Il faut cesser d’alimenter les bulles financières, dit l’ONU

Chambre de peinture chez un fabricant de maisons usinées. 
Photo: Modulex International Chambre de peinture chez un fabricant de maisons usinées. 

Genève — L’ONU a indiqué mercredi prévoir une croissance mondiale de 2,5 % à 3 % en 2014 (contre 2,3 % en 2012 et 2013), soulignant la nécessité d’augmenter les salaires réels et de créer une répartition plus égale des revenus pour favoriser la demande et l’investissement.

 

Selon le rapport publié mercredi par la Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement (CNUCED), la croissance mondiale devrait s’établir cette année à 4,7 % (contre 4,6 % en 2013) dans les pays en développement, et à 1,8 % (contre 1,3 % en 2013) dans les pays développés. Mais « cette croissance a certains éléments qui font penser à l’avant-crise : des bulles d’actifs, des crédits faciles, un secteur financier qui reste essentiellement déréglementé, le problème de l’inégalité n’a pas été résolu, au contraire », a expliqué le coordinateur du rapport, Alfredo Calgano.

 

En outre, « la reprise reste faible » et « le commerce international reste apathique », notent les experts de l’ONU, pour qui l’accroissement du commerce mondial exige une reprise vigoureuse de la production nationale sous l’impulsion de la demande intérieure. « Le moteur du démarrage devrait venir du côté de la demande. Pour investir, il faut prévoir qu’on va vendre », a relevé M. Calgano.

 

Pour sortir de cette période prolongée de marasme économique, l’ONU estime qu’il faut renforcer la demande globale à travers une hausse des salaires réels et une répartition plus égale des revenus plutôt que d’alimenter de nouvelles bulles financières. « Le monde court le risque de reproduire les erreurs passées. Il est urgent de renforcer la demande intérieure et de remettre la finance à sa juste place », martèlent les économistes, soutenant que les causes profondes de la crise de 2007 — dont l’absence d’une réglementation financière globale — n’ont pas été réglées.

 

En outre, expliquent-ils, les moyens d’action mis en oeuvre dans les pays développés — qui combinent austérité budgétaire, encadrement des salaires et expansion monétaire, dans l’espoir que la flexibilité du marché du travail, le renforcement de la compétitivité et l’assainissement des bilans bancaires relanceront l’activité — freinent la demande intérieure et alimentent les marchés financiers.

 

Pour la CNUCED, « ces mesures encouragent aussi l’injection de liquidités qui sont principalement orientées vers des investissements financiers et non vers des investissements productifs ». Et comme avant la crise de 2007, poursuivent-ils, « la croissance économique semble dépendre à nouveau d’un excès de liquidités ». Dans un premier temps, cette situation peut conduire à favoriser les dépenses privées, et en conséquence les exportations des pays exportateurs, selon les experts, qui jugent qu’une telle situation n’est pas viable à long terme.

 

« Si les principaux problèmes de la période après-crise sont en lien avec l’insuffisance de la demande et l’instabilité financière, la réponse politique appropriée ne devrait pas être d’injecter plus de liquidités, mais d’encourager le crédit générant une activité productive, tout en encourageant la demande », écrivent les économistes de l’ONU.

2 commentaires
  • Louise Gagnon - Inscrite 11 septembre 2014 08 h 43

    M. Couillard ! L'ONU vous somme de refaire vos devoirs.

    Çà c'est pour vous, M. Couillard ! Car vous avez tout faux!

    "... En outre, expliquent-ils, les moyens d’action mis en œuvre dans les pays développés — qui combinent austérité budgétaire, encadrement des salaires et expansion monétaire, dans l’es- poir que la flexibilité du marché du travail, le renforcement de la compétitivité et l’assainisse- ment des bilans bancaires relanceront l’activité — freinent la demande intérieure et alimentent les marchés financiers...."

  • René Pigeon - Abonné 12 septembre 2014 18 h 16

    "freinent la demande intérieure" mais "peut conduire à favoriser les dépenses privées" ?

    Comment peut-on dire que « les moyens d’action mis en œuvre dans les pays développés qui (…) freinent la demande intérieure et alimentent les marchés financiers » et écrire plus bas que « cette situation peut conduire à favoriser les dépenses privées » ? Ces deux affirmations me semblent contradictoires. René Pigeon, abonné