L’Alberta s’enrichit au prix d’un appauvrissement du Québec

L’exploitation des sables bitumineux qu’encourage le gouvernement Harper coûte cher aux Québécois.
Photo: La Presse canadienne (photo) Archives L’exploitation des sables bitumineux qu’encourage le gouvernement Harper coûte cher aux Québécois.

L’impact à la hausse sur le dollar canadien de l’exploitation des sables bitumineux et des autres ressources naturelles a causé la perte de près de 32 000 emplois dans le secteur manufacturier québécois entre 2002 et 2008, estime un expert de l’Université d’Ottawa.

 

Le Québec a perdu un total de 103 000 emplois manufacturiers durant les six années qui ont précédé le début de la Grande Récession. De ce nombre, un peu moins du tiers (31 % ou 31 900) ont été les victimes de ce que les économistes appellent le « mal hollandais », c’est-à-dire une appréciation de la devise (et donc des prix à l’exportation) attribuable à l’exploitation et à la vente à l’étranger des ressources naturelles, conclut le professeur de science économique Serge Coulombe, dans un chapitre du cinquième volume de l’ouvrage Le Québec économique, dirigé par Luc Godbout et Marcelin Joanis, et à paraître aux Presses de l’Université Laval.

 

La majorité des emplois perdus (55 % ou 56 600) l’ont été à cause d’un autre aspect de l’augmentation de la valeur relative du dollar canadien, dit l’expert, c’est-à-dire celui attribuable à la dépréciation de la devise de notre principal client étranger, les États-Unis, dont l’économie et le billet vert ont accusé notamment le coup, durant cette période, de l’éclatement de la bulle technologique. Seulement 14 % des emplois manufacturiers perdus au Québec de 2002 à 2008 (ou 14 400 emplois) l’ont été en raison de facteurs structurels à plus long terme et présents au moins à la grandeur de l’Amérique du Nord, tels que la montée de la concurrence chinoise.

 

Ces estimations pour le Québec viennent s’ajouter à une première série de travaux sur le mal hollandais au Canada que Serge Coulombe a déjà réalisés avec deux autres collègues, Michel Beine et Charles Bros, et qui a contribué à un important débat sur ce sujet au pays depuis quelques années. Le débat d’experts a rapidement pris une tournure partisane opposant l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve au reste du pays, et le secteur des ressources naturelles de l’Ouest contre le secteur manufacturier ontarien et québécois.

 

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, admettait, le mois dernier, que la hausse des prix du pétrole et de sa production au Canada avait infligé un « choc » et des « ajustements pénibles » à certains exportateurs. Reprenant un discours souvent entendu, le banquier central avait cependant tout de suite ajouté que les revenus tirés de l’exploitation de ces ressources énergétiques finissaient par profiter un peu à tout le monde au pays.

 

Le partage de la manne pétrolière

 

Comme le Canada « est la seule fédération au monde où l’ensemble des revenus des ressources naturelles vont aux provinces », le principal mécanisme de repartage de cette richesse passe par les politiques budgétaires et fiscales fédérales, a observé mardi en entretien téléphonique au Devoir Serge Coulombe. Il cite l’exemple de la baisse de la TPS qui a profité à tout le monde et « qui n’aurait pas été possible sans le boom des ressources naturelles ». Mais il s’agit surtout, dit-il, du programme de péréquation et des autres transferts fédéraux. Il estime ainsi que le boom des ressources naturelles au Canada s’est traduit, en 2008, par un transfert net de 11,7 milliards d’Ottawa vers le Québec.

 

« Il n’y a pas de gêne à recevoir de la péréquation, précise l’économiste. On entend dire que, si le Québec en reçoit, c’est parce qu’il n’est pas bon, mais ce n’est pas vrai. Il en reçoit parce que, contrairement à l’Alberta ou Terre-Neuve, il n’a pas de pétrole. »

 

Le problème, observe le professeur de l’Université d’Ottawa, est que les derniers changements apportés par le gouvernement fédéral au système de péréquation sont venus limiter son pouvoir redistributif. En 2001, il diminuait de 40 % les différences entre la capacité fiscale des provinces. Cette proportion était tombée à 30 % en 2012.

 

Message aux souverainistes et au gouvernement du Québec

 

Serge Coulombe en tire deux conclusions, l’une pour le mouvement souverainiste et l’autre pour le gouvernement du Québec.

