L’OPEP ne réduira pas sa production, même à 20 $US le baril

Riyad — L’OPEP ne va pas réduire sa production même si les prix du brut tombent à 20 $US le baril, a prévenu le ministre saoudien du Pétrole, dont le pays est chef de file du cartel, dans un entretien à la revue spécialisée MEES.

« Il n’est pas dans l’intérêt des producteurs de l’OPEP de réduire leur production, quel que soit le prix […]. Que ça descende à 20, 40, 50 ou 60 $US, il n’est pas pertinent » de réduire l’offre, a déclaré Ali al-Nouaïmi dans cet entretien au Middle East Economic Survey, paru lundi.

Les cours de l’or noir ont perdu environ 50 % de leur valeur depuis la mi-juin, grevés par l’abondance de l’offre, le renforcement du dollar et la faiblesse de la demande dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale.

Le prix du baril est ainsi tombé à environ 60 $US, contre 115 en juin, une dégringolade qui s’est accentuée après la décision prise fin novembre par l’OPEP — qui pompe le tiers du pétrole mondial — de maintenir inchangé son plafond de production et de laisser les prix se stabiliser d’eux-mêmes. Mardi, il a effectué un rebond à New York, dans un marché plutôt incertain qui a profité de bons chiffres sur le PIB américain pour s’orienter dans le vert.

Le prix du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en février a pris 1,86 $US sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s’établir à 57,12 $US.

M. Nouaïmi, l’homme le plus influent au sein de l’OPEP, a estimé que le monde ne pourrait plus avoir un baril de pétrole à 100 $US, selon le MEES qui qualifie son entretien d’« inhabituellement franc ».

L’Arabie saoudite avait l’habitude d’intervenir pour équilibrer l’offre et la demande sur le marché pétrolier car c’est le seul pays disposant d’une importante capacité de production additionnelle, selon le Fonds monétaire international (FMI).

M. Nouaïm a rejeté comme « une logique tordue » le fait de s’attendre à ce que son pays, qui pompe 9,6 millions de barils par jour (mbj), réduise ses extractions et perde des parts de marché au profit d’autres grands producteurs hors OPEP. « Est-il raisonnable que des producteurs à haut rendement réduisent leur production alors que ceux à faible rentabilité continue à produire ? », s’est-il interrogé.

« Nous assurons moins de 40 % de la production mondiale. Nous sommes le producteur le plus efficace. C’est incroyable après cette analyse que nous réduisions » l’offre, a-t-il encore dit. « Si je réduis, qu’adviendra-t-il de ma part de marché ? Les prix vont remonter mais les Russes, les Brésiliens et les producteurs américains de pétrole de schiste vont prendre ma part », a-t-il martelé.

Le prix du gaz naturel recule aussi

New York — Le cours du gaz naturel affiche un recul d’environ 30 % en un peu plus d’un mois et les propriétaires d’habitations qui utilisent cette ressource pourraient profiter de plus faibles prix pour l’électricité ou le chauffage dans les mois à venir. Un mois de décembre inhabituellement chaud et l’abondance des réserves sont derrière le plongeon, qui survient à une époque de l’année où les prix ont pourtant l’habitude de grimper.

Les prix du gaz naturel ont grimpé pendant le mois de novembre, plus froid qu’à l’habitude, mais les températures ont grimpé en décembre et le reste de l’hiver s’annonce plus près des normales saisonnières. Cela pourrait laisser les prix du gaz naturel à un faible niveau jusqu’au printemps, estiment certains analystes. Mardi, le prix du gaz naturel grimpait légèrement à 3,15 $US pour 1000 pieds cubes, ce qui est largement inférieur à son cours de près de 4,50 $US à la fin novembre.