Heurtel ignore toujours la quantité de GES qu’émettra Ciment McInnis en Gaspésie

David Heurtel
Photo: Archives Le Devoir David Heurtel

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, s’en est remis aux évaluations qui circulent dans les médias, mercredi, relativement aux émissions de gaz à effet de serre d’un projet de cimenterie en Gaspésie.

 

M. Heurtel a déclaré qu’il ne dispose d’aucune étude environnementale permettant d’estimer la quantité de GES qui pourrait découler de l’entrée en service de l’installation de Ciment McInnis.

 

Au cours des dernières semaines, M. Heurtel a été confronté aux estimations qui lui ont été soumises par des écologistes ainsi que l’opposition à l’Assemblée nationale, sans pouvoir répondre précisément. Greenpeace estime que le projet, dont la production est estimée à 2,2 millions de tonnes de ciment par année, ferait augmenter de plus de deux millions de tonnes par année les émissions de GES.

 

Avant son entrée au Conseil des ministres, M. Heurtel a affirmé que la seule estimation des GES dont il dispose est celle qui circule dans les médias, soit une quantité de 1,5 million à 2,2 millions de tonnes. « Au niveau des émissions de gaz à effet de serre, on revient encore à ce qu’on a dit, a-t-il dit. On n’a pas de chiffres précis encore parce que premièrement la cimenterie n’existe pas. Il n’y a que des prévisions, et j’ai les mêmes chiffres que vous, c’est des estimations. »

 

Selon M. Heurtel, rien dans les études dont le ministère dispose n’indique de prévisions de GES. « Dans les études je n’ai pas vu ça, a-t-il dit. […] Tout ce que j’ai à ce stade-ci, je n’ai pas plus d’informations que la semaine dernière. »

 

La semaine dernière, M. Heurtel a déclaré qu’il n’a pas le pouvoir de soumettre le projet à une évaluation du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), en raison d’un droit acquis. Il a affirmé qu’il est lié par une décision du précédent gouvernement péquiste qui a jugé recevables les études effectuées jusqu’ici par Ciment McInnis, dont le projet à Port-Daniel-Gascons a été amorcé avant des changements à la Loi sur la qualité de l’environnement en juin 1995.

 

« Ce n’est pas une décision politique, a-t-il dit.[…] Non, [je n’ai pas le pouvoir], pas de ma compréhension, pas avec les décisions gouvernementales qui ont déjà été prises. Au niveau environnemental, il y a déjà eu une décision qui a été prise en 2013, que les études environnementales étaient recevables. Une fois que ça, c’est fait, la question c’est : le projet est recevable environnementalement. Alors, il va de l’avant. »

 

Ciment McInnis a déposé son projet en mai 1995, soit un mois avant l’entrée en vigueur de la loi qui l’aurait soumis à l’examen du BAPE. L’annonce d’un appui financier du Parti québécois, en janvier dernier, a actualisé le projet.

2 commentaires
  • René Pigeon - Abonné 10 juillet 2014 10 h 34

    Bilan carbone des cimenteries de Joliette vs Lafarge et prix du carbone ?

    Je me demande si le bilan carbone des usines a été pris en compte complètement par Holcim-Lafarge avant de décider que celle d’Holcim à Joliette fermera et que Lafarge poursuivra ses opérations et quels prix du carbone ont été prévus. Si ma mémoire me sert bien, la cimenterie de Joliette est alimentée à environ 23 % par des déchets variés (via sa filiale voisine : Charrette) alors que Lafarge (à St-Constant ?) a été équipée pour utiliser du charbon il y a quelques années à peine. Certains déchets alimentant Joliette sont des matières d’origine fossile dont la combustion cause un effet climatique semblable à celui du charbon alors que d’autres d’origine biologique réduisent l’effet climatique de la production de la cimenterie. À Port-Daniel, l’installation de la meilleure technologie pourra améliorer le bilan carbone alors que l’emploi éventuel de matières d’origine biologique réduirait le bilan. Rene.Pigeon@RNCan-NRCan.gc.ca abonné

  • Leclerc Éric - Inscrit 10 juillet 2014 13 h 43

    Que fait-il au ministère de l'environnement?

    S'il ignore la quantité de GES que la cimenterie émettra dans l'atmosphère (même si la création d'emplois dans cette région est prioritaire), pourquoi a-t-il été nommé ministre de l'Environnement?

    Et avant de s'interroger sur la quantité de polluants potentiels dans ce dossier, il devrait peut-être se concentrer sur l'essentiel : il y a tellement de terrains contaminés au Québec qui bloquent des projets de développement économique, ça c'est un élément sur lequel il devrait se pencher!