 

Aux souverainistes, il conseille de réexaminer sérieusement cette idée, encore répétée durant les dernières élections générales, qu’un éventuel Québec indépendant garderait le dollar canadien pour devise. Qui voudrait, demande-t-il, d’une monnaie qui fluctue en fonction du prix des ressources naturelles d’un autre pays, surtout si l’on n’a plus droit aux mécanismes de repartage de la richesse canadiens ? Le Québec serait mieux, dans ce cas, d’adopter le dollar américain, qui n’a pas le désavantage, au moins, d’être une pétro-monnaie. Le drame vécu par la Grèce, le Portugal et d’autres pays de la zone euro pourrait aussi le convaincre de se doter de sa propre monnaie.

 

Au gouvernement du Québec, l’économiste conseille de profiter de la position de force que lui confèrent les projets d’oléoducs visant à sortir le pétrole albertain de son isolement géographique pour réclamer une bonification du système de péréquation. « La position québécoise devrait être : pipeline contre péréquation. »

 

 

34 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 21 mai 2014 04 h 59

    Bon message.

    Bon message aux souverainistes. J'espère aussi que ceux qui ont peur d'être indépendants vont se ressaisir.

    • Luc Lavoie - Inscrit 21 mai 2014 19 h 01

      Et voilà. Qu'ils se resaisissent, l'avenir est arrivé.


      "L'avenir : cette excuse du temps de nous faire peur ; projet trop vaste, morceau trop grand pour la bouche du cœur. Qui t'aura jamais attendu, avenir ? Tout le monde s'en va. Il te suffit d'approfondir L'absence que l'on a.

      L'Avenir [ Rainer Maria Rilke ]

  • Catherine Paquet - Abonnée 21 mai 2014 06 h 08

    Le drame de la Grèce...

    ...n'a pas son origine dans une question monétaire, mais bien plutôt dans un problème généralisé de laxisme administratif et de mauvaise gestion des fonds publics de la part des leaders politiques encouragés souvent par les leaders syndicaux. Quand, par exemple, sans en avoir les moyens financiers, vous entretenez une situation où les travailleurs, peuvent prendre une pleine retraite à 60 ans et mois, où ils sont généralement payés pour 14 mois et qu'ils n'en travillent que 10, vous vous créez énivitablement votre propre drame... Pendant ce temps, l'Allemagne, où l'àge de la retraite se situe vers les 67 ans, a prèté des milliards d'euro à la Grèce, sa voisine, sachant fort bien qu'elle n'en reverra peut-être pas la couleur avant longtemps.
    La question d'un éventuel dollar québécois est revenue occasionellement dans l'actualité, depuis qu'elle ait été évoquée brièvement par René Lévesque en 1976, mais l'idée n'est généralement soutenue que pendant quelques jours ou quelques heures pour ensuite être rejetée catégoriquement par tous les analystes sérieux. Il est périlleux, sinon impossible, de prédire la valeur éventuelle de cette monnaie.

    • Richard Laroche - Inscrit 21 mai 2014 12 h 00

      La situation du Québec n'est pas comparable à celle de la Grèce puisque même si nous ramenions le salaire de tous ces fonctionnaires que vous détestez au salaire minimum, l'impact économique de la stratégie d'avantage comparatif de l'Ouest canadien demeure quand même le poids le plus important sur l'économie du Québec.

      La question d'un éventuel dollar québécois est revenue systématiquement dans l'actualité, depuis qu'elle ait été évoquée brièvement par René Lévesque en 1976, car en effet l'idée n'est généralement rejetée que pendant quelques jours ou quelques heures pour ensuite revenir comme une option catégoriquement envisageable par tous les analystes sérieux. Il est périlleux, sinon impossible, de prédire la valeur éventuelle de toute monnaie fiduciaire, y compris celle du dollar Canadien.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 21 mai 2014 12 h 40

      Le drame de la Grèce n'est qu'une question financière (et spéculative, en plus de ça). Un prêt (que ce soit à un particulier ou à un individu) est un acte financier et non pas administratif ni politique. Le but de ce prêt est d'en recevoir les intérêts et les garanties (avantages politiques, par exemple), mais à la base, c'est un acte purement financier.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 21 mai 2014 14 h 46

      Votre analyse est fautive car elle ne cible que les explications ayant mené à la crise et elle exclut les explications expliquant pourquoi la crise en Grèce en est venue une crise européenne. L'explication courte et simple s'appelle l'Euro.

