Bombardier veut réduire ses coûts; des mises à pied sont possibles

Après avoir confirmé qu’une partie de sa division transport fera son entrée en Bourse, Bombardier (TSX : BBD.B) veut maintenant se serrer la ceinture, une décision qui risque d’avoir des répercussions pour ses employés.

C’est d’ailleurs à Montréal et Toronto que pourraient avoir lieu les premières mises à pied en raison de la demande plus faible pour certains avions d’affaires de Bombardier.

«Ce sont des décisions difficiles, a reconnu jeudi son président et chef de la direction, Alain Bellemare. À chaque fois qu’on parle de décisions qui vont avoir un impact sur la main-d’œuvre, il faut le faire avec beaucoup de diligence.»

Pour le moment, ce sont les Global 5000/6000 qui sont concernés par une baisse de la demande en provenance de la Chine, où la croissance économique est moins vigoureuse, de la Russie ainsi que de l’Amérique latine.

La majeure partie des 4500 employés affectés à l’assemblage et la finition de ces appareils d’affaires se trouvent à Toronto, alors que les autres travaillent dans la région montréalaise (Dorval).

«Nous voulons nous assurer de regarder la situation sous tous les angles et de s’assurer de passer au travers de toute l’entreprise», a expliqué aux journalistes M. Bellemare lors d’une conférence de presse.

Il a toutefois rappelé que les licenciements ne sont pas le seul outil à la disposition de l’entreprise, qu’elle pourrait aussi réduire ses dépenses du côté de sa chaîne d’approvisionnement ainsi qu’auprès de ses fournisseurs.

En janvier dernier, la suspension du programme du nouvel avion d’affaires Learjet 85 avait entraîné le licenciement de 1000 personnes au Mexique ainsi qu’à Wichita, au Kansas.

Quelques actionnaires ont par ailleurs profité de l’assemblée pour faire part de leur mécontentement à M. Bellemare en ce qui a trait à la décision de Bombardier de suspendre son dividende ainsi que la faible performance de son action.

«Je comprends votre déception ainsi que votre frustration, a-t-il répondu. Nous reconnaissons qu’il y a des défis devant nous, mais nous prenons des moyens rapides afin d’améliorer notre situation.»

Pas de vente dans le transport

Si Bombardier prépare un premier appel public à l’épargne (PAPE) pour sa division ferroviaire, son patron a précisé à maintes reprises qu’elle allait demeurer sous l’égide de l’entreprise.

«Bombardier Transport n’est pas à vendre, a tranché M. Bellemare. Les rumeurs de vente ne partent pas de nous, mais de personnes qui aimeraient nous voir vendre.»

Prévu pour le quatrième trimestre, le PAPE devrait se faire à la Bourse de Francfort, en Allemagne, où se trouve le siège mondial de Bombardier Transport.

M. Bellemare a expliqué que ce processus devrait permette à l’entreprise de déterminer la valeur de sa division transport, que certains analystes évaluent à environ 5 milliards $US.

Il n’a pas voulu dire quel montant souhaitait obtenir Bombardier, se limitant à dire qu’une «participation minoritaire» serait offerte dans le cadre du PAPE.

Une partie du montant recueilli devrait être utilisée afin de financer les coûteux programmes de la division aéronautique, comme ceux de l’avion commercial CSeries et des appareils d’affaires Global 7000/8000.

«C’est clair qu’il y a des synergies avec Bombardier Transport et Bombardier Aéronautique, a analysé M. Bellemare. Ce sont deux entreprises complémentaires qui nous permettent de passer à travers les cycles du marché.»

L’avionneur a par ailleurs fait savoir que Swiss International Air Lines – une division de Lufthansa – sera le premier transporteur aérien à recevoir les CS100, au cours de la première moitié de l’année 2016.

M. Bellemare, qui avait affirmé dans le passé que les premières livraisons se feraient dès le début de la prochaine année, a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un autre délai pour la CSeries.

«L’entrée en service répond aux besoins du client, a-t-il précisé. [Swiss], selon le contrat, [sera prêt] vers le milieu de l’année.»

Quant à sa performance pour le premier trimestre terminé le 31 mars, Bombardier a vu ses profits fléchir de 13 % pour s’établir à 100 millions $US, ou cinq cents par action.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, son bénéfice a été de 170 millions $US, ou neuf cents par action, en progression de 12,5 % par rapport à la même période l’an dernier.

Cette performance a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un bénéfice ajusté par action de quatre cents.

Les revenus totaux de Bombardier sont demeurés stables, à 4,4 milliards $US, alors que la progression dans le secteur de l’aéronautique a contrebalancé le recul dans la division transport.