Desjardins connaît le meilleur trimestre de son histoire

Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, en avril 2013
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, en avril 2013

Le deuxième trimestre de 2014 a été le meilleur de toute l’histoire du Mouvement Desjardins, rapporte la coopérative. Elle a dégagé des excédents records, notamment grâce aux bonnes performances des secteurs du service aux entreprises et de l’assurance.

 

Au cours de la période terminée le 30 juin, Desjardins a enregistré des excédents avant ristournes aux membres de 446 millions de dollars, comparativement à 387 millions au même trimestre de 2013. Ce résultat porte à 830 millions les excédents pour le premier semestre, contre 765 millions pour la période correspondante de 2013. Du jamais vu. « C’est la première fois qu’on atteint un montant aussi élevé dans un trimestre, et par le fait même pour le semestre », indique le porte-parole André Chapleau.

 

La coopérative explique que l’excellente performance des derniers mois s’explique par les « efforts conjugués » des différents secteurs. Le service aux particuliers et aux entreprises arrive en tête avec des excédents nets de 211 millions, mais le secteur de la gestion de patrimoine et de l’assurance de personnes a particulièrement tiré son épingle jeu en générant des excédents nets de 134 millions, en hausse de 45,7 % par rapport à la période correspondante de l’an dernier.

 

« Ces résultats, les meilleurs de notre histoire, démontrent la pertinence de nos stratégies d’affaires et de notre offre de services, qui est bien adaptée aux besoins de nos membres et clients », se réjouit la présidente et chef de la direction de Desjardins, Monique Leroux.

 

Revenus en hausse

 

Les revenus d’exploitation de Desjardins ont bondi de 7,4 % par rapport au deuxième trimestre de 2013, pour s’établir à 3,16 milliards. Les revenus nets d’intérêts se sont quant à eux chiffrés à 981 millions, une augmentation de 2,4 %. « Cependant, la forte concurrence dans le marché qui crée une compression des marges et le contexte des faibles taux d’intérêt ont limité la hausse de ce revenu », affirme l’institution financière par voie de communiqué. Les frais engagés par Desjardins, mis à part les intérêts, sont également en hausse. Ils se sont élevés à 1,62 milliard, soit 5,6 % de plus que lors du deuxième trimestre de 2013.

 

Au total, l’actif de Desjardins s’établit aujourd’hui à 221,5 milliards, contre 212 milliards au 31 décembre 2013.

 

La coopérative estime qu’elle présente toujours un portefeuille de prêts d’« excellente qualité ». Le ratio de prêts douteux bruts pour l’ensemble du portefeuille de prêts est demeuré stable par rapport au même trimestre l’an dernier, à 0,33 %.

 

L’ensemble de ces chiffres trimestriels sont conformes ou légèrement supérieurs aux objectifs de Desjardins, note M. Chapleau.

 

Depuis la fin de l’année 2013, le nombre de caisses Desjardins au Québec est passé de 376 à 360, mais le porte-parole de la coopérative assure que cette réduction ne représente pas des économies substantielles. « Il y a des efforts de réduction de coûts de manière générale, mais ce n’est pas nécessairement associé à la rationalisation ou au réaménagement de notre réseau », explique-t-il, tout en précisant que le regroupement de plusieurs caisses peut être à l’origine de la diminution observée.

 

Au cours des prochains mois, Desjardins entend essentiellement consacrer ses énergies à l’intégration des activités canadiennes de State Farm, la plus importante mutuelle d’assurance de dommages des États-Unis, dont elle a annoncé l’acquisition en janvier dernier. La transaction devrait être officialisée au début de 2015. « On est toujours à l’affût d’acquisitions, de projets ou de partenariats », glisse au passage M. Chapleau au sujet des ambitions de l’institution financière.

 

Le Mouvement Desjardins arrive au deuxième rang des banques les plus « solides » au monde, selon le plus récent classement de l’agence d’information financière Bloomberg.

9 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 13 août 2014 06 h 53

    Banque?

    Ce serait la deuxième banque la plus solide au monde. Pour mieux comprendre il faudrait savoir qu'elle est la première. Encore qu'il faut peut-être se méfier des palmarès. Leur valeur est intimement liée à ceux qui les dressent.

    Que restera-t-il chez Desjardins d'une Coopérative d'épargne et de crédit dans quelques années?

    Réponse à venir tant que les dirigeants n'auront pas trouvé la façon de changer les stTuts de l'entreprise qui dans les faits est de moins en moins une coopérative et de plus en plus une banque.

    • Pierre Samuel - Inscrit 13 août 2014 09 h 20

      @ M. Gilles Théberge:

      Il y a des lustres, cher monsieur, que Desjardins n'a plus rien à cirer des principes d'une coopérative.

    • Martin Bilodeau - Abonné 13 août 2014 14 h 23

      @ M. Théberge

      Sans condescendance, un court exercice dans un moteur de recherche vous aurait permis de trouver la première (Hang Seng Bank : Hong Kong) à occuper le palmarès de Bloomberg, et ce, en dépit du fait que l’article, oui, aurait pu le mentionner. Oui, il faut en prendre et en laisser avec les palmarès, mais ce n’est pas demain qu’ils disparaîtront, et ces classements permettent de dresser ici un bon portrait d’une situation donnée. Néanmoins et dans les faits, Desjardins demeure solide financièrement parlant avec un fonds de capitalisation (d’où son rang) qui lui ont permis de parfaitement bien tirer son épingle dans ce milieu hyper-concurrentiel. L’institution n’est pas imperfectible… elle demeure par contre la plus présente au Qc, même dans les plus petits villages, là même où les services diminuent!

