Les sables bitumineux seraient un pari risqué pour les investisseurs

Calgary — Certains des projets énergétiques les plus coûteux au monde sont menés dans la région des sables bitumineux de l’Alberta, et quelques-uns pourraient devoir être annulés si les cours du pétrole n’augmentent pas, selon un nouveau rapport du groupe de réflexion Carbon Tracker Initiative.

L’étude met l’accent sur 20 des plus importants projets dans le monde qui ont besoin d’un prix de 95 $US le baril de pétrole, au minimum, pour être rentables.

Pour la plupart, les projets figurant sur la liste de Carbon Tracker Initiative requièrent un cours de 110 $US le baril, et certains dans le secteur des sables bitumineux ont même besoin de prix supérieurs à 150 $ US, selon le rapport.

Le cours du baril de pétrole brut léger pour livraison en septembre s’établissait à environ 97 $US à la Bourse des matières premières de New York, vendredi après-midi.

Au total, les 20 projets identifiés par le groupe de réflexion représentent près de 91 milliards $US en dépenses en immobilisations au cours de la décennie à venir.

Les auteurs du rapport se demandent si de tels fonds devraient être investis dans des projets risqués.

Parmi les entreprises mentionnées par le groupe figure ConocoPhillips, de Houston, au Texas, qui mène des projets en Alberta conjointement avec Cenovus Energy, de Calgary, à Foster Creek et Christina Lake, et avec Total E P Canada, également de Calgary, à Surmont. Carbon Tracker Initiative a également identifié le projet Carmon Creek, de Shell, et les projets Aspen et Kearl, d’Exxon Mobil, tous trois en Alberta.

 

Critiques politiques

Des politiciens de l’opposition et des groupes environnementaux critiquent le gouvernement albertain pour ce qu’ils décrivent comme une absence de réponse aux données démontrant que la concentration de deux polluants atmosphériques a dépassé les niveaux d’alerte dans la région des sables bitumineux.

Selon la néo-démocrate Rachel Notley, la surveillance n’est que la première d’une série d’étapes, et si celle-ci n’est pas encadrée par des mesures de contrôle, « elle ne sert à rien ».

Le gouvernement n’en sait cependant pas assez pour identifier exactement la source de la pollution, soutient Katrina Bluetchen, du ministère de l’Environnement.

Cette dernière affirme qu’il est impossible de mettre au point la bonne stratégie pour s’attaquer au problème avant que le gouvernement ne comprenne réellement la situation et les causes de celle-ci.

 

Gestion gouvernementale plus stricte

Le rapport révèle que du dioxyde de soufre et du dioxyde d’azote — deux produits chimiques contribuant aux pluies acides et au smog — dépassent les concentrations censées déclencher une gestion gouvernementale plus stricte. Ces concentrations s’élèvent respectivement au tiers et aux deux tiers des limites jugées dangereuses pour la santé humaine.

Trois des 11 stations de surveillance font déjà état de concentrations moyennes de dioxyde d’azote dépassant la première limite. Six des stations ont rapporté un dépassement de la limite pendant de courtes périodes. Les deux tiers des stations faisant état de concentrations plus importantes se situaient près des installations de sables bitumineux.

Malgré ces informations, Mme Bluetchen affirme que des études supplémentaires sont nécessaires.

« Si nous concevons un plan d’intervention qui s’attaque réellement au problème, nous devons véritablement en réduire l’ampleur. Est-il provoqué par une entreprise précise ? Est-il causé par l’impact cumulé de plusieurs entreprises utilisant un procédé spécifique ? »

Les données contenues dans l’étude de jeudi datent déjà de 2012.

1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 16 août 2014 03 h 27

    Ils ne perdront pas d'argent...

    Les financiers ne perdront pas d'argent, quoi qu'il en soit.
    Les petits qui gravitent autour d'eux, en croyant que l'excès de prospérité est contagieux, le feront peut-être, mais eux, non.
    Si les choses se mettent à déraper, ils se mettront en ordre de marche pour simplement déclarer faillite...
    Les faits cumulés montrent que cette "solution" est toujours dans leur plan de match spéculatif et qu'ils hésitent très rarement à la mettre en application.