Stornoway peut aller de l’avant

Patrick Godin, vice-président et chef des opérations, et Matt Manson, président et chef de la direction de la société minière Stornoway
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Patrick Godin, vice-président et chef des opérations, et Matt Manson, président et chef de la direction de la société minière Stornoway

Le montage financier de près d’un milliard pour la mine de diamant dans le nord du Québec est maintenant final et signé, a annoncé hier la société Stornoway en signalant que la construction commence cette semaine et va s’étendre sur deux ans et demi.

 

Stornoway, dans laquelle Québec détient une participation importante, a réussi à peaufiner un financement de 946 millions, provenant entre autres de l’investisseur new-yorkais Orion Mine Finance, d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt et placement.

 

Une première pelletée de terre est d’ailleurs prévue demain et réunira notamment le premier ministre Philippe Couillard, le président de l’entreprise, Matt Manson, le patron d’Investissement Québec, Jacques Daoust, et le chef de la nation crie de Mistissini, Richard Shecapio.

 

Le contexte minier déprimé qui a marqué l’année 2013 a légèrement compliqué l’opération de financement, mais Stornoway estime avoir conclu « le plus important montage financier de l’histoire pour une société diamantifère négociée en Bourse ».

 

Selon une porte-parole d’Investissement Québec, Marie-Ève Savard, l’État détient maintenant entre 29 et 30 % de Stornoway. Un autre gros actionnaire, le producteur d’or Agnico-Eagle, détient 9,6 %.

 

Lorsque Stornoway a révélé la nature du montage envisagé, en avril 2014, il était prévu que la participation d’Investissement Québec dans le financement de la construction atteigne 220 millions. Ce sera, au final, 240 millions. Ce montant est composé d’un achat d’actions de 100 millions, d’un prêt garanti de 120 millions à 4,75 % remboursable dans 10 ans et d’une possibilité de crédit supplémentaire de 20 millions en cas de dépassement de coûts.

 

De son côté, la Caisse de dépôt comptait acquérir 22 millions en actions et offrir un prêt de 28 millions. Elle s’engageait aussi à acheter pour 50 millions $US de diamants.

 

Le fonds new-yorkais Orion devait pour sa part miser 110 millions $US en actions, acheter des diamants pour 200 millions $US et accorder un prêt convertible de 50 millions $US à taux d’intérêt de 6,25 % remboursable dans sept ans.

 

La compagnie minière, qui procédera à l’extraction de diamants à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, devait aussi signer une entente financière de 35 millions $US avec Caterpillar Financial et émettre des actions dans le grand public pour une valeur d’environ 184 millions.

 

Dans un premier temps, a dit Stornoway hier, une enveloppe de 464 millions sera mise à la disposition de la compagnie « afin de permettre le début immédiat de la construction du projet ».

 

Durée de vie de 11 ans

 

Selon une étude de faisabilité publiée l’an dernier, Stornoway estimait que la mine aurait une durée de vie de 11 ans et que les revenus en découlant se chiffreraient à 4 milliards.

 

Il a été impossible hier de joindre la direction de Stornoway pour obtenir davantage de précisions, notamment au sujet de la possibilité d’une transformation locale des diamants, un sujet soulevé par le Parti québécois lorsqu’il était au pouvoir.

 

Le gisement étant situé près des monts Otish, il a fallu prolonger la route 167 sur 240 kilomètres afin de permettre que les camions s’y rendent pour construire la mine. Cette étape a bénéficié de l’appui financier du gouvernement du Québec. La route est devenue praticable à l’automne 2013.

 

L’action de l’entreprise évolue en dents de scie depuis des années. Hier, à la Bourse de Toronto, elle a terminé la séance à 67 ¢, en baisse de 2 ¢.

 

Pour procéder à son financement, Stornoway a retenu les services de la Banque Scotia, de Marchés financiers Dundee et du cabinet d’avocats Norton Rose Fulbright.

1 commentaire
  • Jacques Gagnon - Abonné 9 juillet 2014 14 h 16

    Récapitulons

    Un financement de 946 millions, des revenus de 4 milliards sur 11 ans, des revenus non nets si je comprends bien. Ajoutons à cela 300 millions pour la route, on arrive à 1,3 milliards de coûts. Personne ne parle des coûts pour remettre le milieu en état après «l'exploitation».

    Les coûts de financement seront élevés. Le plan Nord, c'est ça ? Des projets à court terme avec des coûts environnementaux non évalués, des projets qui jamais ne verraient le jour sans que l'état ne prenne une bonne part des risques. Ce n'est pas comme ça que l'on va se développer. Souhaitons que les diamants soient utiles au moins.