Dégel de l’emploi en janvier

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

L’économie québécoise a connu en janvier son meilleur mois depuis mars 2014, avec l’apparition de 16 000 emplois, soit la moitié de la création de postes observée dans le marché du travail pancanadien.

Les nouvelles données de Statistique Canada, qui surviennent dans un contexte de baisse des taux d’intérêt et d’un dollar faible éventuellement favorable au Québec et à l’Ontario, montrent que le taux de chômage québécois est passé de 7,5 à 7,4 %.

Les données mensuelles sont généralement prises avec un grain de sel par les spécialistes, mais l’analyse se fait un peu plus insistante dans le contexte d’une reprise économique et d’un marché de l’emploi dont le bilan de 2014 n’a pas été particulièrement reluisant.

Le Parti libéral a saisi la balle au bond en affirmant que « près de 35 000 emplois » ont été créés depuis son élection en avril 2014, un chiffre auquel il arrive grâce à l’addition et à la soustraction de tous les totaux mensuels de création d’emplois nette depuis mai 2014. Les libéraux de Philippe Couillard ont promis en campagne électorale que 250 000 emplois verraient le jour sur cinq ans, mais la performance difficile de 2014 a mis du sable dans l’engrenage.

Beaucoup de temps partiel

La vigueur du marché de l’emploi en janvier repose cependant sur les postes à temps partiel, car les données de Statistique Canada font état de la disparition de 4400 emplois à temps plein. Le scénario favorisant l’emploi à temps partiel est aussi observable en Ontario.

« On constate que le marché de l’emploi a piétiné depuis janvier 2013 et que les données de Statistique Canada publiées ce matin font mentir la tendance », a écrit le Mouvement Desjardins. Le portrait « change peu » et il faudra plus de temps pour « modifier le diagnostic établi ».

La création d’emplois au Québec arrive aussi au moment où souffle une certaine reprise économique, mais des économistes ont déploré que la forte croissance observée aux États-Unis n’ait pas plus d’impact de ce côté-ci de la frontière.

Le secteur de la fabrication semble se stabiliser un peu depuis deux mois, mais les Manufacturiers et exportateurs du Québec refusent de « pousser l’optimisme ». « D’autant plus que le taux de croissance annuel a chuté de -2,7 % en décembre à -3,4 % en janvier, s’enlisant dangereusement en territoire négatif », a écrit son économiste, Audrey Azoulay.

Chômage en baisse au Canada

Au Canada, 35 400 emplois ont vu le jour. Le taux de chômage est passé de 6,7 % à 6,6 %. En Ontario, il a glissé de 7 % à 6,9 %.

« Après deux baisses mensuelles consécutives (une première depuis le début de 2012), l’emploi au Canada a fortement rebondi en janvier, a noté la Banque Nationale. Il y avait de quoi s’étonner vu la faiblesse des prix de l’énergie et la récente contraction des mises en chantier résidentielles, qui auraient pu nuire au marché de l’emploi. Mais ces inquiétudes ne se sont pas encore matérialisées. »

Il est convenu que la récente chute des cours du pétrole aura un effet négatif sur le résultat global du produit intérieur brut canadien mais que certaines régions, comme le Québec et l’Ontario, pourraient en bénéficier à cause de l’impact favorable de la baisse du dollar sur les exportations.

Le Conference Board a récemment estimé que la descente du cours du pétrole aura un impact négatif de 0,4 % sur la croissance de l’économie canadienne. Cependant, elle ajouterait 0,8 % à celle du Québec.

L’économie québécoise a crû de 1,1 % en 2013. Sur les dix premiers mois de 2014, la croissance a atteint 1,5 %, selon l’Institut de la statistique. Pour 2015, le ministre des Finances, Carlos Leitão, prévoit une croissance de 1,9 %.



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