L’adhésion de l’Ontario donnerait des ailes au marché du carbone

Photo: Nathan Denette La Presse canadienne

La perspective de l’adhésion ontarienne au marché du carbone qui lie le Québec et la Californie, éventée vendredi en première page du Globe and Mail, est bien accueillie et fait dire à un acteur influent qu’un tel trio pourrait convaincre d’autres gouvernements d’emboîter le pas.

Selon le Globe and Mail, l’Ontario annoncera dans les prochains jours qu’il se dotera lui aussi d’un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de carbone (SPEDE), privilégiant cette avenue plutôt qu’une taxe carbone comme celle de la Colombie-Britannique.

Les systèmes de plafonnement, appuyés par les écologistes mais aussi par le milieu des affaires et des gouvernements un peu partout dans le monde, font en sorte que les entreprises excédant leurs émissions autorisées doivent acheter des droits tandis que celles qui en émettent moins peuvent vendre les leurs.

L’encadrement des émissions par des droits échangeables a contribué à diminuer le phénomène des pluies acides dans les années 90. Sa nouvelle incarnation est, aux yeux des participants, un passage obligé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Citant des sources sous le couvert de l’anonymat, le Globe and Mail a écrit que le ministre ontarien de l’Environnement, Glen Murray, va présenter le plan à ses collègues d’ici quelques jours. Une annonce serait ensuite faite au cours d’un sommet interprovincial qui aura lieu le 13 avril à Québec sur le thème des changements climatiques.

Le cabinet du ministre québécois du Développement durable et de l’Environnement, David Heurtel, n’a pas souhaité faire de commentaires vendredi, mais il a convenu que l’adhésion de l’Ontario au marché du carbone serait vue comme une excellente nouvelle. Certains ont déjà déploré le fait que le Québec n’a encore qu’un seul partenaire à l’échelle nord-américaine.

Le marché du carbone québécois couvre maintenant 85 % des émissions, y compris celles des transports, et les enchères de droits devraient générer d’ici 2020 la somme de 3,3 milliards, versée au Fonds vert. Le système est la pierre angulaire du plan visant à réduire, d’ici 2020, les émissions de 20 % sous le niveau de 1990.

« C’est une nouvelle très excitante et importante pour nous, car l’Ontario sera un partenaire important », a affirmé par courriel Gary Gero, président du Climate Action Reserve à Los Angeles. Cet organisme influant dans le marché du carbone abrite le California Climate Action Registry, créé par le gouvernement californien en 2001 pour faire l’inventaire des gestes posés par les entreprises afin de réduire leurs émissions.

« Je crois que ça sera un moment charnière et que leur direction saura convaincre d’autres États et provinces à se joindre à notre partenariat dans la lutte contre les changements climatiques »,a ajouté M. Gero.

La pression se fait de plus en plus forte pour que l’Ontario se joigne au marché, M. Gero y ayant contribué il y a deux semaines lors d’une conférence au salon Americana au centre-ville de Montréal. M. Murray était alors dans la salle parmi l’auditoire.

En Californie, les enchères de droits ont généré des revenus de 1,4 milliard en 2013 et de 1,2 milliard en 2014. La dernière vente, organisée en février, a permis à l’État de récolter 1 milliard. Les droits vendus lors de cette opération portent sur les années 2015 et 2018.

L’Ontario a récemment mené une consultation publique dans plusieurs villes afin d’élaborer sa stratégie de lutte contre les changements climatiques. Le document de consultation publié au début de l’exercice mentionnait deux avenues de tarification du carbone : un système de plafonnement et une taxe carbone. Certains ont été immédiatement convaincus que la province choisirait un système de plafonnement parce que le document évoquait le besoin de « garantir la certitude » de la réduction des émissions.

En début de semaine, un regroupement d’entreprises et d’associations industrielles a appuyé la démarche du gouvernement ontarien en insistant sur le besoin de miser sur la transparence du prix qui sera rattaché aux émissions de carbone.

Pour en savoir plus

Voir la répartition des sources d'émission de gaz à effet de serre au Québec

Source: Plan d'action sur les changements climatiques 2013-2020, ministère de l'Environnement et du Développement durable
1 commentaire
  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 4 avril 2015 08 h 20

    avant tout ceci..

    Avant toutes choses pourquoi ne pas brancher les Ontariens sur nos lignes hydro electriques, cela ferait baisser leurs emissions de carbone emisent par leurs centrales hyper polluantes...
    Quand aux marches de carbone, c'est comme la lutte a l'evasion fiscale, quand tout le monde ( la vaste majorite) ne s'y plie guere, les resultats sont illusoires.