L’économie québécoise va rebondir

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

L’activité économique devrait rebondir au Québec cette année et l’année prochaine même si l’on ne pourra pas compter sur la contribution des gouvernements, ni celle du secteur immobilier ni celle de l’investissement des entreprises, prédit le Conference Board du Canada.

Après plus de trois ans à végéter à un taux moyen 1,3 %, la croissance réelle de l’économie québécoise devrait remonter à 2,2 % cette année, et 2,6 % l’année prochaine, a annoncé jeudi la firme de recherche. Ce sera mieux que l’économie canadienne, qui a connu une croissance de 2,4 % l’an dernier, mais qui ne devrait pas pouvoir faire mieux que 1,9 % cette année, et 2,2 % l’an prochain, plombée notamment par la performance des provinces pétrolières. Le rebond de la croissance au Québec s’y répercutera sur la situation de l’emploi, entre autres, le taux de chômage devant reculer d’une moyenne de 7,8 % l’an dernier, à 7,4 % cette année.

Ce retour à une croissance plus vigoureuse au Québec sera d’autant plus remarquable qu’elle devra se passer de la contribution des gouvernements, dont la croissance des dépenses reculera de 2,1 % à 1,2 % cette année. Il ne faudra pas non plus compter sur le secteur immobilier, où les constructions neuves comme la revente semblent avoir atteint leur limite avec une croissance qui devrait être presque nulle (0,3 %) en 2015.

Le principal moteur de l’expansion économique restera la consommation des ménages, prévoit le Conference Board, à la faveur de l’amélioration de la situation de l’emploi et de la marge de manoeuvre financière supplémentaire apportée par la baisse des prix de l’essence. Les exportateurs québécois et l’ensemble du secteur manufacturier profiteront aussi de l’effet combiné de l’accélération de l’activité économique aux États-Unis et de la baisse de la valeur du dollar canadien.

La reprise des exportations et le rebond de la croissance économique en général devraient normalement se traduire par une augmentation de l’investissement des entreprises. C’est le contraire pourtant qui va se produire, pense le Conference Board, avec non pas une hausse, mais un recul d’un peu plus de 3 % cette année aussi bien dans les dépenses en bâtiment qu’en machinerie et en équipement de production. Ironiquement, cette désaffection serait entre autres attribuable à l’augmentation du prix relatif des équipements produits à l’étranger avec la dépréciation du huard, mais aussi à « un pessimisme grandissant au sein des entreprises ».

Le Conference Board voit un facteur qui pourrait nuire au rebond qui se dessine dans l’économie québécoise. Il s’agit des négociations dans le secteur public et du risque qu’elles mènent cet automne « à une mobilisation syndicale à grande échelle qui perturberait l’économie ».

À voir en vidéo