérer de leur prêt hypothécaire à l’âge de 59 ans.

Le marché de la revente immobilière n’a jamais été aussi actif depuis cinq ans. Le fossé régional s’est cependant creusé, sous la pression des grands centres en surchauffe.

L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a souligné que la revente résidentielle était en hausse en mai pour un quatrième mois consécutif. À l’échelle canadienne, la progression atteignait 3,1 % par rapport à avril, poussant l’activité à son plus haut sommet en plus de cinq ans, a-t-elle précisé. « Les ventes en mai étaient supérieures à celles du mois précédent dans environ 60 % des marchés locaux, notamment dans la région du Grand Toronto, à Calgary, Edmonton, Ottawa et Montréal. »

La présidente de l’ACI, Pauline Aunger, croit que l’augmentation annoncée des primes d’assurance prêt hypothécaire lorsque la mise de fonds est inférieure à 10 %, en vigueur à partir de juin, a incité certains acheteurs à se hâter ou à devancer leur transaction. Mais la vigueur sous-jacente persiste. « Les ventes réelles (non corrigées des variations saisonnières) en mai étaient de 2,7 % supérieures aux niveaux rapportés au cours du même mois l’année dernière, et à 5,7 % au-dessus de la moyenne notée au cours des dix dernières années durant ce mois », a ajouté l’ACI.

D’une année à l’autre, les ventes ont augmenté dans la moitié des marchés locaux, dont dans le Grand Toronto et le Grand Montréal.

Le nombre de maisons nouvellement inscrites était pratiquement inchangé (-0,2 %) en mai. Ce faisant, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions se situait à 57,6 % en mai contre 50,4 % en janvier « lorsqu’il a atteint son point le plus équilibré depuis mars 2013 ». L’ACI rappelle qu’on considère un marché de l’habitation comme équilibré lorsque ce ratio oscille entre 40 % et 60 %.

Les prix ont suivi. Le prix moyen réel (non corrigé des variations saisonnières) des maisons vendues s’élevait à 450 886 $, en hausse de 8,1 % entre les mois de mai 2014 et 2015. En excluant le Grand Vancouver et le Grand Toronto, « qui comptent parmi les marchés de l’habitation les plus vigoureux et les plus chers au Canada », la hausse d’une année à l’autre est de 2,4 %.

Derrière cette effervescence se profile une hausse des taux. Selon un sondage Pollara réalisé pour la Banque de Montréal, 60 % des répondants s’attendent à une augmentation des taux d’intérêt au cours des cinq prochaines années, 48 % d’entre eux prévoyant une faible augmentation, et 12 %, une augmentation importante. Mais l’impact sera minime, 67 % des détenteurs d’un prêt hypothécaire possédant un prêt à taux fixe. « Le fait qu’un pourcentage non négligeable des répondants au sondage s’attend à ce que les taux d’intérêt n’augmentent pas au cours des cinq prochaines années en dit long sur la faiblesse des taux actuels et le temps depuis lequel cette situation perdure », a cependant retenu Sal Guatieri, économiste principal, BMO Marchés des capitaux.

Les résultats du sondage révèlent également qu’en moyenne les Canadiens s’attendent à se libérer de leur prêt hypothécaire à l’âge de 59 ans, en légère hausse par rapport aux 58 ans estimés au cours des deux dernières années. Au Québec, l’âge de la « libération » atteint 61 ans, soit le plus élevé au Canada avec la Colombie-Britannique.

On peut y lire toutefois qu’ils sont nombreux à croire qu’ils feront encore des versements hypothécaires lorsqu’ils atteindront l’âge de 65 ans. Cela vaut pour 31 % des répondants.