Les entreprises de taille moyenne se remettent difficilement de la récession

Un travailleur du secteur de l’aviation
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un travailleur du secteur de l’aviation

Les PME se remettent difficilement d’une récession particulièrement sévère. En nombre, toutefois, les entreprises de moyenne taille demeurent toujours sous leur niveau de 2008, le déclin se faisant davantage ressentir en Ontario. Le rythme de la relève se veut également déficient, avec peu de nouvelles créations de PME après l’érosion de 2007-2009.

Gerard Walsh, économiste à la Banque Royale, dresse un portrait d’un univers, celui des PME, tentant de récupérer des effets de la Grande Récession. Dans une étude publiée aujourd’hui par Recherche économique RBC, on observe que le nombre de petites entreprises (moins de 100 employés) poursuit sa progression constante, quoiqu’à un rythme plus ralenti depuis la récession.

Chez les moyennes entreprises (entre 100 et 499 employés), le nombre de joueurs n’est toujours pas revenu à son sommet de quelque 10 200 mesurés avant le plongeon de près de 8 % calculé au creux d’après-récession. La divergence est plus marquée encore dans le secteur manufacturier, où le nombre d’entreprises de taille moyenne a chuté de 40 % entre 2006 et 2010, l’Ontario ayant été frappé de plein fouet.

Dans l’ensemble, toutefois, les PME se remettent de la sévère récession, leur nombre atteignant un record en 2012. Elles abritent huit millions d’employés accaparant 54 % de la liste de paie des entreprises au Canada, a souligné Gerard Walsh, et selon les premiers indicateurs, la progression s‘est poursuivie en 2013.

Il ressort également de cette étude que dans cette population, les PME en forte croissance et celles appelées « gazelles » sont peu présentes. L’analyste retient la définition de Statistique Canada parlant d’une progression des revenus de plus de 20 % par année pendant trois ans dans le premier cas, pendant cinq ans dans le second. Ainsi entre 2009 et 2011, la proportion des PME en forte croissance n’était que de 7,7 %, de 1 % seulement pour les « gazelles ». Ces entreprises embauchaient un million de travailleurs, dont 200 000 pour les « gazelles ».

Besoin en crédits fiscaux

S’il y a une lente mais réelle récupération, leur environnement opérationnel demeure cependant sous pression, les entreprises citant le coût des intrants (63 %), la fluctuation de la demande (52 %) et l’accroissement de la concurrence (48 %) comme étant les principaux obstacles externes à leur expansion, a ajouté l’économiste. Quant aux forces internes, 40 % des PME évoquent le recrutement et la rétention des employés comme étant le principal frein à leur croissance. Cette préoccupation est plus élevée chez les entreprises de moyenne taille (57 %), là où la demande pour des employés qualifiés est en progression.

L’étude de RBC cite les résultats d’un sondage pour constater également un recul des efforts en matière de RD, malgré l’accroissement des incitatifs gouvernementaux. Ainsi, 60,1 % des entreprises de taille moyenne disaient avoir investi dans l’innovation entre 2010 et 2012, soit 16,2 points de pourcentage de moins qu’en 2007-2009. Le recul des investissements en RD était généralisé à l’ensemble des PME et le pourcentage disant compter sur les crédits fiscaux est passé de 20,1 à 40 % chez les petites entreprises, de 24 à 49 % chez les moyennes.

Peu de création de PME

L’analyste fait également ressortir que la création de nouvelles PME a été particulièrement secouée lors de la récession, avec un recul de 9 % des nouvelles arrivées entre 2007 et 2009. Ce taux est demeuré quasi stationnaire depuis. En revanche, le nombre de nouvelles entreprises dépasse celui des fermetures. La Colombie-Britannique affiche le taux de création de PME le plus élevé, avec une progression de 7,1 % et l’Ontario le plus faible, avec un taux de 3,9 %.

Quant au taux de survie, il est en légère hausse, avec 80 % des nouvelles PME demeurant en activités après un an, 72 % après deux.

2 commentaires
  • Nicolas Bouchard - Abonné 29 septembre 2014 22 h 16

    Je ne retiendrai pas mon souffle mais allons-nous voir des articles en première page de la section économique de La Presse et du Journal de Montréal titrant : "L'Ontario bonne dernière" concernant cette nouvelle ?

    Pour répondre à ma question rhétorique, j’en doute fort, comme c’est trop souvent le cas avec le Québec. Il est aussi dommage qu'aucune statistique concernant le Québec ne fut donnée dans cet article...

    Nicolas B.

  • François-Luc Valiquette - Inscrit 3 octobre 2014 06 h 22

    Réponse à votre question

    Il est bien normal qu'on n'y trouve aucune statistique concernant le Québec. Cette étude a été pondue par la Banque Royale qui a son siège social à Toronto et pour qui le Québec demeure une province comme les autres.