Le Québec se classe parmi les premiers

L’entrée d’Ubisoft à Montréal. La métropole québécoise arrive au premier rang des grandes villes dans le secteur de l’industrie numérique.
Photo: graham hughes la presse canadienne L’entrée d’Ubisoft à Montréal. La métropole québécoise arrive au premier rang des grandes villes dans le secteur de l’industrie numérique.

Le Québec fait bonne figure en matière de compétitivité fiscale auprès des entreprises, rapporte KPMG. Montréal arrivait même au premier rang d’un classement de grandes villes internationales dans les secteurs de l’industrie numérique et de la recherche et développement avant que ne s’y applique la récente réduction des programmes de crédits d’impôt.

 

Montréal présente le troisième fardeau fiscal global le plus faible pour les entreprises dans le classement général que la firme de consultants KPMG dresse à partir de 51 grandes villes d’au moins deux millions d’habitants dans une dizaine de pays. Avec un impôt sur les bénéfices, des taxes et autres charges sociales dont le total équivaut à seulement 55,6 % de la moyenne américaine, la métropole québécoise ne cède le pas qu’à Toronto (51,6 %) et Vancouver (54,5 %), damant entre autres le pion à Manchester (44e avec 58,1 %), en Angleterre, à Boston (22e avec 90 %), aux États-Unis, à Melbourne (41e avec 111 %), en Australie, et à Paris (dernière avec 166,9 %), en France.

 

Montréal fait encore mieux dans le secteur des services numériques, notamment dans le développement de logiciels et les jeux vidéo, s’y classant au premier rang (16,9 %), coiffant au poteau Toronto (17,1 %) et suivie de plus loin par Vancouver (44,4 %). Montréal est aussi première dans le secteur de la recherche et développement (21,8 %), cette fois devant Vancouver (36,1 %) et Toronto (39,3 %).

 

Le principal avantage des villes canadiennes dans le secteur numérique, note KPMG, tient aux « encouragements provinciaux importants qui sont offerts en vue de fournir un soutien financier pour les concepteurs de jeux vidéo et pour d’autres sociétés de médias électroniques ». La firme de consultants constate la même chose en recherche et développement, citant les généreux programmes de crédits d’impôt des gouvernements fédéral et provinciaux.

  

Avant et après le budget Leitao

 

Établi en fonction de la situation au 1er janvier, ce tableau n’est déjà plus tout à fait exact en ce qui concerne le Québec, où les programmes d’aide fiscale aux entreprises ont fait l’objet, il y a deux semaines, de compressions dans le premier budget du gouvernement Couillard. La réduction de 20 % d’une trentaine de crédits d’impôt aux entreprises touchera, entre autres, justement les programmes destinés à la recherche et développement, à la production multimédia et au développement des affaires électroniques. « Il faudrait refaire tous nos calculs pour évaluer l’importance exacte de cet impact. Mais il y en aura un, c’est clair »,a déclaré au Devoir Denis Lacroix, associé, fiscalité internationale, chez KPMG.

 

La nouvelle a été mal reçue par les principaux intéressés, qui font valoir l’importance déterminante de ces programmes dans l’attractivité du Québec auprès des investisseurs et qui s’expliquent mal qu’on n’ait pas au moins attendu les conclusions de la Commission d’examen sur la fiscalité qui vient d’être formée. « On est en contact avec des entreprises qui se questionnent sérieusement [et qui] se demandent si Montréal est toujours le bon choix pour leurs investissements actuels et à venir », avait déclaré au Devoir l’économiste en chef de Montréal international, Christian Bernard, au lendemain du budget. « C’est inquiétant pour la croissance future de l’industrie », a martelé lundi le patron du studio Warner Brothers Montréal et ancien d’Ubisoft, Martin Carrier.

  

Petit facteur qui peut devenir grand

 

Souvent présentés comme un facteur décisif, les impôts et autres charges et avantages fiscaux ne compteraient que pour 6 % à 14 % du total des coûts des entreprises manufacturières et 2 % à 10 % de celles du secteur des services, notait cet hiver KPMG dans un autre classement où le Québec et le Canada étaient encore une fois arrivés en tête et où l’on faisait état, cette fois, de l’ensemble des coûts d’exploitation des entreprises. « Cela peut apparaître faible, par rapport à d’autres coûts, comme ceux de la main-d’oeuvre, mais parfois c’est l’un des seuls facteurs où une ville peut se démarquer d’une autre », a fait valoir Denis Lacroix.

À voir en vidéo