Le Canada a diminué ses dépenses sociales

La réforme de l’assurance-emploi, en 2013, a permis au gouvernement fédéral d’épargner des sommes importantes. Elle a toutefois soulevé le mécontentement?d’une?bonne?partie?de?la population.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La réforme de l’assurance-emploi, en 2013, a permis au gouvernement fédéral d’épargner des sommes importantes. Elle a toutefois soulevé le mécontentement?d’une?bonne?partie?de?la population.

Les dépenses sociales dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont demeurées à leur niveau plus élevé d’après-crise. Elles ont toutefois baissé au Canada, malgré une forte augmentation des prestations associées à la santé.

Dans sa plus récente lecture publiée lundi, l’OCDE a souligné que, pour l’ensemble des pays observés, les dépenses sociales en pourcentage du PIB atteignaient 21,6 %, en moyenne. Un sommet de 21,9 % a été atteint en 2009. Et il fallait revenir avant la crise de 2008 pour observer des taux inférieurs à 20 %.

Sur les 34 pays formant le tableau, quatre consacrent 30 % ou plus de leur PIB aux dépenses sociales. Ce petit groupe comprend la Belgique, le Danemark et la Finlande. Il est dominé par la France, qui affiche le taux le plus élevé à 31,9 %. À l’opposé, Turquie, Corée, Chili et Mexique dépensent moins de 15 % de leur PIB pour les prestations sociales. Les trois derniers pays sont actuellement à un niveau similaire à ceux des pays européens dans les années 1960.

Les dépenses sociales représentent 17 % du PIB canadien cette année, contre 17,2 % en 2013. À titre de comparaison, le rapport est de 19,2 % aux États-Unis. Au sommet de 2009, cette proportion s’élevait à 18,5 % au Canada. Selon une ventilation remontant à 2011, les dépenses en santé retiennent 41 % des dépenses sociales publiques. Suivent les prestations aux personnes âgées (liées essentiellement aux régimes de retraite), avec 23 % de l’ensemble et la catégorie « autres », incluant surtout l’aide sociale et la garantie de revenus, avec une proportion de 15 %. Les allocations aux familles (7 %, incluant l’éducation) et aux chômeurs (4 %) tombent sous les 10 % et moins de l’ensemble des dépenses.

Aussi, depuis 2007, les dépenses sociales ont augmenté de 13 %, la progression la plus importante ayant été mesurée en santé (+18 %). Le Canada consent, grosso modo, autant de dépenses sous forme de prestations en espèces qu’en services sociaux.

« Ces dernières années, les dépenses allouées aux allocations chômage, maladie ou autres aides sociales ont connu des baisses importantes au Canada, en Allemagne, Islande, Irlande ou encore au Royaume-Uni », indique l’OCDE, dans son rapport.

Santé et retraite

De manière générale, la santé (coût des hôpitaux, médecins, médicaments) est un poste de plus en plus important pour les dépenses publiques, passé de 4 % du PIB en 1980 à 6,2 % en 2012 au sein de l’OCDE. Cette augmentation s’explique entre autres choses par le coût de la technologie et une proportion de personnes âgées plus importante. Les retraites sont aussi plus omniprésentes dans les comptes publics. Depuis 1980, les dépenses pour les pensions par rapport au PIB ont augmenté de deux points en moyenne dans les pays de l’OCDE, pour atteindre 7,9 % en moyenne.

Au Canada, les dépenses liées à la santé comptaient pour 7,2 % du PIB et celles associées aux retraites, 4,1 %.

Autre élément mis en lumière : l’utilisation de prestations sous conditions de ressources est beaucoup plus répandue dans les pays anglophones et non européens que dans les pays d’Europe continentale. En Australie, plus de 40 % des aides sociales vont par exemple aux 20 % de la population la moins riche. Ce pourcentage tombe à environ 17 % en France où les bénéficiaires d’aides sont beaucoup moins ciblés.

1 commentaire
  • Leclerc Éric - Inscrit 25 novembre 2014 10 h 51

    Couper dans le maigre pour plaire à l'électorat

    Les surplus de la caisse de l'assurance-emploi vont servir aux plus riches car ce sont ces surplus qui vont aller aux familles, qui vont bénéficier du fractionnement du revenu pour aller se reposer à Cuba cet hiver...

    Ce qui est frustrant, c'est que les surplus du régime d'assurance-emploi qui doit servir aux prestataires qui en ont besoin pour survivre entre deux emplois, permettra dans le futur au gouvernement de faire de jolis cadeaux aux contribuables bien nantis, en décourageant les moins scolarisés d'entrer dans la bureaucratie en labyrinthe du gouvernement.