Le Canada gagne 74 100 emplois en septembre

L’économie canadienne a créé 74 100 emplois en septembre, faisant reculer le taux de chômage à son plus faible niveau en près de six ans, a indiqué vendredi Statistique Canada. Pour le Québec, tout au plus peut-on parler d’embellie.

Le taux de chômage a glissé de 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 6,8 %. Il n’avait pas été aussi bas depuis décembre 2008. Les économistes s’attendaient en moyenne à voir 20 000 nouveaux emplois le mois dernier et à observer un taux de chômage stable à 7 %, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters. Au total, 69 300 des emplois créés en septembre étaient des emplois à temps plein, a précisé Statistique Canada.

La plupart des nouveaux emplois ont vu le jour en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador, tandis que les autres provinces n’ont observé que de légers changements.

Le résultat net de la création d’emplois pour le mois de septembre était le plus important depuis mai 2013. Quelque 89 500 emplois avaient alors été créés, en majorité des postes à temps plein. Le gain de septembre fait suite à une perte nette de 11 000 emplois pour le mois d’août.

Au cours des 12 mois se terminant en septembre, l’emploi a progressé de 13 000 par mois en moyenne, ce qui correspond à une augmentation totale de 150 000 (+0,8 %). Pendant la même période, le nombre d’heures travaillées s’est légèrement accru (+0,3 %), a ajouté Statistique Canada.

Au Québec, environ 6500 emplois ont été créés le mois dernier et le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 7,6 %. La totalité des nouveaux emplois était cependant à temps partiel. L’Ontario a accueilli 24 700 nouveaux travailleurs, ce qui a fait chuter son taux de chômage de trois dixièmes de point, à 7,1 %.

Un peu d’amélioration au Québec

« Septembre permet de clore le troisième trimestre de 2014. Ainsi, on peut rapidement constater que les mois de juillet, août et septembre ont été plus fastes au chapitre de l’emploi que ceux qui les ont précédés. Les données sur la création moyenne mensuelle d’emplois sont assez révélatrices. La situation semble lentement prendre du mieux. Ce constat vaut tant pour l’Ontario que le Québec », a souligné Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. Selon la moyenne mensuelle, le Québec a inscrit un gain de 676 emplois au premier trimestre, suivi d’une perte de 9767 au deuxième et d’une augmentation de 4167 au troisième. En comparaison, l’Ontario a comptabilisé un gain de 8500, suivi d’une perte de 500 puis d’un gain de 18 767 respectivement, toujours selon la moyenne mensuelle.

« Toutefois, depuis le début de l’année, le Québec a perdu 14 500 emplois alors que l’Ontario en a gagné 80 300 », a ajouté l’économiste de Desjardins.

Aussi, sur 12 mois à la fin de septembre, l’emploi a crû de 12 100 ou de 0,3 % au Québec, comparativement à 48 700 ou +0,7 % en Ontario. Derrière les données d’ensemble pour le Québec se profile une perte de 30 900 emplois à temps plein compensée par une augmentation de 43 000 emplois à temps partiel. En Ontario, les gains se ventilent entre 36 500 emplois à temps plein et 12 200 à temps partiel.

« À quel moment le vent d’optimisme qui souffle sur le marché du travail américain viendra-t-il sur le Québec ? Difficile à dire. Jusqu’en juin dernier, les États-Unis étaient en rattrapage par rapport aux pertes encaissées lors de la dernière récession. Ce rajustement est fait depuis longtemps au Québec et en Ontario. L’accélération des exportations vers le marché américain pourrait soutenir la création d’emplois ici, mais la confiance des entreprises n’est pas au zénith et n’augure pas des croissances spectaculaires de l’emploi au cours des prochains mois au Québec et en Ontario », a commenté Joëlle Noreau.

Réactions contradictoires de l’opposition

Dans l’opposition, le député de Saint‑Jérôme et porte‑parole en matière d’économie, Pierre Karl Péladeau, a retenu que « l’effet libéral » n’a apporté qu’une stagnation de l’économie. « La stagnation du marché du travail se poursuit au Québec, tout comme la dégringolade de l’emploi à temps plein. Depuis l’arrivée du gouvernement libéral, 51 900 emplois à temps plein ont été perdus […] Les coupes les plus importantes, depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, ont été faites dans la mission économique de l’État. Ils doivent reconnaître leur erreur, se reprendre en main et déposer une politique économique dès cet automne », a-t-il réclamé.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d’économie, André Lamontagne, a repris le thème de la stagnation. « Il ressort de cette mise à jour que le Québec stagne pendant que le reste du Canada profite de la reprise économique. » Et le décompte depuis l’arrivée du gouvernement libéral. « Depuis l’élection du PLQ, le Québec a perdu 51 900 emplois à temps plein, ce qui nous éloigne de plus en plus de l’objectif du gouvernement de créer 31 300 emplois d’ici la fin de 2014. »

Mais péquiste et caquiste ne s’entendent pas sur l’impact des coupes budgétaires. « Ce qui demeure également inquiétant, c’est la tendance du Québec à créer des emplois dans le secteur public, plutôt que dans le secteur privé. Avec une création de 13 000 emplois dans le secteur public et une maigre création de 2577 emplois dans le secteur privé, on voit que les choses ne s’améliorent pas pour réduire la taille de l’État et pour assainir nos finances publiques », a souligné André Lamontagne.

Le député caquiste reconnaît toutefois qu’« en regardant l’ensemble du portrait, on réalise qu’il y a une très légère embellie, mais on se désole du fait que pendant que le Canada court, le Québec marche ».