La qualité de l’emploi au Canada se détériore

Toronto — La qualité des emplois au Canada a atteint un creux record et rien ne laisse présager une amélioration, estime la Banque CIBC.

Son indice de qualité de l’emploi — qui mesure la répartition des emplois à temps plein et partiel, l’écart entre les travailleurs autonomes et salariés ainsi que le classement des salaires des emplois rémunérés à temps plein dans plus de 100 groupes sectoriels — est descendu de 1,8 % depuis l’an dernier. L’institution financière explique que cette baisse est davantage structurelle que cyclique et que la politique monétaire ne pourrait renverser cette tendance.

L’économiste en chef adjoint et créateur de l’indice de qualité de l’emploi de la Banque CIBC, Benjamin Tal, affirme que le principal facteur de la baisse de qualité est la hausse de postes à temps partiel, qui a augmenté beaucoup plus rapidement que celui des emplois à temps plein. Les dommages causés à l’emploi à temps plein à chaque nouvelle récession sont, en quelque sorte, permanents, dit-il.

Un point positif ressort toutefois de l’étude : au cours de la dernière année, le nombre de postes à temps plein a augmenté deux fois plus vite que le nombre d’emplois à temps partiel. Cela a donc contribué légèrement à compenser pour la baisse de l’indice.

« La Banque du Canada continue de nous prévenir que la situation n’est pas aussi encourageante que le laisse croire le taux de chômage et, en fait, selon sa nouvelle mesure améliorée de l’activité sur le marché du travail, les ressources inutilisées demeurent nombreuses », affirme Benjamin Tal.

M. Tal souligne que le nombre d’emplois à temps partiel a augmenté beaucoup plus rapidement que celui des emplois à temps plein depuis la fin des années 1980, ce qui est souvent perçu comme le plus important point de repère pour mesurer la qualité de l’emploi. L’indice met en lumière une tendance similaire en ce qui concerne les travailleurs salariés et les travailleurs autonomes canadiens. « Le nombre de travailleurs autonomes affiche une progression bien plus marquée depuis 25 ans et, l’an dernier, ce nombre a augmenté quatre fois plus rapidement que le nombre de travailleurs salariés. »

Le troisième facteur principal mesuré par l’indice est le classement des salaires des emplois rémunérés à temps plein. « Les emplois à temps plein mal rémunérés ont augmenté plus rapidement que les emplois moyennement bien rémunérés qui, à leur tour, ont connu une croissance plus forte que les emplois très bien rémunérés », a souligné M. Tal. « Durant l’année qui s’est terminée en janvier 2015, le nombre d’emplois à temps plein mal rémunérés a augmenté deux fois plus rapidement que le nombre d’emplois très bien rémunérés. »

Par province, l’indice de la qualité de l’emploi a reculé de 3 % en Alberta. Des baisses semblables ont été constatées en Saskatchewan et au Manitoba, alors que la qualité de l’emploi a diminué de 4 % en Ontario. Une tendance contraire a été observée en Colombie-Britannique, dans le Canada atlantique et au Québec, où la qualité de l’emploi s’est améliorée.

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