      @ M. Samuel

      Veuillez définir « coopérative » pour affirmer qu’elle n’en a plus rien à cirer?

    • Pierre Samuel - Inscrit 13 août 2014 17 h 59

      @ M. Bilodeau:

      Une coopérative, cher monsieur, a pour objectif d'offrir les meilleurs services pour ses membres dans un esprit d'association mutuelle sur une base d'égalité des droits, des obligations et de la participation aux profits.

      Que Desjardins, au cours des ans, ait accédé aux plus hauts sommets du "capitalisme sauvage" : soit ! Cependant les ristournes accordées aux membres n'ont aucune commune mesure eu égard à leurs profits faramineux.

      < Les coopératives sont une solution à la croissance des inégalités et aux ratés du capitalisme > affirmait leur ex-président émérite M. Claude Béland lors d'un entretien avec l'Actualité (15.10.12). Allez-y voir !

      Dans un autre article paru (La Presse, 26.09.73), il constatait également que < la démocratie n'est pas en bonne santé dans le réseau des caisses: assemblées générales désertes, les membres ayant tout compte fait très peu de pouvoirs. La caisse n'est plus "leur" caisse... (Elle) apparaît alors comme étant une institution financière comme les autres. Ce qui, pour les membres, se confirme lorsque les représentants de la Fédération justifient la politique de rémunération de la haute direction en se comparant ...aux banques... On ne peut dire que tout va bien dans une coopérative en cherchant à copier sur ce qui se fait dans les entreprises dont les valeurs et règles de gouvernance sont fondamentalement différentes. >

      En 2013, la rémunération de l'actuelle présidente, Monique Leroux, se chiffrait à 3,3 millions$, en hausse de 14% depuis 2010. Toute proportion gardée, les "membres coopératifs" peuvent-ils en dire autant ?

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 13 août 2014 21 h 47

      @ Gilles : Dans le reste du monde, une coopérative de crédit est une banque coopérative, ce qui est une banque et une coopérative en même temps. Le Canada est une exception parce que le terme «banque» y est réservé aux institutions à charte fédérale. Le mouvement Desjardins, quant à lui, a une charte provinciale de « Caisse d’épargne et de crédit », un type de compagnie créée exprès pour lui, selon une loi du gouvernement Gouin (PLQ) en 1906 (récrite depuis sous d'autres noms).

      Alors cette opposition de mots entre les gentilles coops et les méchantes banques, ce n'est qu'un effet secondaire de nos lois... partout ailleurs, on déclarerait fièrement que Desjardins est une « banque coopérative ».

  • Jacques-André Lambert - Abonné 13 août 2014 10 h 04

    VALEURS SOLIDAIRES

    Rien qu'à Drummondville cette année, les Caisses Desjardins ont fermé trois succursales dans les quartiers ouvriers: les moins fortunés et avec une population vieillissante. Pas assez rentables!

    Mais elles ont investi 4 millions et demi $ à proximité des centres d'achats et du parc industriel aux abords de l'autoroute 20. À la sortie de la ville.

    Pourtant, ce sont les quartiers ouvriers qui ont développé ces caisses, la première ayant été fondée en 1936 dans le quartier le plus défavorisé du territoire.

    J'ai honte à "nos" caisses populaires...

  • Micheline Harvey - Abonnée 13 août 2014 10 h 55

    Mentir sans être réprimandé.

    ""le nombre de caisses Desjardins au Québec est passé de 376 à 360, mais le porte-parole de la coopérative assure que cette réduction ne représente pas des économies substantielles.""

    Fermer 16 caisses ayant pour impact des pertes d'emplois, des pertes de services adéquats aux petites régions obligeant par le faits même des déplacements pour de nombreuses personnes, fait à l'origine pour sauver des fortunes, mais une fois les fermetures faites, on raconte alors ""que cette réduction ne représente pas des économies substantielles.""

    Plus fourbe que ça tu meurs....et dire qu'il y a encore plein de monde qui croit les capitaliste à outrance..l'humain est vraiment bête et désolant.

    Ghislain Marcil

  • Robert Laroche - Abonné 13 août 2014 12 h 37

    À la fois fier et interrogatif !

    Il y a raison d’être fier que «Desjadins» une institution bien de chez nous performe selon les critères de l’économie dominante.

    Ces critères de l’économie dominante sont-ils compatibles et favorables à la protection et au développement des classes laborieuses comme le souhaitaient Alphonse et Dorimène Desjardins ou sont-elles favorable aux prédateurs de ces mêmes populations?

    Le long cheminement de la législation coopérative des Caisses Populaires est-il après échappé à l’intention première d’encadre au Québec l’entraide et la synergie entre l’épargne et le crédit des sociétaire et par enchainement le développement économique des plus pauvres, des familles, des communautés et de la société québécoise dans son ensemble?

  • Pierre Blouin - Inscrit 13 août 2014 17 h 02

    Association et/ou entreprise?

    DESJARDINS : Une association coopérative d'entraide mutuelle à l’origine qui développe une dynamique participative et de prise en charge avec une éducation à la coopération devenue minimaliste chez ses leaders volontaires et de sa relève.
    Malheureusement le pouvoir envahissant s’imposant d’en haut domina de plus en plus avec sa mentalité d’entreprise capitaliste centrée sur l’avoir centralisé. Toutefois une légère teinte communautaire entretenue dans ses relations publiques assure une bonne image dans la communauté.
    Une institution devenue un milieu où la cooptation dans certains lieux de décision est trop vivante faute d’un développement suffisant de son principe d’éducation favorisant des leaders avertis en administration coopérative. Voilà!