      En ayant la même monnaie, la Grèce est donc forcée de compétitionner sur le terrain de l'Allemagne pour ses exportations et les industries allemandes sont, semblerait-il, plus efficaces que les industries grecques. Incapable de prendre des décisions car elles reviennent à la Banque Centrale Européenne (BCE), la Banque de Grèce ne peut donc baisser le taux d'intérêt et "dévaluer" la drachme pour aider l’économie grecque.

      La BCE préféra donc maintenir une politique monétaire stable meilleure pour l'Allemagne et la France plutôt que de faire comme les banques centrales canadienne, américaine, japonaise, britannique et etc. firent pour aider leur économie en assouplissant leur politique monétaire respective. Certains pays européens furent donc « sacrifier » (Espagne, Italie, Ireland, Grèce) pour sauver le centre de l'Europe, France et Allemagne.

      Nicolas B.

  • François Dugal - Inscrit 21 mai 2014 07 h 36

    Le Canada

    Le Canada est le "plusse meilleur" pays du monde. Tous les canadiens et toutes les canadiennes sont d'accord sur cette prémice.
    Mais qui donc a organisé cette campagne de "bitchage"?

  • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 mai 2014 08 h 03

    Un titre biaisé...

    On pourrait aussi avoir un titre différent: Sans les surplus albertains, Alberta ne pourrait pas contribuer à la Peréquation au niveau actuel de contribution...Donc, la conclusion pourrait être différente: les québécois, grands bénéficiaires des sables bitumineux..

    C'est encore une manoeuvre pour trouver un bouc émissaire aux problèmes économiques du QC..

    • André Michaud - Inscrit 21 mai 2014 10 h 00

      En effet, moins de prospérité du Canada signifierait des milliards de moins en péréquation pour le Québec...

      Le secteur manufacturier n'est plus compétitif mondialement, même si notre dollar vaudrait 75 sous..

    • André Nadon - Abonné 21 mai 2014 10 h 16

      Certaines personnes ont tendances à voir des manoeuvres chaque fois qu'on essaie d'analyser les conséquences des politiques fédérales sur l'économie du QC. Quoi penser de la ligne Borden proclamée par le fédéral en 1960 qui fut à l'origine du déclin de Montréal comme principal centre de raffinage canadien pour aider l'Alberta à développer son industrie pétrolière. Cette loi empêchait la vente de produits raffinés au delà de la rivière Outawais. Aujourd'hui, le principal centre pétro-chimique est à Sarnia,Ont. Que penser de la voie maritime qui a permit au sud de l'Ontario de se développer au dépens de l'industrie ferroviaire de Montréal, sans aucune compensation du fédéral autre que le fameux pont Champlain, le plus achalandé du Canada, considéré comme un pont provincial. Où est la manoeuvre?

    • Réjean Guay - Inscrit 21 mai 2014 11 h 03

      @ Sol : votre défense du fédéralisme canadien me tire les larmes . Vous me semblez ignorer certaines notions économiques , comme les problèmes économiques structurels qui découlent de choix historiques faits par les dirigeants à Ottawa dans la première moitié du XXè siècle ?
      A force de discourir sur tout et rien , on finit par manquer de rigueur et à être affliger de cécité idéologique .

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 21 mai 2014 11 h 34

      Je crois que votre lecture l'est tout autant. Si on parle de pertes d'emplois, on parle aussi de pertes d'entreprises, de revenus gouvernementaux, de désiquilibre économique, qui auraient alors dûent être chiffrés dans l'article avant d'aller vers des conclusions telles que les vôtres.

      Pourquoi parlez-vous d'un bouc émissaire? La situation est ce qu'elle est. Il n'y a aucun, mais aucun avantage à gagner en péréquation contre ces pertes. Nous serions bien mieux sans ce phénomène de mal Hollandais.

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 mai 2014 12 h 16

      Je vous invite de nouveau à lire Un gouvernement de trop. C'est le Québec qui subventionne le reste du Canada, même en incluant la péréquation et l'assurance-emploi.

