La croissance de toutes les provinces sera plus marquée l’an prochain

Le secteur extérieur va continuer d’être la principale source d’alimentation de l’économie canadienne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le secteur extérieur va continuer d’être la principale source d’alimentation de l’économie canadienne.

Rares sont les provinces ayant échappé cette année à la morosité en matière de création d’emplois et d’investissements privés. La croissance devrait toutefois s’accélérer et être généralisée l’an prochain, stimulée par les exportations, légèrement freinée par les efforts visant l’atteinte de l’équilibre budgétaire.

Dans son survol provincial présenté jeudi, le Conference Board du Canada estime que la croissance sera plus marquée l’an prochain. En 2014, la création d’emplois et l’investissement privé n’ont pas été au rendez-vous dans la plupart des provinces. La croissance sera toutefois plus forte l’an prochain, grâce notamment à la vigueur de l’économie américaine.

Au cumul, le Canada devrait afficher une croissance de son PIB de 2,2 % cette année. Seuls l’Alberta (4,4 %) et le Manitoba (2,3 %) vont faire mieux, alors que les provinces centrales affichent un rythme plus lent, avec un PIB attendu en hausse de 1,8 % en Ontario, de 1,6 % au Québec.

Pour 2015, l’Alberta, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador domineront au chapitre de la croissance, même s’ils subiront les contrecoups des cours pétroliers plus faibles. Terre-Neuve et l’Alberta verront leur PIB croître de 3,4 % et de 3,3 % en 2015, prévoit le Conférence Board. La hausse au Manitoba sera de 3 %. Ces trois provinces gonfleront la moyenne canadienne à 2,6 %.

Pour l’économie du Québec, le redressement en cours des exportations sera au nombre des forces économiques favorables l’an prochain, pour une deuxième année consécutive. « En 2014, le niveau des exportations de biens et de services a enfin dépassé le sommet de 2007. Le secteur devrait afficher une augmentation vigoureuse une fois de plus l’an prochain, soutenu par un dollar plus faible et par l’amélioration continue de l’économie américaine. » La croissance du PIB du Québec devrait se chiffrer à 2 % en 2015.

L’Ontario subira également les effets d’une embellie américaine. De 1,8 % cette année, son PIB progressera de 2,6 % en 2015. « La plupart des provinces sont sur la bonne voie, mais elles continueront à concentrer les efforts sur l’atteinte de l’équilibre budgétaire », a toutefois mis en exergue l’organisme de recherche.

Un peu moins optimiste, Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef de RBC, disait en septembre dernier que, pour 2015, à peine les investissements des entreprises viendront-ils se greffer à la contribution du commerce extérieur pour justifier une progression de 1,8 % du PIB québécois.

Le secteur extérieur va continuer d’être la principale source d’alimentation de l’économie canadienne, alors que l’endettement élevé des ménages et les tensions freinant l’accès au marché du logement seront omniprésents. Une réalité salutaire pour le Québec. « Des signes indiquent que l’économie se tourne davantage vers des sources externes de croissance. C’est une bonne chose, car il semble que bon nombre de secteurs axés sur le marché intérieur affichent un niveau d’activité inférieur à ce qu’il était l’an dernier », soulignait l’économiste.

Baisse de l’activité économique en août

Le PIB du Québec a diminué de 0,2 % en août, après une baisse de 0,1 % en juillet. Au Canada, le recul a été de 0,1 % en août. Pour les huit premiers mois, le PIB québécois progresse de 1,5 %, de 2,3 % à l’échelle canadienne.

Le repli d’août vient des industries productrices de biens, qui enregistrent une baisse de 0,9 % faisant suite à deux hausses consécutives. Le secteur de la fabrication fléchit de 1,1 % en août, après trois hausses consécutives. « La production manufacturière a diminué en août de 505 millions, expliquant largement la baisse du PIB total du Québec. Cependant, le secteur manufacturier a crû à un rythme annuel de 3,1 %, s’accrochant à ce qui ressemble à une nouvelle phase de croissance », a noté Manufacturiers et exportateurs du Québec.

La production de l’industrie de la construction fléchit de 0,3 % en août, après un recul de 0,3 % en juillet. Au cours des huit premiers mois de 2014, la production de l’industrie de la construction a diminué de 2,3 % par rapport à la même période de 2013, alors qu’au Canada, la production est demeurée stable, a souligné l’Institut de la statistique du Québec.