L’économie canadienne dépasse les attentes

Au lendemain de la publication des données décrivant l’état relativement incertain de l’économie québécoise pour le mois d’août, des chiffres sont venus préciser vendredi le portrait pancanadien, dont se dégage une croissance nettement supérieure aux attentes au troisième trimestre.

Selon Statistique Canada, le produit intérieur brut a progressé de 2,8 % (en rythme annuel), soit beaucoup plus que la croissance de 2,1 % à laquelle s’attendaient les économistes qui suivent ces publications régulières. À ce rythme, il s’agit néanmoins d’une légère décélération par rapport au deuxième trimestre, quand l’économie canadienne avait crû de 3,6 %.

Parmi les vecteurs de croissance sur lesquels la croissance s’est appuyée, on retrouve les exportations, qui ont progressé au rythme annualisé de 6,9 %. Ces exportations sont composées en bonne partie de pétrole brut provenant de l’Ouest canadien, ce qui soulève des questions au sujet des prochains trimestres en raison de la récente chute du cours du pétrole.

« Visiblement, le portrait global de l’économie canadienne semble meilleur que nous le pensions, a écrit l’équipe d’économistes du Mouvement Desjardins dans une note d’analyse. Cela implique que notre prévision d’une augmentation de 2,3 % pour l’année 2014 devra être remontée, probablement aux alentours de 2,4 %. »

La veille, Desjardins avait prédit que, compte tenu de l’été difficile qu’a connu l’économie québécoise, celle-ci « devrait clore l’année avec une hausse de 1,5 % du PIB réel ». Le taux de chômage est actuellement de 7,7 %, comparativement à 6,5 % au Canada, un creux de six ans.

Dépenses des entreprises

Statistique Canada a mentionné que les dépenses d’investissement des entreprises avaient repris de l’élan, notamment chez les entreprises en bâtiment résidentiel et dans la catégorie des machines et du matériel.

« Les statistiques du PIB canadien au troisième trimestre ont été bien meilleures que prévu. La demande intérieure était de nouveau solide, avec des contributions des principales composantes, notamment les dépenses d’investissement des entreprises, qui ont fini par rebondir après avoir longuement déçu », a écrit la Financière Banque Nationale (FBN).

Les données du troisième trimestre sont publiées à quelques jours de la prochaine décision de la Banque du Canada au sujet du taux directeur, qui peut influencer l’économie canadienne et qui se situe à 1 % depuis plus de quatre ans. « Il sera intéressant de voir comment la Banque du Canada interprétera cette situation lors de sa décision de la semaine prochaine, d’autant plus que l’évolution de l’inflation a aussi été plus forte que prévu au cours des derniers mois », a ajouté la FBN.

La Banque Nationale a cependant mentionné que, même si les données du PIB nominal (non ajusté pour tenir compte de l’inflation) sont « enthousiasmantes, vu les effets positifs sur les finances publiques », il « faut s’attendre à une forte décélération au quatrième trimestre, vu la contraction des prix des matières premières ». Au final, l’établissement entrevoit une croissance de 2,4 % pour l’année.

La reprise de l’économie américaine est bénéfique pour les exportations canadiennes, a dit, il y a trois semaines, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz. « Et nos exportations semblent effectivement réagir, à la faveur d’une aide supplémentaire fournie par un dollar canadien plus faible. Lors de nos échanges avec les exportateurs, ceux-ci nous ont dit entrevoir de meilleures perspectives pour les exportations en s’appuyant sur ce qu’ils constatent sur le terrain. »

Il a cependant ajouté que « notre secteur des exportations est moins robuste que dans les cycles précédents ».

1 commentaire
  • Benoît Gagnon - Inscrit 1 décembre 2014 12 h 15

    Attendez

    Attendez les contrecoups de la décision de l'OPEP.

    Vous aurez un aperçu de l'avenir économique catastrophique que la dépendance au pétrole bitumineux créera au Canada très prochainement.