    • LAURENT PRADIES - Inscrit 21 mai 2014 12 h 40

      De toute manière, avec cette DEstruction, tout le monde est perdant ...

    • Benoît Gagnon - Inscrit 21 mai 2014 12 h 44

      La péréquation est au mieux une mauvaise propagande fédéraliste. Les "surplus" qu'ils nous "versent", nous les payons autres parts (dans des services qui nous sont inutiles, par exemple, ou encore dans des publicités vantant les mérites des sables bitumineux). De plus, le coût environnemental (qui se traduit inévitablement en coût économique) exorbitant de l'Alberta ne fait que grandir, de jour en jour.

      La province du Québec (tout comme l'Ontario et les provinces de l'Est), dans cette fausse-fédération, est grandement désavantagée.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 21 mai 2014 12 h 57

      On voit bien ici le nouveau modus operandi des fédéralistes ou plutôt, des anti-souverainistes.

      Dès qu'ils ont lu le mot "souverainiste" dans le texte, ils se sont écriés que c'était faux et ils ont lancé quelconque argument fallacieux pour tenter, sans succès, de répudier les conclusions de cette recherche.

      Ce n'est pas l'option souverainiste qui est en danger de mort, c'est le fédéralisme qui est déjà mort. Lorsque viendra le jour où le fédéralisme sera obligé de se renouveler (mot important obligé), le mémoire de maîtrise de Jean-Marc Fournir prendra tout son sens.

      Nicolas B.

    • Jacques Gagnon - Abonné 21 mai 2014 13 h 35

      Ce sont des choix qui ne vont pas dans notre intérêt. Malheureusement, des étrangers, le ROC, s'occupent de faire en sorte que l'on ne puisse pas facilement s'en sortir.

      Il faut être aveugle pour ne pas voir en monsieur Harper un vendeur de pétrole albertain. S'il faisait autant pour vendre ce qui nous intéresse au Québec, ça irait mieux pour nous. Nous n'avons pas les pouvoir. Ce n'est que reconnaître un état de fait. Nos intérêts ne sont pas alignés du tout avec ceux du ROC. De plus, l'Alberta ne fait que s'enfoncer dans la médiocrité avce ses «richesses» naturelles, dixit Stephen Jarilowski, qui n'est pas un vilain séparatiste en passant. Qu'ont-ils fait pour avoir du pétrole ? Rien. Que feront-ils quand il n'y en aura plu et que leur eau sera imbuvable ? Ils viendront pleurer à Ottawa pour imposer un partage au Québec, ou à Terrre-Neuve.

      Nous demandons de rapatrier chez-nous notre argent et nos pouvoirs et vous verrez ce qu'il adviendra, nous n'a avons pas peur de vos menaces de nous couper votre BS imaginaire. Quand vous ferez le compte, la prochaine fois, soyez assez honnête pour tenir compte de toute notre histoire, avant et après 1867.

      Ça n'est pas en tentant de nous faire croire que nous sommes des incapables que vous allez gagner notre sympathie.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 mai 2014 14 h 20

      Suite-3

      L'Ontario a beaucoup souffert de la dernière crise de 2008 avec fermenture de nombreuses industries (textiles, acieries, automobiles etc) avec des centaines de milliers de pertes d'emplois. L'Ontario accuse maintenant un déficit budgétaire majeur..

      Je n'ai jamais entendu que c'était la faute de la confédération ou des politiques. L'Ontario, malgré son déficit, est toujours contributrice à la peréquation...

      À M. Guaay..Les choix structurels que le QC a fait ( ou a laissé évolué) avec un secteur saisonnier hypertrophié, non rentable pour les caisses du gouvernement, n'ont été imposés par personne à l'extérieur du QC.

      "Nous serions mieux sans ce mal hollandais"

      Ce n'est pas un virus, M. ST-Pierre..Cela est lié à l'évolution cyclique de la devise canadienne..Même madame Marois, pendant les dernières élections parlait de maintenir la devise canadienne dans un état indépendant du QC..avec un siège d'observateur à la banque centrale canadienne...Deux conclusions:-1- le QC aurait aucune influence sur cette devise;-2- cette devise doit être plus avantageuse qu'un dollar québécois pour qu'on veuille la garder...

    • Benoit Moreau - Inscrit 21 mai 2014 14 h 38

      La plupart des provinces, dont l'Ontario, reçoive de la péréquation. Cela montre qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas au Canada.

