L’Europe doit fouetter son économie, insiste Washington
Washington — Les États-Unis redoutent une « décennie perdue » pour l’économie en Europe et appellent les dirigeants de la région à des « actions déterminantes » pour enrayer le déclin de l’activité, a affirmé mercredi le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew.
« Le monde ne peut pas se permettre une décennie perdue en Europe […]. Des actions déterminantes des autorités nationales et des autres institutions européennes sont nécessaires pour réduire le risque que la région ne s’enfonce dans un déclin plus profond », a déclaré le responsable dans un discours.
À quelques jours d’un sommet des grandes puissances du G20 en Australie, M. Lew estime que le statu quo en Europe n’a pas permis d’atteindre les objectifs de croissance forte et durable définis par la communauté internationale début 2014. En février, les pays industrialisés et émergents du G20 s’étaient fixé l’objectif de doper la richesse mondiale de 2 % dans les cinq prochaines années.
Alors que l’Europe montre de nouveaux signes de ralentissement, le secrétaire au Trésor américain estime que la Banque centrale européenne (BCE) ne peut à elle seule garantir le retour à une croissance robuste. « Ainsi que le suggèrent les récentes données économiques, [l’action de la BCE] à elle seule a montré qu’elle ne suffisait pas à assurer le retour à une croissance saine », a déclaré M. Lew, selon des extraits de son discours transmis à la presse.
Parallèlement, les États-Unis ne peuvent pas compenser la faible croissance dans les principales puissances économiques, en Europe mais également au Japon, a-t-il mis en garde. « L’économie mondiale […] ne peut attendre des États-Unis qu’ils progressent suffisamment pour compenser la faible croissance dans les principales économies mondiales », a encore dit M. Lew.
Allemagne, récession évitée
Dans la foulée, l’Allemagne devrait avoir échappé à un recul de son PIB au troisième trimestre, a estimé mercredi le ministère de l’Économie dans son rapport mensuel, à deux jours de la publication du chiffre très attendu de la croissance à l’été. « Après le léger recul du PIB au deuxième trimestre, qui était dû à des éléments exceptionnels, la performance de l’économie au troisième trimestre devrait en revanche s’être au moins stabilisée, selon les indicateurs à disposition », a jugé Berlin dans ce document.
Le PIB avait dérapé de 0,2 % au deuxième trimestre et un nouveau recul au troisième consacrerait une « récession technique » de mauvais augure pour le principal moteur de la zone euro. Le chiffre provisoire de la croissance allemande du troisième trimestre est attendu vendredi.
En Grande-Bretagne, le taux de chômage s’est stabilisé à 6 % au Royaume-Uni lors des trois mois achevés fin septembre, au plus bas depuis fin 2008, a annoncé mercredi l’Office des statistiques nationales (ONS). Le pays compte 1,96 million de chômeurs recherchant un emploi, 529 000 de moins qu’un an plus tôt. En ajoutant les personnes de 16 à 64 ans qui ne cherchent pas un emploi, l’ONS a dénombré cependant 9,03 millions de personnes économiquement inactives.
Autre signe encourageant pour l’économie britannique, le salaire moyen (hors bonus) a augmenté de 1,3 % pendant cette période de trois mois en comparaison annuelle, contre 0,9 % mesuré à fin août.
La croissance sera faible en Europe en 2015, dit l’OCDE
Paris – L’OCDE a confirmé mercredi ses prévisions d’une croissance faible en Europe et stable dans la plupart des autres grandes économies mondiales pour 2015.Se basant sur la dernière édition de ses « indicateurs composites avancés » (ICA), l’Organisation de coopération et de développement économiques signale que ces chiffres « continuent d’indiquer un infléchissement de la croissance dans la zone euro, particulièrement en Allemagne et en Italie ».
En France cependant, l’ICA anticipe une croissance stable « comme le mois dernier », précise l’organisation des pays développés, avec un ICA stable entre août (100,27) et septembre (100,32). L’ICA du Royaume-Uni indique que la croissance semble s’infléchir, bien que partant d’un niveau relativement élevé (100,5 en septembre contre 100,7 en août).
Parmi les grandes économies, une dynamique de croissance stable est anticipée au Canada, aux États-Unis, au Brésil, ainsi qu’en Chine et en Russie.