Distributel a franchi une nouvelle étape

Après avoir discrètement déployé son offre au cours des derniers mois, Distributel se lance à la poursuite des joueurs comme Bell, Rogers et Vidéotron avec un service de télédistribution qui rejoint déjà, selon elle, le tiers des ménages canadiens.

Connue pour ses services de téléphonie et d’accès Internet, Distributel s’est associée à une entreprise ontarienne, Zazeen, qui a négocié des douzaines d’ententes avec des propriétaires de chaînes afin de pouvoir revendre les signaux.

Depuis longtemps, les petits fournisseurs d’accès Internet reprochent aux grandes sociétés de vendre à prix très élevé l’accès à leurs services de gros. Le CRTC, qui réglemente ce créneau, s’est penché sur la question lors d’audiences à l’automne mais n’a pas encore publié de décision.

« Pendant longtemps, nous avions la capacité de nous lancer, mais la structure de coûts imposée par le CRTC est très lourde. Nous avons quand même décidé que le moment était venu, plutôt que de continuer à dire, de notre côté, que c’est trop cher et que le CRTC continue à dire qu’il n’a pas besoin de s’occuper de ça parce que personne ne s’en sert », a dit lors d’une entrevue téléphonique Matt Stein, qui occupe la présidence de Distributel depuis mai 2014.

Bassin de clients

Distributel, dont le service télé doit être pris avec un forfait Internet, affirme avoir un bassin d’environ 200 000 clients au Québec et en Ontario. « L’intérêt est substantiel et le degré d’adhésion est étonnamment bon », a ajouté M. Stein, qui travaillait auparavant chez Primus comme chef de la technologie. Il a cependant refusé de préciser le rythme auquel l’entreprise a réussi à séduire ses clients à son offre télévisuelle.

Le plus grand défi, selon lui, est lié à la structure de coûts. « C’est un secteur où les marges sont faibles. C’est très difficile de fonctionner en trouvant des façons de le faire avec profit. Nous avons ajusté cela de manière à pouvoir procéder au lancement », a dit M. Stein.

 

« En amont de ça, il y a l’acquisition des droits, ce qui implique d’acheter du contenu auprès de gens qui n’ont pas vraiment le goût de nous le vendre »,a dit M. Stein. Les forfaits comprennent plusieurs chaînes, de RDS à BBC Canada en passant par TV5, les chaînes américaines et celles de base, comme Radio-Canada et TVA. Cette négociation visant à mettre la main sur des contenus a été menée par Zazeen, qui détient les licences nécessaires à titre d’« entreprise de distribution de radiodiffusion », alors que les travaux de nature technologique relèvent de Distributel. Il a fallu deux ans de préparation.

Le CRTC n’a pas fixé de date pour la publication d’une décision dans le dossier des services de gros, mais Distributel a bon espoir que cette décision sera favorable aux petits joueurs. « De la même manière que le CRTC a tranché dans la téléphonie locale dans les années 90, a dit M. Stein. Le CRTC veut favoriser la concurrence parce que c’est bon pour les Canadiens. »