      Si on regarde de près ce que le Québec reçoit, le montant net n'est que de 2 ou 3 G$ tout au plus; il ne faut pas oublier qu'Ottawa nous retourne essentiellement notre argent...

      Les Albertains ont la chance d'être assis sur plus de 200 G de barils de pétrole et on risque donc d'avoir un dollar fort pendant plusieurs décennies.

      Il n'y a pas que le secteur manufacturier qui écope. Beaucoup moins d'Américains viennent dans les Laurentides, dans Charlevoix ou Montréal même.

    • Jean-Philippe Delorme - Abonné 21 mai 2014 16 h 31

      Il n'y a pas plus sourd(e) que celui(le) qui ne veut rien entendre.

      En attendant, on en revient au dilemme de fond: votre Canada n'est pas un "vilain pays" mais ce n'est pas le nôtre.

      À moins de découvrir du pétrole, ce pays est conçu pour enrichir son coeur économique, l'Ontario.

      Il y a autant de (bonnes) raisons "objectives" d'y rester que d'en sortir. Les tenants d'une options ne sont pas davantage "de mauvaise foi" que la partie adverse.

      Nous avons déjà assez de fil à retordre avec nos propres "élites économiques" sans, en plus, devoir nous heurter à celles du Canada. Occupez vous des vôtre et nous ferons de notre mieux avec les nôtres.

  • Rudolf Bertrand - Inscrit 21 mai 2014 10 h 50

    Mauvais calcul

    L'or noir de l'Alberta et des autres povinces de Canada qui en ont, actuellement, seulement le Quebec et l'Ile de Prince Edouard en sont depourvues, fait que le dollar canadien vaut 0,90$ a 1,00$US au lieu de 0,60$US. Donc, tous les Quebecois qui ont des proprietes immobilieres ou mobilieres, fonds de pension ou economies quelconques sont 30 pour cent a 40 pour cent plus riches que s'il n'y avait pas de petrole albertain. Ce sont des centaines de milliards de plus. Cela vaut bien le manque de 32000 emplois de moins sur les millions d'emplois au Quebec (moins de 1 pourcent).
    Rudolf Bertrand, D. sc.

    • Yves Côté - Abonné 21 mai 2014 12 h 46

      Monsieur Bertrand, SVP, à quoi sert donc d'être riche lorsque les emplois des plus modestes s'envolent ? Et encore, de n'être riche que sur papier, puisque les valeurs mobilières et immobilières ne reposent que sur des conventions humaines...
      Ces 32,000 emplois qui selon vous ne représentent rien, n'étaient-ils pas des emplois qui permettaient à au moins 32,000 personnes d'avoir une existence au moins valorisée par un travail ?
      Même si celui-ci ne devait rapporter que modestement à bon nombre d'elles...
      Selon votre logique, probablement de "bon calcul ", que vous perdiez vous-mêmes votre revenu demain n'aurait sans doute aucune importance, parce qu'un seul emploi de perdu vaut encore bien moins que les 32,000 dont vous parlez (selon moi très à la légère...).
      De la valeur que vous accordez aux choses humaines, SVP Monsieur, éclairez donc ma faible lanterne !

    • Nicolas Bouchard - Abonné 21 mai 2014 13 h 01

      Je trouve votre argument intéressant même si je ne suis pas certain de le comprendre. Parlez-vous ici du pouvoir d'achat des Québécois aux États-Unis ?

      Est-ce cela que vous appelez être "30 pour cent a [sic] 40 pour cent plus riches" ?

      Nicolas B.

    • Pierre Langlois - Inscrit 21 mai 2014 13 h 26

      Êtes-vous sérieux M. Bernard? Si on suit votre raisonnement les Canadiens se sont enrichis de 60% en quelques années (de 2002 à 2009) lorsque la valeur du dollar canadien est passée de .62 à plus de 1$US...

    • Pierre Langlois - Inscrit 21 mai 2014 14 h 34

      À M. Bertrand (suite). Si l'appréciation fulgurante d'une devise est un phénomène si enviable, alors comment se fait-il que la plupart des nations qui conaissent une telle situation font des pieds et des mains pour renverser cette tendance? Même la très libérale Banque de Suisse est intervenue en 2012 pour faire reculer le franc.