Le retard du Québec sur le reste du Canada continue de se creuser

Le secteur manufacturier québécois a de la difficulté à sortir de sa torpeur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le secteur manufacturier québécois a de la difficulté à sortir de sa torpeur.

La croissance de l’économie québécoise est demeurée chétive en mai. L’écart ne cesse de se creuser avec la progression du PIB à l’échelle canadienne.

 

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a mesuré une légère augmentation du PIB québécois en mai. Il a progressé de 0,1 %, suivant un recul de 0,2 % en avril. En comparaison, à l’échelle canadienne, le PIB a crû de 0,4 %. Au cumul, après cinq mois, le PIB québécois affiche une hausse de 1,2 % comparativement à la période correspondante de 2013. Au Canada, ce taux atteint 2,2 %. L’augmentation en mai « s’avère à la fois faible et décevante […] L’écart de croissance entre la province et le pays se creuse d’ailleurs depuis quelques mois »,a commenté Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins.

 

Le secteur de la fabrication est demeuré un des maillons faibles de l’activité économique en mai. Plus généralement, les industries productrices de biens ont vu leur niveau d’activité diminué de 0,7 %, qui fait suite à une baisse de 0,9 % en avril. Dans le secteur de la fabrication, le recul se chiffre à 0,5 % en mai, après des chiffres révisés à la baisse faisant ressortir une diminution de 1,1 % en avril et une hausse de 0,3 % en mars. « On se retrouve ainsi en mai avec la plus faible production manufacturière depuis le début de l’année », a mis en exergue Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale. Il a également noté que la croissance du PIB au premier trimestre avait été révisée, de 2,4 % à 1,8 %.

 

Les deux économistes misent toutefois sur une accélération sur le reste de l’année. « L’excellente performance récente des exportations internationales de marchandises, la hausse des ventes au détail et des ventes manufacturières en juin, ainsi que la création nette d’emplois manufacturiers en juin et juillet donnent à penser que l’économie a rebondi depuis mai […] Il y a lieu de penser que la croissance économique accélérera au deuxième semestre »,a écrit Marc Pinsonneault. « La progression du PIB réel devrait néanmoins atteindre 1,7 % cette année en raison d’un bon départ en début d’année », a souligné pour sa part Hélène Bégin.

  

Récupération politique

 

S’emparant de cette nouvelle donnée de l’ISQ, le Parti québécois a soutenu que « l’économie du Québec se dégrade depuis l’arrivée du gouvernement libéral ». Dans un communiqué, le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, et le porte-parole en matière de finances, Nicolas Marceau, « demandent au gouvernement libéral d’agir rapidement, soit d’ici le début de la session parlementaire, et de déposer une politique économique crédible, favorisant le développement économique et la création d’emplois ».

 

M. Marceau a ajouté que l’évolution des dépenses et des revenus, pour les deux premiers mois de l’année financière, rate les cibles. « Les chiffres nous indiquent que les dépenses augmentent de 3,2 %, alors que la cible prévue dans le budget était de 1,8 % […] Le déficit, après seulement deux mois, est de 1 milliard ! », a-t-il déploré.

 

Ne commentant pas directement les données sur le PIB, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a préféré revenir sur l’analyse des agences de notation. « Toutes les agences, sans exception, ont confirmé la cote de crédit du Québec ainsi que la perspective qui y est associée. Elles confirment ainsi le sérieux du plan de notre gouvernement et la pertinence des actions rapidement mises en place dès notre arrivée au pouvoir pour rétablir l’ordre dans les finances publiques, tout en relançant l’économie », a-t-il soutenu dans un communiqué.

 

« Toutefois, les agences de notation lancent un avertissement : nous devons réussir à suivre la rigueur budgétaire que nous nous sommes imposée. Le temps n’est plus aux changements cosmétiques », a ajouté le ministre.

6 commentaires
  • Jean-François - Abonné 29 août 2014 03 h 44

    Pas de miracle?

    Avec une grosse dose de sarcasme je dirai que je suis franchement déçu de la performance de l'Économie au Québec

    J'ai voté pour les vraies affaires et la "sécurité", NON?

    Finalement voter NON ne semble pas si profitable....

    L'équipe Libérale me semblait pourtant si qualifiée.

    En tout cas, c'est ce que mon voisin qui est BOSS dans la construction m'a dit.

    • Jacques Patenaude - Abonné 29 août 2014 09 h 44

      Je ne comprend pas pourquoi Leitão est ministre des finances, Le gouvernement aurait dû sous-traiter directement une agences de notation pour faire la job.

  • Carole Dionne - Inscrite 29 août 2014 08 h 36

    Pourtant

    Couillard nous avait bien dit avant les élections, le seul fait d'avoir un gouvernement libéral, il y aurait un vent de job pour le Québec. Même pas une brise, M Couillard.

  • Christine Rychlik - Inscrite 29 août 2014 09 h 09

    Fantasia

    Le PLQ ne serait qu'un apprenti magicien?

    • Louka Paradis - Inscrit 29 août 2014 21 h 43

      Absolument ! Que de la poudre aux yeux et des «shows« de boucane... Ils improvisent sur toute la ligne.

  • Donald Bordeleau - Abonné 29 août 2014 23 h 38

    Les Gazelles oubliées.

    Au québec près de 80% des emplois sont du secteur public et de l'industrie de la construction. Donc la création de l'emploi doit être le lot des entreprises.

    Le gouvernement hésite encore d'aider les Gazelles (200 PME du Québec ) pour leur donner un coup de main pour créer des emplois.