L’économie du Québec fait du surplace

Photo: Olivier Zuida Le Devoir

Le PIB du Québec a faiblement progressé au deuxième trimestre, traînant de l’arrière par rapport à l’ensemble canadien. Une lecture plus fine laisse toutefois entrevoir une légère embellie.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le PIB a augmenté de 0,2 % au deuxième trimestre, soit une hausse annualisée de 0,7 % qui se compare à celle de 3,1 % mesurée à l’échelle canadienne. Pour six mois, en regard du premier semestre 2013, le PIB progresse de 1,4 % au Québec contre 2,3 % au Canada.

« La faiblesse de la croissance provient essentiellement d’une accumulation des stocks plus faible qu’au trimestre précédent, car la demande intérieure finale se redresse (+0,5 %) après un recul au premier trimestre (–0,2 %), et la hausse des exportations contribue positivement à l’évolution du PIB pour un deuxième trimestre consécutif », a toutefois fait ressortir l’ISQ.

Aussi, l’investissement des entreprises (+0,6 %) ainsi que celui des administrations publiques (+1 %) se redressent après deux trimestres de recul. À l’opposé la construction de logements neufs décroît (de 0,7 %), et ce, pour un troisième trimestre consécutif.

L’ISQ ajoute que les exportations totales de biens et services (+3,5 %) s’accroissent pour un deuxième trimestre de suite et de façon plus rapide comparativement à la hausse de 2,2 % au premier trimestre. « Le taux de croissance des exportations étant supérieur à celui des importations, le déficit du commerce extérieur se réduit de 1,1 milliard. »

Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale, retient que les chiffres du deuxième trimestre sont meilleurs qu’à première vue. « La demande intérieure finale a crû de façon tout à fait satisfaisante. Les investissements des entreprises ont contribué à la croissance pour la première fois en trois trimestres, les profits poursuivant sur la voie du rétablissement. Nous savions déjà que les exportations internationales avaient connu une forte poussée au deuxième trimestre. »

Il souligne dans son commentaire un ou deux points noirs. « Les entreprises ont satisfait une bonne partie de l’accroissement la demande intérieure et extérieure en réduisant l’accumulation de stocks plutôt que de produire. » Ainsi, la production manufacturière a reculé de 2,9 %. « On peut penser que si la croissance de la demande se maintient au deuxième semestre, la production accélérera. »

« La réelle déception du rapport vient de la forte révision en baisse de la croissance économique au premier trimestre. Celle-ci résulte en bonne partie d’une contraction plus importante qu’estimée initialement de la demande intérieure. »

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