Avril a été plus doux au Québec qu'au Canada

Un employé d’un centre d’appels à Montréal. Au Québec, 26 900 emplois à temps partiel ont disparu en avril, remplacés par 38 600 emplois à temps complet, pour un gain net de 11 700 emplois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un employé d’un centre d’appels à Montréal. Au Québec, 26 900 emplois à temps partiel ont disparu en avril, remplacés par 38 600 emplois à temps complet, pour un gain net de 11 700 emplois.

Ottawa — Le contraste s’est poursuivi en avril sur le marché du travail. L’économie canadienne a perdu 19 700 emplois le mois dernier, alors que le Québec inscrivait un gain net de 11 700.

Le taux de chômage canadien est resté stable à 6,8 % en avril pour un troisième mois de suite, a précisé vendredi Statistique Canada. Selon l’enquête sur la population active de l’agence fédérale, le pays a accueilli 46 900 nouveaux emplois à temps plein mais en a abandonné 66 500 autres à temps partiel entre les mois de mars et avril. Le déclin d’avril fait suite à la création de 28 700 emplois en mars.

L’économie a aussi vu une perte nette de 19 900 emplois dans le secteur public, tout en enregistrant un gain net de 24 200 emplois dans le secteur privé. Aussi, le taux de chômage chez les jeunes a grimpé à 13,6 % le mois dernier, alors qu’il était de 13 % en mars. Les données ont fait état de la disparition de 13 200 emplois le mois dernier pour les jeunes travailleurs, soit ceux âgés de 15 à 24 ans, par rapport au mois précédent.

L’Alberta résiste

La province de l’Alberta, le coeur du secteur de l’énergie au Canada, a été le théâtre de la création nette de 12 500 emplois le mois dernier — même si le secteur des ressources naturelles de la province a cédé 3500 emplois dans le contexte de la faiblesse des prix du pétrole. Ce secteur comptait 17 200 emplois de moins qu’au même mois l’an dernier, une baisse de 9,5 %, mais son taux de chômage est resté à 5,5 %.

Le Québec s’est démarqué. La disparition de 26 900 emplois à temps partiel a été plus que contrebalancée par l’ajout de 38 600 emplois à temps plein, pour un gain net de 11 700 emplois, ou de 0,3 %. Il s’agit d’un quatrième gain mensuel consécutif. Le taux de chômage de l’économie québécoise a diminué de 0,1 point à 7,4 %.

Le taux d’activité croît de 0,1 point et s’établit à 65 %, contre un recul de 0,1 point à 65,8 % au Canada. Le taux d’emploi est également en hausse, de 0,2 point, à 60,2 % au Québec, contre un recul de 0,1 point, à 61,3 %, au Canada, selon l’Institut de la statistique du Québec.

En Ontario « le marché du travail a été moins dynamique depuis le début de l’année. Après trois mois de croissance modeste de l’emploi, avril s’amène avec une baisse qui se chiffre à 14 300 selon Statistique Canada », a ajouté Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. Le taux de chômage en Ontario se situait à 6,8 % le mois dernier.

68 700 emplois sur un an au Québec

Depuis le mois d’avril 2014, le marché du travail de l’ensemble du pays a accueilli 139 100 nouveaux employés, soit une hausse de 0,8 %, notamment grâce à la création nette de 165 800 emplois à temps plein. En Ontario, le gain net a été de 11 500 emplois, ou de 0,2 %, contre 68 700, ou +1,7 % au Québec.

Depuis décembre, le Canada a créé 43 400 emplois, l’Ontario 2800 seulement et le Québec, 49 800. « Depuis le début de l’année, le Québec se classe en tête avec 50 000 nouveaux postes nets créés, compensant largement les pertes nettes d’emplois dans le reste du Canada (-6000) », a renchéri Krishen Rangasamy, économiste principale à la Financière Banque Nationale.

Dans une note à ses clients, l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, a estimé vendredi qu’il n’était pas étonnant de voir les chiffres reculer en avril, puisque l’économie du Canada n’a essentiellement pas affiché de croissance pendant les trois premiers mois de 2015. Shenfeld a expliqué la baisse des chiffres d’ensemble par le déclin du secteur du commerce, qui a perdu 20 500 emplois, ainsi que par celui de la construction, qui a laissé 28 400 emplois. « Dans l’ensemble, ce n’est pas une bonne manchette, mais dans les détails, ce n’est pas si pire », a écrit M. Shenfeld.

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